‹ Œuvres complètesChapitre 12 sur 29 · I.l\ RE VII · texte numérisé non relu

I.l\ RE VII

nouvel abbé de race étrangère ' . L'un dos conjurés appelé m* Colomban, fut pris, conduit devant l'archevêque et inter- 4Ô89, Wgé sur son dessein de tuer le Normand : «J'ai eu ce des- « sein , répondit le moine avec assurance, et je l'aurais «exécuté2.» Lanl'rane ordonna qu'on rattachât nu devant les portes du monastère, et qu'on le battît publiquement ii coups de fouet3.

Dans l'année 1089 , mourut le primat Lanfranc, et ans- 'oso sitôt les moines , délivrés de la terreur qu'il leur avait inspirée, entreprirent une troisième révolte, mais d'un caractère plus grave que les deux autres ■ ils appelèrent à leur aide les habitants saxons de Canterbury, qui, embrassant cette cause comme une cause nationale, vinrent armés à la maison de l'abbé de Saint-Augustin, et en firent l'attaque *. Les gens de l'abbé résistèrent, et il y eut de part et d'autre beaucoup d'hommes tués et blessés. Guy s'échappa à grand'peine des mains de ses adversaires, et courut s'enfermer dans l'église métropolitaine 5. Au bruit de cette aventure , les Normands Gaucelme , évêque de Winchester, et Gondolphe , évêque de Rochester, vinrent en grande hâte à Canterbury, où de nombreux détachements de troupes furent envoyés par ordre du roi6. Le couvent de Saint-Augustin fut occupé militairement ; on instruisit le procès des moines, qui se virent condamnés en masse à recevoir la discipline ; deux religieux étrangers, appelés Guy et Le Normand, la leur infligèrent a la discrétion des évêques 7 ; ensuite on les dispersa sur plu-

1 Pernicirni abbalis clam machinait sunt, (Ibid.)

2 Si... potuissem, pro cerlo cum inlerfecissem. (Ibid.)

3 Ibid.

4 Cives Canluaria; contra eum concilaverunt. (Ibid.)

5 Evasitut... quœrendo auxiliuni... l'ugit. (Ibid.)

6 Ibid.

' Ad episcoponim impmum. ( Ibid.)

«089. sieurs points de F Angleterre , et à leur place furent appelés (Foutre-mer vingt-quatre moines et un prieur. Tous ceux des habitants de Canterbury que saisit la police normande furent condamnés à la perte des yeux '.

1089 Ces luttes, fruit de la haine et du désespoir des vaincus, se reproduisaient à la fois dans plusieurs églises d'Angleterre, et en général dans tous les lieux où des Saxons, réunis en corps , et non réduits au dernier degré d'esclavage , se trouvaient en présence de chefs ou de gouverneurs de race étrangère. Ces chefs , soit clercs , soit laïques, ne différaient que par l'habit; sous la cotte de mailles ou sous la chape, c'était toujours le vainqueur insolent , dur, avare, traitant les vaincus comme des êtres d'une espèce inférieure à la sienne. Jean de la Villette , évêque de Wells , et ci-devant médecin à Tours , abattait les maisons des chanoines de son église pour se construire un palais avec leurs débris2; Renouf Flambard, évêque de Lincoln , autrefois valet de pied chez les ducs de Normandie , commettait dans son diocèse de tels brigandages, que les habitants souhaitaient de mourir, dit un ancien historien , plutôt que de vivre sous sa puissance 3. Les évêques normands marchaient à l'autel , comme les comtes à leurs revues de gens d'armes , entre dçux haies de lances; ils passaient le jour à jouer aux dés, à galoper et à boire 4. L'un d'entre eux, dans un accès de gaieté, fit

1 Cives vcro.,.. eapli... oculos amiserunt. (Chron. saxon., éd. Gibson , p. 180.

- Johannes (de Villula), turonensis artc medicus... qui, destructis claustrti et aliis ;rdificiis... canonicorum... (Hisl. de cpisc. bathon. et wellens. ; Anglia sacra , t. I , p. 559.)

