Tome
HENRI
C'est-à-dire voir l'aimable Sophie; je t'entends. Tu ne dis rien, et tu fais l'amour à la sourdine. Au fait, c'est une petite personne qui a tout ce qu'il faut pour te fixer.... De la douceur, du sentiment.
FI RM IN.
C'est une petite personne qui mérite ton respect et le mien.
HENRI
Je ne prétends pas l'outrager, ni te déplaire.
FI R MIN
Je le sais, mon cher Henri; mais depuis quelque temps, tu prends un ton qui ne t'est pas naturel; tu ne le dois qu'à la société que tu vois. Ecoute, mon ami, il faut que je t'ouvre mon cœur; depuis longtemps il gémit en secret, et toi seul tu le déchires!... Je vois en toi le plus tendre frère; je n'oublierai jamais ce que je dois à ton père , à mon respectable bienfaiteur. Il prit soin de mon enfance, et me fit partager une tendresse qu'il ne devait qu'à son fils. Depuis que j'existe, je ne t'ai pas quitté; jamais la moindre querelle entre nous; avais -tu quelque chagrin, tu venais le répandre dans mon cœur, j'y prenais part, je te consolais, et cet épanchement adoucissait tes maux. Mais aujourd'hui! que ta conduite est différente! tu me fuis maintenant , tu me crains , et vas chercher auprès des étrangers des plaisirs (jue tu trouvais autrefois près de ton ami.
Sais-tu (jue tu prêches à merveille, mon cher Firmin <)