ACTE IV, SCENE V
Je pourrai , contre vous , défendre l'innocence , Et cette arme ravie à vos yeux vigilants : Ce poignard , en tout temps , si funeste aux tyrans , Doit être dans mes mains, pour préserver ma vie. D'un usage certain contre la perfidie.
Espérez- vous , d'ailleurs , que le lâche assassin Puisse oser, sans trembler, sur moi porter la main? Et ne savez- vous pas, fût-il le plus coupable, Qu'on ne peut, sans remords, massacrer son semblable? Ainsi, j'aurai pour moi, dans cette extrémité. Mon cœur, mon innocence et votre cruauté.
(Il va pour entrer dans la galerie.) |: H R 1 S T I N E.
Malheureux! où vas-tu?
' MON ALDESCHI.
^ Pour jamais je vous quitte.
Tu ne pourras trouver ton salut dans la fuite.
MONALDESCHI
Je veux tenter au moins....
Ne quitte pas ces lieux.
MONALDESCHI
Tous vos efforts sont vains.
Arrête, malheureux!
MON ALDESCIII.
Quoi? vous voulez encor...,
Je veux sauver ta vie.
G^ CIIRISTINK.
MONALDESCH I.
Non.
T^e trépas...
MONALDFSCHI.
Eh bien !
Dans cette galerie...
Je le sais.
11 t'attend.
MON ALDESCIil.
Je vais vaincre ou périr.
Adieu.
Comment? la mort...
MONALDESCHI
Oui, je saurai mourir.
Cruel!
MONALDESCHI
Non , plus d'espoir !
Mais tu cours à ta perte!
MONALDESCHI
J'ose braver la mort à mes regards offerte ; Et je préfère, enfin, à vous, à votre amour, Vos assassins armés pour m'arracher le jour.