3 Ut mallent mori. (Annal, eccles. winton.; Anglia sacra, t. I, p. 295.)

1 Nec eliam pompa m ÎSormannornni omilli-bat <|oin stipatus mHitibus inecdpret cotidie ad missam. (Henrici Knyghton, de Ëyent. angl., Mb. h , Mpiul hrsl. angl. Script., t. Il, col. 2367, éd. Seldeii.) — Omnea 1ère

préparer à des moines saxons , dans la grande salle de <os9 leur couvent, un repas où il les força de manger des mots 10g4 défendus par leur ordre, et servis par des femmes échevelées et à demi nues'. Ceux des Anglais qui, à cette vue, voulurent se retirer, ou simplement détourner les yeux, furent maltraités et appelés hypocrites par le prélat normand et ses amis2.

Contre de pareils adversaires, les débris du clergé anglosaxon ne purent soutenir un long combat. Chaque jour l'âge et la persécution enlevaient quelqu'un des anciens religieux ou prêtres; la résistance, d'abord énergique, s'éteignait par degrés3. C'était d'ailleurs, pour tout couvent d'Angleterre, un titre à la haine et aux vexations des grands , que d'être encore peuplé en majorité d'hommes de race anglaise. C'est ce qu'éprouva , sous le règne de Guillaume le Roux, le monastère de Croyland, déjà si maltraité à l'époque de la conquête. Après un incendie qui avait consumé une partie de la maison, le comte normand de la province où elle était située, présumant que les chartes de l'abbaye avaient péri dans les flammes, somma les moines de comparaître dans sa cour de justice à Spalding, pour y représenter leurs titres 4. Au jour tixé, ils envoyèrent

tune teniporis in Anglia nionaehi, seeularibus haud absimiles... venaiï, aucupari, testeras quatere, potions indulgere consueverunt, ut majus illos consules, quarn monachos, pro famuloruni frequenlia, putares. (Ibid. col. 2362.)

1 Cibos vetilos publiée apposuit, mulieres vultu et veste procaces, sparsis post lerguni crinibus, ministrare constituit. (Ibid., col. 2372.)

2 Si oculos averteret, ipocrila... dieeretur. ;( Henrici Knygbton, de Event. Angt., apud hist. aiigl. Script., t. II , roi. 2372, éd. Selden.)

3 (Normanni) jam nmlliplicati invaluorunt. (Anglii) jam senescentes et immiiiuti... (Matlh. Paris., Vitae abbatum S. Albani, t. I, p. M.)

1 jEstimans chartas nostras, ul lama fuit, omnes incendio dépérisse. (Hist. Ingulf. Croyland., apud rer. anglic. Scripl., t. I , p. t07, cd. Uale.)

23i LIVRE VII.

un des leurs, nommé Trig, qui vint apportant d'anciennes chartes en langue saxonne, confirmées par le conquérant, dont le sceau y était suspendu. Le moine déploya ses parchemins devant le comte et ses officiers, qui se mirent à rire et à l'injurier, disant que ces écritures barbares et inintelligibles n'étaient d'aucune autorité1. Cependant la vue du sceau royal produisit quelque effet; le vicomte normand, qui n'osa ni le briser, ni enlever publiquement des chartes qui en étaient munies , laissa partir le moine ; mais il envoya derrière lui ses valets armés de bâtons pour le surprendre dans la route et lui dérober ce qu'il portait. Trig n'échappa à leurs poursuites qu'en prenant un chemin détourné 2.

