ACTE I, SCÈNE IL k
Aussitôt que la nuit aura voilé les cieux,
Je prétends pour jamais abandonner ces lieux.
LAGAIIDIK.
Ainsi donc dès demain Christine infortunée . A pleurer ton départ se verra condamnée.
MOÎfALDESCHI.
Peux-tu la plaindre ? 6 ciel ! elle a fait mes malheurs-
LAGA.RDIE. »
Quand tu causes les siens, je lui dois quelques pleurs.
MONALDESCHI
Trop souvent d'un œil sec elle a vu mes alarmes.
LAGA RDIE.
Quand elle est malheureuse , elle a droit à mes larmes.
MONALDESCHI
Ah! cesse d'augmenter mon trouble et mes ennuis.
LA G ARDIE.
Ton bonheur en dépend. Sois constant.
MONALDESCHI
Je ne puis.
Le sort en est jeté , je suis las de ma chaîne.
LAGARDIE
Ainsi ton cœur glacé verrait sans nulle peine
(Si jamais elle peut renoncer à ses feux) ,
Ton cœur d'un autre amant verrait combler les vœux,
Sans que de son bonheur ta tendresse inquiète
Osât....
MONALDESCHI
Cher Lagardie, ah! que je le souhaite ! Et qu'elle épargnerait de soucis à mon cœur!
LAG A RDIE, à part.
Il le souhaite! () ciel. Quel espoir séducteur! Je pourrais!.... Ah! plutôt rejetons cette idée.
MON ALDESCHI.
De (juol trouhle, soudain, ton ame est possédée?
I, AGARDIE.
Hélas!....
• MONALDESCH.I.
N'écoute plus une indigne pitié:
Ton cœur, en ce moment, se doit à Tamitié; Viens avec ton ami chercher dans la retraite Ce honheur, qu'à la cour hien souvent on regrette. Et que l'obscurité peut seule nous offrir.
LAG A RDIE.
Ah! que demandes-tu?
^rOX ALDESCHI.
Quoi ! Je te vois pâlir !
Mon ami ne veut pas épouser ma fortune ? Mais la reine paraît. Sa présence importune Ne ferait qu'augmenter le poids de mes ennuis; Je te laisse. Tantôt, plus libre de soucis. De ïnes derniers projets j'aurai soin de l'instruire.
(Il sort.)