‹ Œuvres complètesChapitre 14 sur 28 · SUITE DES LETTRES A SA SŒUR · texte numérisé non relu

SUITE DES LETTRES A SA SŒUR

Vuliieige , 4 mai 1798.

Tu me demanderas de quoi j'existe ici?

Je me le demandai, moi, bien souvent aussi. Mais pour l'iiomme et l'oiseau la Providence est grande. De l'autel relevé la volontaire offrande. Ces âmes qui , cherchant une voix pour prier, A défaut d'ange, hélas! nous glissent leur denier; Les époux qu'on bénit, les enfants qu'on baptise, Ces dimes du bonheur que l'on jette à l'église, Quelques fonds que l'évèque adresse à ses curés. Le jardin, le verger, quelques arpents de prés, Les châtaignes , les noix , de petits coins de terre Que je bêche moi-même autour du presbytère, Sufiisent amplement pour moi, i\farthe et le chien. A la table frugale il ne nous numquc rien : Le lait de mon troupeau , le vin blanc de mes treilles, Les fruits de mes pommiers, le miel de mes abeilles. Tout abonde; le pain y cuit pour l'indigent, Et Marthe dans l'armoire a même un peu d'argent. Qui m'eût dit qu'un peu d'or me ferait tant de joie? Je n'en ai pas besoin, prenez, je vous l'envoie!... V. 17

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