1094. La paix qui régnait entre les conquérants de l'Angleterre fut encore une fois troublée, en l'année 1091, par la révolte de quelques chefs contre le roi. Une des causes de cette discorde était le droit exclusif sur les forêts de l'Angleterre, établi par Guillaume le Bâtard et maintenu rigoureusement par son fils 3. A la tête des mécontents se trouvait Robert, fils de Roger de Molbray, comte de Northuniberland, qui possédait deux cent quatre-vingts manoirs en Angleterre 4. Robert manqua de se rendre à la cour du roi , dans l'un des jours fixés pour les conférences politiques des barons et chevaliers anglo-normands. Son absence donna des soupçons , et le roi fit publier que tout grand possesseur de terres qui ne se rendrait point à sa cour, aux fêtes prochai-

1 Dicens barbaram scripturam risu et derisu fore dignam,et nullius momenli seu roboris esse teneadam. ( Hist. Ingulf. Croyland., apud rer, anglic. Script., 1. 1, p. 107, éd. Gale)

2 Ibid.

3 Willelm. Malmesb., de Gest. leg. angl., lib. if, apud rer. anglic. Script., p. 124, éd. Savile.

4 Order. Vital. Hist. ecclesiast., lib. vin, apud Script, rer. normann., p. 703.

nos de la Penteoôte, serait mis hors de la paix publique '. iom. Robert de Mnlbray n'y vint pas. de crainte d'être saisi et. emprisonne el alors Guillaume fit marcher Tannée royale vers la province de Northumberland. Il assiégea et prit plusieurs châteaux ; il bloqua celui de Bamborough, ou le 109:1. comte Hubert s'était retiré, mais il ne put s'en rendre maître. Après des efforts inutiles , le roi fit construire vis-àvis de Bamborough un tort de bois qu'il appela dans son langage normand Mulccisin, ou mauvais voisin, y laissa une garnison, et reprit sa route vers le sud2. Les gardiens de la nouvelle forteresse surprirent Robert dans une sortie, le blessèrent et le tirent prisonnier. Il fut condamné à une prison perpétuelle , et ses complices furent bannis d'Angleterre.

Les biens de ces bannis, dans les villes et hors des villes, iooô restèrent quelque temps sans maître et sans culture. Il ^vs. parait que les favoris du roi les laissèrent en friche, après en avoir enlevé tout ce qui avait quelque valeur, se souciant peu d'une possession que son origine et l'incertitude des événements politiques rendaient trop précaire. De leur côté, les officiers royaux, pour que l'échiquier ne perdit rien de ses revenus, continuèrent de lever, sur la ville ou le canton dont les biens vacants dépendaient, la totalité de l'impôt territorial, et cette surcharge tomba spécialement sur les hommes de race anglaise 3. Le peuple de Colchester, suivant un ancien récit , rendit de grandes actions de grâces à Eudes, fils d'Hubert , vicomte ou gouverneur de la ville,

1 Jussit omnes qui a rege terras tenebant, modo pace dignos haberi se vellent , adesse bus curiœ. (Chron. saxon., éd. Gibson, p. 203.)

2 Uludque sua lingua Malveisin vocavil. (Ibid., p. 202.)

3 Terras damnatorum... et pro culpis eliminatorum dum nemo coleret, exigebantur tamen plenaliler fiscalia, et bac de causa populus valde gravabatur. (Monast. anglic, Dugdale , t. Il , p 890.)

236 UVRli Vil.

1095 qui avait pris sous son nom les terres des Normands déshé- 1(jg8 rites, et consenti à satisfaire, pour ces terres, aux demandes du fisc '. Si Ton en croit le même récit, le Normand Eudes se faisait aimer des habitants de Colchester par son administration équitable et modérée 2. C'est le seul chef imposé aux Anglais par la puissance étrangère, dont l'histoire porte un semblable témoignage.

Cette exception à la loi de la conquête ne s'étendait guère au delà d'une seule ville ; partout ailleurs les choses suivaient leur cours, et les officiers royaux étaient pires que des voleurs, ce sont les paroles mêmes des chroniques; ils pillaient sans miséricorde les greniers des laboureurs et les magasins des marchands 3. A Oxford commandait Robert d'Ouilly, qui n'épargnait ni pauvres ni riches; dans le nord, Odineau d'Omfreville saisissait les biens des Anglais de son 1098 voisinage, afin de les contraindre à venir tailler et voiturer des pierres pour la construction de son château *. Près de Londres, le roi levait aussi par force des troupes d'hommes pour construire une nouvelle enceinte à la tour du conquérant, un pont sur la Tamisé, et à l'ouest de la cité un palais ou une cour d'audiences pour les assemblées de ses barons5. « Les provinces auxquelles ces travaux échurent, v dit une chronique saxonne, furent cruellement tourmen- « tées; chaque année qui s'écoulait était pesante et pleine

1 Has ergo terras Eudo sibi vindieavit, ut pro his tlsco satislaceret , et populum ealenus alleviaret. (Monast. anglic, Dugdale, t. II, p. 890.)

