SCÈNE IX
ANTOINE KERLEBON, seul.
Quoi! mes parents sont avides, intéressés, parlent mal de moi! Quoique éloigné par les mers, je les comblai toujours de bienfaits. Je dotai mes sœurs , lorsqu'elles se marièrent à Paris; je fis enfin ce que tout bon parent doit faire pour les siens ; et cependant j'ai la réputation d'être avare, brutal.... que sais-je ? Mais ils attendent mon frère.... Eh bien! soyons ce frère. Marin comme moi, absent dès son enfance, il ne le connaissent pas plus que moi. Mon projet est délicieux! D'abord, mettons-nous bien dans la tête que je suis mort. Allons, je suis mort, c'est une affaire, finie : le reste va de suite. Je me fais un plaisir de voir après mon trépas la figure de mes héritiers. Si Jules... je trouverai bien le moyen de le prévenir. {Il regarde ht table seri^ie.) \h ! ah ! voihà un déjeuner servi. Je vois avec plaisir que les chers parents ne se laissent manquer de rien. (// se verse du vin^ et boit. Apres avoir bu.) Peste! mon vin est bon, il est vieux; ce serait en vérité dommage dé le paitager; je me sens criiumeur à conserver ma cave.