‹ OEuvres complètesChapitre 43 sur 330 · ACTE lil, SCENE IL 4r · texte numérisé non relu

ACTE lil, SCENE IL 4r

0Tu connaîtrais bientôt comment Monaldeschi Sait sentir les bontés d'un généreux ami.

LAGARDIE, à part.

Voici l'instant; frappons... Dieu! tout mon corps frissonna

MONALDESCHI

Tu ne me réponds rien. La nuit qui m'environne

A porté dans mon cœur je ne sais quel effroi...

Il va bientôt cesser, si tu pars avec moi.

Hélas! mon amitié, qui doit t'être importune,

Te fait sacrifier une haute fortune :

Mais le don de mes biens peut t'en dédommager;

Dès ce jour avec toi je veux les partager. •

Oui , je puis assurer le bonheur de ta vie ;

Et ma sœur, tu le sais, au sein de l'Italie,

A tes soins, ton amour, peut accorder sa main.

L'amitié de ses fleurs va couronner Tliymen.

C'en est fait, du bonheur tout m'est un sûr présage :

Tous quatre, réunis sous un ciel sans nuage,

Nous pourrons, loin des cours et de la vanité.

Goûter les plaisirs vrais, cliers à l'obscurité.

LAGARDIE, à part.

Ah! malgré mon amour, sa candeur me désarme.

MONALDESCHI

Tu ne me réponds rien. Ce silence m'alarme... Lagardie !

LAGARDIE, i part.

Eh ! des pleurs s'échappent de mes yeux.

MONALDESCHI

Nous ne pouvons rester plus long-temps dans ces lieux. Il y va de mes jours. Partons; la nuit s'avance.

Et Christine , sans doute , en proie à la vengeance ,

De quelque scélérat recherche le secours ;

Et|, pour mieux me punir, l'arme contre mes jours.

Peut-être la cruelle à me frapper s'apprête ,

Et son coupable fer balance sur ma tête.

LAGARDIE, à part , dans l'égarement.

Le voilà ce poignard! •

MONAIDESCHI.

Mais tu me défendras ; Auprès de mon ami je brave le trépas, Je ne redoute rien. C'est en vain que Christine, Pour venger son amour, a juré ma ruine. Son orgueil va tenter un impuissant effort; Lagardie est tout prêt à partager mon sort. Et je sais que, fidèle au destin qui nous lie. Tu mourras, s'il le faut, en défendant ma vie.

LAGARDIE

O remords! 6 fureur! 6 funeste projet!

Mon cœur est accablé du poids de son forfait. C'est en vain que l'amour ranime mon courage , Un plus doux sentiment l'emporte sur ma rage. Je ne puis plus long-temps étouffer la pitié, Et mon cœur cède enfin au cri de l'amitié.

MONALDESCHI

Mon ami, quel est donc le tourment qui t'agite? Quoi? loin de te calmer, mon amitié t'irrite.

LAGARDIE

Je suis un malheureux!

MONALDESCHI

As-tu quelque chagrin?

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