- Sublevare gravatos, comprimere elatos, et in suis primordiis omnibus complacere. (Ibid.)

3 Latronibusppjores, agricolarum acervos ac negoeialorum congeries immisericordilerdiripiebant. (Order. Vital. Hist. ecclesiast., lib. x, apud Script, rer. normann., p. 773.)

* Ul... eos eompellei-et venire ad œdiûcalionem easlelli. (Lclandi Colleclanea, t. IV, p. 116.)

' Cliroii. savon , éd. Gibson , p. 206.

« de douleurs , à cause des vexations sans nombre et des l(}98 « tributs multipliés '. » noo.

Des historiens moins laconiques nous ont transmis quelques détails sur ces douleurs et ces tourments que soufflait la nation subjuguée. Partout où le roi passait dans ses courses à travers l'Angleterre, ses gens et les soldats de sa suite avaient coutume de ravager le pays2. Lorsqu'ils ne pouvaient consommer en totalité les denrées de diverse nature qu'ils trouvaient dans les maisons des Anglais , ils les faisaient porter au marché voisin par le propriétaire lui-même , et l'obligeaient de les vendre à leur profit. D'autres fois ils les brûlaient par passe-temps, ou , si c'était quelque boisson, ils en lavaient les pieds de leurs chevaux 3. « Les mauvais traitements qu'ils se perte mettaient contre les pères de famille , leurs outrages « envers les femmes et les filles , ajoute le narrateur conte temporain, feraient honte à raconter: aussi, au premier « bruit de l'approche du roi , chacun s'enfuyait de sa « demeure , et se retirait , avec tout ce qu'il pouvait sauce ver, au fond des forêts ou dans les lieux déserts 4. »

Cinquante Saxons qui , par des hasards heureux , et peut-être par un peu de lâcheté politique, étaient parvenus à conserver quelques débris de leur ancienne fortune s , furent accusés, soit faussement, soit avec raison, d'avoir chassé dans les forêts royales , et d'avoir tué , pris et

1 Fuerunt vehemeiiter afflictali. ( lbid.)

2 Ut quaeque pessundurent, diriperent, et... lotam terram per quam rexibat devastarent. (Eadmeri Hist. nov-, p. 94, éd. Selden.)

3 Eaaut ad forum per eosdeni ipsos quorum erant, prosuo lucro ferre ac vendere, aut... cremare, aut si polus esset, lolis ex indc cquorum suorum pedibus... (lbid.)

4 Prœcognito régis adventu, sua habilacula fugiebant... in sylvis vel aliis loris, in quibua se tutari posse sperabant. (lbid.)

'• Quibus. .ex an tiqua Anglorum ingenuitate, diviliarum quaedam vesligia arridere videbanlur. (Eadmeri II iï-l . uu\., p. is, éd. Selden. )

1098 mangé dos cerfs: tels étaient les termes de l'accusation (^0 criminelle intentée contre eux1. Ils nièrent, et les juges normands leur infligèrent l'épreuve du fer rouge, que les anciennes lois anglaises n'ordonnaient que du consentement et à la demande de l'accusé. « Au jour fixé , dit un « témoin oculaire, tous subirent cette sentence sans misé- « ricorde. C'était chose pitoyable à voir: mais Dieu, en « préservant leurs mains de toute brûlure , montra clairece ment leur innocence et la malice de leurs persécu- « teurs 2. » Quand on vint rapporter au roi Guillaume qu'après trois jours les mains des accusés avaient paru intactes : « Qu'est-ce que cela fait? répondit-il; Dieu n/est «pas bon juge de ces choses; c'est moi que de telles « affaires regardent, et qui dois juger celle-ci3. » L'historien garde le silence sur ce nouveau jugement et sur le sort des malheureux Anglais , qu'aucune fraude pieuse ne devait plus sauver.

