‹ OEuvres complètesChapitre 60 sur 330 · ACTE l\\ SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE l\\ SCENE V

Non, madame, jamais; et je mourrais plutôt

Que d'un secret si cher vous révéler un mot.

De votre cruauté je brave la menace;

Je ne m'abaisse pas à demander ma grâce :

Mais n'allez pas penser qu'attendant mon destin ,

Je m'expose en victime aux fers de l'assassin.

Si quelque tribunal eût dicté ma sentence,

Je verrais approcher la mort avec constance ;

Et bien loin que mon cœur fût rebelle à ses droits,

J'irais porter ma tête au fer sacré des lois :

Mais si vous abusez du grand titre de reine ,

Pour me sacrifier à votre injuste hame,

Je puis seul contre vous , pour défendre mes jours ,

D'un noble désespoir employer le secours;

Et de ma force, enfin, faisant encore usage,

Devoir mon existence à mon heureux courage.

Adieu. Pour fuir, je vais réunir mes efforts,

Et je vous laisse seule en proie à vos remords.

Ne sors pas de ces lieux , si tu chéris la vie ;

Tous tes bourreaux sont là , dans cette galerie :

Si , pour en approcher, tu fais encore un pas ,

C'est le dernier degré qui te mène au trépas.

Ah! sois plutôt sensible à l'ardeur qui me presse.

Et pour ton intérêt nomme -moi ta maîtresse.

Je veux aller plus loin; oui, pour calmer ton cœnr.

Contre elle je promets d'éteindre ma fureur.

Tu vois ce que pour toi Christine encor veut faire :

Mais crains de rejeter ma dernière prière.

Dis-moi, quel est son nom !^

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