GERTRUDE, BARNABE
BARNABE
Arrive donc, ma chère enfant, je vais chez Cœlénie : toi, ne perds point de temps, fais que ton souper soit prêt pour l'heure ; un père de l'égUse l'a dit : Qu'un souper réchauffé ne valut jamais rien. GERTRUDK.
Est - ce là tout ce que vous avez retenu de votre bréviaire?
BARNABE
Friponne, je te passe les plaisanteries : ne te regarde point ici comme une servante , mais comme une douce compagne que la Providence a bien voulu me donner.
GERTRLIDE, à part.
Oh! le vieux renard.
B A. R N A B É , s'dppiochant d'elle.
Tu dois voir que je suis ton ami, ton cher ami.
G E R T R U D E , lui faisant la révérence.
Vous êtes bien bon.
Sois sage , n'écoute point les garçons , sur - tout ces garnements de Français qui courent toujours après toutes nos jeunes filles; ce sont de bien méchantes gens?
G KRTR (J l) F.
Mais, monsieui , il m'est permis ffaimer- mes corn-
ai8 LE SOUPER IMPREVU.
patriotes, et je vous avouerai même que je regrette
que ma première maîtresse m'ait fait quitter ma patrie.
BARNABE
Ta patrie! toujours ta patrie! mon enfant, ta patrie est la cuisine. ( // veut lui faire quelques caresses. ) Parlons du souper.
GERTRUDE
Nous avons d'abord la dinde.
BARNABE
Aux truffes ; la jolie petite main ! Tu nous donneras toujours quatre entrées?
GERTRUDE
Oui, monsieur.
BARNABE, lui passant la main sous le menton.
On n'a pas un minois plus fin, plus séduisant. Beaucoup de truffes, sur-tout.
GERTRUDE
Je sais que vous les aimez.
Quels yeux fripons! Fais bien attention à ton macaroni.
GERTRUDE
Il sera aussi bon que le dernier.
BARNABE
Tu devrais me donner un petit baiser.
GERTRUDE, se débarrassant de ses bras.
Ab! pour le coup, vous êtes trop friand.
B ARN ABÉ
Adi<'u, petite.... petite mécbante....