Les Saxons, poursuivis par Guillaume le Roux pour les transgressions aux lois de chasse , encore plus vivement que par son père , n'avaient d'autre vengeance que de l'appeler, par dérision, gardien de bois et berger de bêtes fauves, et de répandre des contes sinistres sur ces forêts , où nul homme de race anglaise ne pouvait entrer armé sans péril de mort. On disait que le diable, sous des formes horribles, y apparaissait aux Normands, et leur parlait du sort épouvantable qu'il réservait au roi et à ses conseillers4. Cette superstition populaire fut accréditée

1 Quod cervos régis ceperint, mactaverinl, manducaverint. (Eadmcri Hist. nov., p. 48, éd. Selden.)

2 Prsefixi pœnœ judicii pariter subacli sunt, remota pietate et misericordia. Erat ergo miseriam videre. ( lbid.)

3 Quid est hoc? Deus e^t justus judex. (lbid.)

4 Multiseliam Normannis, diabolus in horribili specie se fréquenter in silvisostendens, palam cum eis de rege et... aliis loeutus est. (Simeon.

par le singulier hasard <|iii rendit fatale à la race t\\\ Cou- iobs querant la chasse dans les forêts de l'Angleterre , et sur- H00. tout dans la forêt Neuve. En Tannée 1081, Richard, fils aine de Guillaume le Bâtard, s'y était blessé mortellement: dans le mois de niai de l'année I 100, Richard , fils 110°du duc Robert et iw\cu du roi liniilainne le Roux, y fut tué d'un coup de flèche tiré par imprudence ' ; et, chose bizarre, ce roi y périt aussi de la même mort, dans le mois de juillet de la même année.

Le matin de son dernier jour, il fit un grand repas avec ses amis dans le château de Winchester, et se prépara ensuite à la chasse projetée. Pendant qu'il nouait sa chaussure . en badinant avec ses convives , un ouvrier lui présenta six flèches neuves; il les examina, en loua le travail, en prit quatre pour lui , et donna les deux autres à Gaultier Tirel , en disant : «Il faut de bonnes armes à « qui tire de bons coups3. » Gaultier Tirel était un Français qui avait de riches possessions dans le pays de Poix et dans le Ponthieu ; c'était l'ami le plus familier du roi et son compagnon assidu 4. Au moment du départ, entra un moine du couvent de Saint-Pierre , à Glocester, qui remit à Guillaume des dépêches de son abbé. Cet abbé, Normand de naissance , et appelé Serlon , mandait avec inquiétude qu'un de ses religieux ( probablement de race anglaise) avait eu dans son sommeil une vision de mau-

Dunelm. Hist duuelm., apud hist. angl. Script., t. I, col. 225, ed Sel- (len.) — Roger, de Hoved. Annal., pars prior, apud rcr. anglic. Script., p. 468, ed.Savile.)

1 Order. Vital. Hist. ecclesiast., lib. x,apud Script, rer. normann., p. 780.

2 Rex mane cum suis parasitis comedit. (Order. Vital, liist. ecclesiast., lib. x, apud Script, rcr. normann., p. 782.)

3 Justum est... ut illi acutissimœ dentur sagillœ , qui lelbil'eros inde noverit ictus infiger e. ( Ibid.)

1 Régi familiaris eonviva. (Ibid.)

2io LIVRE VII.

iioo. vais augure : qu'il avait vu Jésus-Christ assis sur un trône, et à ses pieds une femme qui le suppliait, en disant: « Sauveur du monde, regarde en pitié ton peuple, gémis- « sant sous le joug de Guillaume ' ! » En entendant ce message, le roi rit aux éclats : « Est-ce qu'ils me prennent « pour un Anglais, dit-il, avec leurs songes? me croient- « ils un de ces fous qui abandonnent leur chemin ou « leurs affaires parce qu'une vieille rêve ou éternue ? « Allons , Gaultier de Poix , à cheval 2 ! »

