SCÈNE X
ANTOINE KERLEBON, SOPHIE, TÏENRl.
HENRI, bas à Sophie.
\je voilà.
SOPHIE , bas à Henri.
Songez que c'est votre oncle. Avouons-lui tout simplement notre amour.
ANTOINE KERLEBON, les regardant.
Ah! ail! ee sont sans cloute quelques parents...
HENRI, à Sophie.
Approchons. ( ^ Antoine Kerlebon. ) Bonjour , monsieur. •
ANTOINE KERLEBON.
Bonjour, monsieur. (^ A part.) Cette petite est trèsjolie !
HENRI
Vous ne nous avez pas man((ué de parole. Vous êtes bien arrivé le j 9..
ANTOINE KERLEBON.
Je n'ai pas pu mettre plus de diligence dans mon voyage, je vous Tassure.
HENRI
Il ne fallait pas vous gêner.
ANTOINE KERLEBON.
Je le crois bien. On n'était pas fort pressé de me voir ici, n'est-il pas vrai?
SOPHIE
A ous l'avez dit.
ANTOINE KERLEBON.
Je reconnais, à votro réponse , la vivacité d'une petite tête bretonne. {A part.) Est-ce qu'ils sanraienl (jue je suis le défunt?
SOPHIE
Coniplez-vous toujours épouser le j 5 ?
ANTOINE KERLEBON.
Epouser. i^A part^) Qu'est-ce quelle dit donc? O ne sont" peut-être pas des parents. (Haut.) Faites-moi le plaisir de me dire à qui j'ai l'honneur de parler.
SOPHIE
Vous parlez à votre neveu Henri.
ANTOINE KERLEBOJ*.
Ah! vous êtes mon neveu! ça me fait hien plaisir; embrassons-nous. . . .
HENRI
Il n'est pas nécessaire.
ANTOINE KERLEBON, à part.
Ça ne commence pas mal. Voilà une reconnaissance de parents bien attendrissante. { Haut. ) Vous dites donc, mon neveu....
HENRI
Eh bien! je dis, mon oncle, que cela ne me fait j)as de plaisir du tout, que vous veniez m'enlever ma
ANTOINE KERLEBON, A part.
Je veux que le diable m'emporte si j'entends... [IfauL) Qu'est-ce que c'est que cette Sophie-là?
SOPHIE, en colère.
Comment, cette Sophie-là! C'est moi, monsieui-.
3o4 LES HERITIERS.
ANTOINE KERLEBON.
Eh bien ! que vous ai-je fait, ma petite?
SOPHIE
Mais vous voulez m'épouser le i5.
ANTOINE KERLEBON.
Le i5! nous sommes au 12, c'est un peu prompt.
HENRI
Vous l'avez écrit.
SOPHIE
Oui , vous l'avez écrit à votre belle-sœur, à ma mère.
ANTOINE KERLEBON.
A ma belle-sœur ! Je suis donc votre oncle aussi ?
SOPHIE
Sans doute. C'est moi que vous avez demandée en mariage... qui...
Ah! oui, c'est moi qui vous ai demandée en mariage... J'y suis à présent. [A part ^) Je veux mourir si j'y comprends un mot. (Haut.^ Allons, ma nièce, vous ne serez pas si cruelle que mon neveu, vous embrasserez votre oncle.
HENRI
J'enrage , et je ne puis rien dire !
SOPHIE
Si c'est en qualité de nièce, j'y consens; mais vous ne persisterez pas à m'épouser, n'est-ce pas?
ANTOINE KERLEBON.
Pardonnez - moi ; vous êtes trop jolie [J part. ,
Mon frère Jacques voulait donc épouser sa nièce?