‹ OEuvres complètesChapitre 61 sur 330 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

Ar O N A. L D E s c n I .

Rien ne peut rarraclier.

CHRISTIIVE.

Quoi? cruel 1 ma bonté ne saurait te toucher. Ah! c'est trop à la fin mépriser ma clémence; Reçois, puisqu'il le faut, le prix de ton offense: Tu voudrais vainement chercher à m'attendrir. Je ne puis l'oublier qu'en te voyant mourir; Et, tel est cet effet de ta lâche injustice Que, si devant mes yeux tu marchais au supplice, Bien loin que le remords m'arrachât un soupir. Je verrais tes tourments, je crois, avec plaisir. L'amour et la raison ne sont plus dans mon ame. Et ce dernier outrage anéantit ma flamme. Tu viens de me prouver qu'un cœur humilié. Quelque tendre qu'il soit , étouffe la pitié , Et qu'une femme , enfin , de sang toujours avare , Quand il n'est plus d'espoir, peut devenir barbare. Sors, cruel; laisse-moi : va subir ton arrêt; Ton supplice t'attend et le fer est tout prêt ; Au milieu des bourreaux cours expier ton crime. De cet appartement, j'entendrai ma victime, J'entendrai tous les coups qu'on voudra te porter. Et ma fureur pourra se plaire à les compter. Si je suis si cruelle, ingrat, c'est ton ouvrage. Et tu n'as plus l'espoir de désarmer ma rage. Non, mon cœur endurci ne se plaindra du sort Que s'il peut te sauver des horreurs de la mort.

MONALDESCHI

Vous n'en jouirez pas. Oui, grâce à ma prudence.

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