Henri , frère du roi , Guillaume de Breteuil , et plusieurs autres seigneurs , raccompagnèrent à la forêt : les chasseurs se dispersèrent; mais Gaultier Tirel resta auprès de lui , et leurs chiens chassèrent ensemble 3. Tous deux se tenaient à leur poste , vis-à-vis l'un de l'autre , la flèche sur l'arbalète et le doigt sur la détente 4, lorsqu'un grand cerf, traqué par les batteurs, s'avança entre le roi et son ami. Guillaume tira ; mais , la corde de son arbalète se brisant, la flèche ne partit pas, et le cerf, étonné du bruit, s'arrêta, regardant de tous côtés5. Le roi fit signe à son compagnon de tirer; mais celui-ci n'en fit rien, soit qu'il ne vit pas le cerf, soit qu'il ne comprit pas les signes. Alors Guillaume impatienté cria tout haut : « Tire, Gaul- « tier, tire donc , de par le diable 6 ! » Et au même instant une flèche , soit celle de Gaultier, soit une autre , vint le

1 Domine Jesu Chrisle, Salvalor generis liumani... respice populum liiuni... (Order. Vital. Hisl. ecclesiast. , lib. x, apud Script, rer. normann.,p. 781.)

2 Num prosequi meritum autumal Anglorum,qui pro sleruutatione et >omnio vetularum dimillunt iler suurn seu negotium? (Ibid., p. 782.)

s Ibid.

'• Cum arcti et sagitta in manu exspecteoli. (Henrici Knyghlon, de Event. Angl., lib. n, apud hist. angl. Script., t. II, col. 2375, éd. Selden.J

' Sed , fracta corda. . cervus de sonitu quasi attonilus rc3titi t , circum circa rcspicicns. (Ibid.)

8 Tiabe, Iralie arcum, ex parte diaboli. (Ibid.)

frapper dans la poitrine; il tomba sans prononcer un mot, i*eo. et expira. Gaultier Tire! courut à lui; mais, le trouvant -ans haleine, il remonta à cheval, galopa vers la côte, passa en Normandie , et de là sur les terres de Franco.

Au premier bruit de la mort du roi, tous ceux qui assistaient à la chasse quittèrent en hâte la forêt pour courir à leurs affaires. Son frère Henri se dirigea vers Winchester et vers le trésor royal ' ; et le cadavre de Guillaume le Roux resta par terre , abandonné comme autrefois celui du Conquérant. Des charbonniers, qui le trouvèrent traversé de la flèche , le mirent sur leur voiture , enveloppé de vieux linges à travers lesquels le sang dégoutta sur toute la route 2. C'est ainsi que les restes du second roi normand s'acheminèrent vers le château de Winchester, où Henri était déjà arrivé et demandait impérieusement les clefs du trésor royal. Pendant que les gardiens hésitaient, Guillaume de Breteuil , venant de la forêt Neuve, accourut , hors d'haleine , pour s'opposer à cette demande : « Toi et moi, dit-il à Henri, nous devons nous sou- « venir loyalement de la foi que nous avons promise au duc « Robert, ton frère : il a reçu notre serment d'hommage ; « absent comme présent, il y a droit3. » Une querelle violente s'engagea; Henri mit l'épée à la main; et bientôt, avec l'aide de la foule qui s'assemblait, il s'empara du trésor et des ornements royaux.

1 Henricus concito cursu ad arcem Guenlonia1, ubi regalis thésaurus conlinebatur, feslinavit. (Order. Vital. HisL ecclosiast., lib. x, apud Script, rer. normann., p. 782.

