‹ OEuvres complètesChapitre 278 sur 330 · ACTE II, SCENE XL 4o · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE XL 4o

RICHELIEU, à qui il échappe un mouvement de colère qu'il réprime aussi-tôt, regarde Armand de côté, observe un moment le silence et dit ensuite ave^une sorte de résignation :

Qui vous dit de vous retirer?.. J'écrirai la lettre moimême... Mais, je vous le répète, vous n'êtes pas sans mérite , et cependant vous n'avancerez pas dans le monde.

ARMAND, très-modestement.

J'ai pris mon parti là-dessus.

RICHELIEU

Avant que je sorte, écoute, La Fosse... si, par hasard, je ne rentrais pas ce soir, il ne faut pas oublier d'envoyer ma voiture verte , avec deux laquais en livrée, dans la rue de Grenelle. Ils passeront la nuit à la porte de cette jolie dévote que tu connais bien... Je n'y mettrai pas les pieds... mais personne encore ne sait rien de mon intrigue avec elle , et il faut au moins mettre un peu le public dans ma confidence.

LA FOSSE, à part.

Voilà l'honneur d'une femme en bonnes mains.

RICHELIEU

Réponds aussi pour moi ^ ceux de ces billets doux qui te paraîtront en mériter la peine... dis ce que tu voudras, tout sera bon.... et dispose de moi.... seulement pour deux jours dans la semaine... Oh! je veux vivre vieux, j'ai de l'ordre. {^Armand ne 'écoute pas et range des papiers sur un bureau.^ Adieu, monsieur Armand... je ne vous en veux pas du tout, et je vous aime toujours, quoique vous me traitiez un peu rigoureusement.

(Il sort et La Fosse le suit.)

'io.V I>V JEUNESSE DE RICHELIEU.

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