COL R A NT IN
lit dans (piellc classé monsieur le raisonneur se ran£:e-t~il :'
s CE m: XVI. i8r>
DAM IS
Peux-tu le deinaiicler, puisque j'ose encore parler le langage de riiunianlté.
COUR A.JVTIJN.
En sorte que moi qui ne pense pas comme monsieur, je me trouve...,
U AMIS
On devine ta place à ton costume, à ton ivresse, à ton ignorance, à tes sentiments,
COURANTIN.
*Oh bien, puisque je suis un bourreau, il faut que je te traite en victime.
( Il va pou» tirer son sabre. ) l> V MIS.
♦ Doucement, monsieur l'agent, voici de ((uoi vous
répondre,
( Il tire un pistolet.") CO UR A]\ TI JV.
Diable, il est armé, et je suis seul. C'est une plaisanterie que je faisais.... vous entendez bien.
DAMIS
()h , je vois l)ien que vous n'êtes que plaisant, ({uand vous tirez un sabre. Ce n'est pas par là que vous êtes dangereux. Je vous redouterais plus pour mon juge que pour mon adversaire, fussiez -vous un Hercule.
COURAJVTIN.
Un Hercule, c'est une sottise; je ne suis point un Hercule , >-i]iprenez cela,
uS(J LES SUSPECTS.
Non, mais vous êtes un vrai pygmée, au moral, comme au physique.
COURAWTIN.
Pygmée au physique, et je suis tout seul; ah! pourquoi suis-je un lâche?
D A MIS
Mais c'est trop perdre de temps. J'ignore quel sort le traître me réserve; n'importe, je lui ai dit au moins^ la vérité.
( Il s'éloigne. ) *
COURiNTIN.
Sans adieu, citoyen, nous nous reverrons. D A M I s.
Trop tôt pour mon malheur, je le prévois. Mais si maintenant dans nos villes , on est assailli de brigands , je ne dois pas m'étonner d'en rencontrer quelques-uns dans les bois.
COURANTIIV.
Sans rancune. J'irai vous rendre visite , si vous voulez le permettre.
Je ne vous le permets pas; mais si vous venez, pour votre intérêt, je vous conseille de ne pas venir seul. [A part.) Allons voir si ces bienheureuses nouvelles que Franval m'annonce sont enfin arrivées.
(Il son.) COURANTIN.
Sois tranquille, j'irai en bonne compagnie.