XVI PREFACE
l'on recherchait moins dans les ouvrages le goût d'une bonne littérature que l'enthousiasme du patriotisme. Tout ce qui n'offrait pas des allusions à la situation du moment, d'une façon directe ou indirecte , ne pouvait plaire au public. Le théâtre ne présenta long -temps que des Victimes Cloîtrées (*), des Rigueurs du Cloître (**) ou autres drames semblables. Les auteurs qui s'éloignaient de ce genre étaient même obligés de payer un tribut au goût dominant , par quelques belles tirades sur les circonstances. Je suivis l'exemple de mes confrères, et je fis comme un autre mes pièces patriotiques. Si je ne les insère pas toutes dans mon recueil, c'est qu'autrefois je négligeai de les faire imprimer ; et qu'aujourd'hui il me serait difficile de les retrouver. Je conviens qu'il en est quelquesunes dont le style pourrait paraître singulier à bien des gens ; et cependant je n'ai jamais rien écrit qui pût être désavoué par un honnête homme ; si je ne regrette pas de les avoir en ma possession, c'est qu'elles ne pourraient offrir aucun intérêt pour le lecteur, sous le rapport littéraire, ni politique.
(*) De M. Monvel.
(**).De M. Fiévée.