‹ OEuvres complètesChapitre 25 sur 330 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

Démentirait sa gloire à tes yeux entr'ouverts.

Son cœur sans préjugés abdiqua la couronne....

Crois-moi , sans nul dédain elle eût gardé le trône ,

Mais, en sacrifiant un sceptre au goût des arts.

Le monde entier sur elle attachait ses regards :

Le désir inquiet de se voir célébrée

Put, seul, la promener de contrée en contrée.

Christine est trop semblable au vTilgaire des rois.

Sans peine elle quitta le sceptre Suédois;

La louange, inconnue aux fils de la nature.

Ne souillait point encor leur bouche libre et pure :

Nos climats corrompus flattaient mieux son orgueil ,

Elle y vint : la' louange y naissait d'un coup d'œil ;

Elle oublia le rang dont elle est descendue.

Mais ce qui dans Christine aurait frappé ta vue.

Ce qui doit pour moi-même être un sujet d'effroi ,

C'est cettÊ humeur altière, inégale, sans loi.

Qui la pousse, à la fois, aux vertus comme au crime.

Et dont je puis tomber la première victime.

LAGARDIE

Eh quoi ! ne crains-tu pas que son cœur irrité Ne poursuive en tous lieux ton infidélité? D'un œil indifférent verra-t-elle ton ame Porter- à d'autres yeux une coupable flamme? Le crois-tu?

MONALDESCHI

Devant moi je verrais le trépas , Que mon cœur enflammé ne s'ébranlerait pas. Cesse donc de combattre un dessein nécessaire : Je dois l'envelopper des ombres du n)vstère.

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