‹ Œuvres complètesChapitre 6 sur 28 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

J'étais le seul ami qu'il eût sur cette terre, Hors son pauvre troupeau, .Te vins au presbytère Comme j'avais coutume, à la Saint-Jean d'été, A pied, par le sentier du chamois fréquenté, Mon fusil sous le bras et mes deux chiens en laisse. Montant, courbé, ces monts que chaque pas abaisse. Mais songeant au plaisir que j'aurais vers le soir A frapper à sa porte, à monter, à m'asseoir Au coin de son foyer tout flamboyant d'érable , A voir la blanche nappe étendue, et la table, Couverte par ses mains de légume et de fruit, Nous rassembler causant bien avant dans la nuit. Il me semblait déjà dans mon oreille entendre De sa touchante voix l'accent tremblant et tendre , Et sentir, à défaut de mots cherchés en vain , Tout son cœur me parler d'un serrement de main : Car, lorsque l'amitié n'a plus d'autre langage, La main aide le cœur et lui rend témoignage.

Quand je fus au sommet d'où le libre horizon Laissait apercevoir le toit de sa maison ,

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