‹ OEuvres complètesChapitre 144 sur 330 · COL R A NT IN · texte numérisé non relu

COL R A NT IN

lit dans (piellc classé monsieur le raisonneur se ran£:e-t~il :'

s CE m: XVI. i8r>

DAM IS

Peux-tu le deinaiicler, puisque j'ose encore parler le langage de riiunianlté.

COUR A.JVTIJN.

En sorte que moi qui ne pense pas comme monsieur, je me trouve...,

U AMIS

On devine ta place à ton costume, à ton ivresse, à ton ignorance, à tes sentiments,

COURANTIN.

*Oh bien, puisque je suis un bourreau, il faut que je te traite en victime.

( Il va pou» tirer son sabre. ) l> V MIS.

♦ Doucement, monsieur l'agent, voici de ((uoi vous

répondre,

( Il tire un pistolet.") CO UR A]\ TI JV.

Diable, il est armé, et je suis seul. C'est une plaisanterie que je faisais.... vous entendez bien.

DAMIS

()h , je vois l)ien que vous n'êtes que plaisant, ({uand vous tirez un sabre. Ce n'est pas par là que vous êtes dangereux. Je vous redouterais plus pour mon juge que pour mon adversaire, fussiez -vous un Hercule.

COURAJVTIN.

Un Hercule, c'est une sottise; je ne suis point un Hercule , >-i]iprenez cela,

uS(J LES SUSPECTS.

Non, mais vous êtes un vrai pygmée, au moral, comme au physique.

COURAWTIN.

Pygmée au physique, et je suis tout seul; ah! pourquoi suis-je un lâche?

D A MIS

Mais c'est trop perdre de temps. J'ignore quel sort le traître me réserve; n'importe, je lui ai dit au moins^ la vérité.

( Il s'éloigne. ) *

COURiNTIN.

Sans adieu, citoyen, nous nous reverrons. D A M I s.

Trop tôt pour mon malheur, je le prévois. Mais si maintenant dans nos villes , on est assailli de brigands , je ne dois pas m'étonner d'en rencontrer quelques-uns dans les bois.

COURANTIIV.

Sans rancune. J'irai vous rendre visite , si vous voulez le permettre.

Je ne vous le permets pas; mais si vous venez, pour votre intérêt, je vous conseille de ne pas venir seul. [A part.) Allons voir si ces bienheureuses nouvelles que Franval m'annonce sont enfin arrivées.

(Il son.) COURANTIN.

Sois tranquille, j'irai en bonne compagnie.

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