- Supra bigam cujusdam carbonaloris. (Mallh. Paris, t. ï, p. 5i.) — Cruore uudatim per tolam viain slillanle. (Wilk'Im. Malmesb., deGe.-t. rer. angl., lib. iv, apud rer. auglic. Script., p. t26, éd. Savilc.J

3 Legaliter, inquit, reminisci fidei debemus quam Rodberlo duci geruiuno suo promisimus. (Order. Vitol. Hisl.ecclesiast., lib. x, apud Script, rer. normann., p. 782.)

il. -21

Il était vrai , on effet, qu'aux tonnes du traité do paix Conclu entre Guillaume et le duc Robert, et juré par tous les [tarons anglo-normands, la royauté était dévolue au duc; mais il se trouvait alors loin de l'Angleterre et de la Normandie. Les exhortations du pape Urbain II à tous les chrétiens, pour les engager à reconquérir la Terre-Sainte , avaient agi vivement sur son esprit aventureux. Il était parti , dos premiers , dans cette grande levée on masse , faite, aux cris de Dieu le veut, en Tannée 1096; et, trois ans après , il avait atteint le but de son pèlerinage par la prise de Jérusalem. Lorsque arriva la mort de son frère Guillaume, Robert était en route pour la Normandie ; mais, ne se doutant point de ce que le retard devait lui faire perdre, il s'arrêta longtemps, par amour pour une femme, à la cour d'un dos seigneurs normands établis en Italie. Pris ainsi au dépourvu et manquant de chef, ses partisans ne purent tenir contre ceux de Henri. Ce dernier, maître du trésor, vint à Londres , où les principaux d'entre les Normands se réunirent; et, trois jours après la mort de son frère, il fut élu roi par eux, et couronné solennellement1. Les prélats le favorisèrent, parce qu'il les aimait beaucoup, eux et la littérature du temps, ce qui lui faisait donner, en langue normande, le surnom de Clerc ou de Beau-Clerc 2. On dit même que les Saxons le préféraient à son compétiteur, parce qu'il était né et avait été élevé en Angleterre 3. Il promit à son couronnement d'observer les bonnes lois du roi Edward; mais il déclara qu'il voulait conserver, comme son père, la jouissance exclusive des forêts4.

1 Optimales qui propre fuerunt, ejus fratrem Heanrigum in regem elegerunt. (Chron. saxon., éd. Gibson, p. 208.)

2 Dictus clericus. (Chron. Johan. Bromton, apud hist. angl. Script., t. I,col. 997, éd. Selden.)

3 Guilielm. Neobrig., Dereb. anglic, p. 297, éd. Hearne. '• Clii'on. Johan. Bromton (loc. supr. cit.)

Le roi Henri, premier du nom . n'avait dans le carac- iwo ti'iv ni les mômes défauts , ni les mêmes qualités que son -hoi. frère aîné Robert. Autant celui-ci était léger, fantasque, et en même temps généreux et loyal, autant l'autre avait d'aptitude aux affaires ei de penchant à la dissimulation. Malgré la facilite de son avènement au trône , il jugea prudent de ne point s'endormir sur la foi de ceux qui l'avaient élu. La fidélité des Anglo-Normands lui était suspecte • il résolut de se créer en Angleterre une force indépendante de la leur, et d'exciter à son profit le patriotisme des Saxons. 11 tendit la main à ces pauvres vaincus, qu'on flattait au jour du péril , et que le lendemain on écrasait. Il convoqua les principaux d'entre eux, et leur tint, par interprète . le discours suivant :

« Mes amis et féaux , natifs de ce pays , où je suis né , « vous savez que mon frère en veut à mon royaume. C'est « un homme orgueilleux, et qui ne peut vivre en repos; il « vous méprise manifestement, vous traite de lâches et de « gloutons, et ne désire que vous fouler aux pieds ' . Mais « moi , comme un roi doux et pacifique , je me propose «de vous maintenir dans vos anciennes libertés 7 et de « vous gouverner d'après vos propres conseils, avec mo- « dération et sagesse 2. J'en ferai, si vous le demandez, « un écrit signé de ma main , et je le confirmerai par ser- « ment. Tenez donc ferme pour moi; car si la bravoure « des Anglais me seconde , je ne crains plus les folles « menaces des Normands ;i. »

1 Amici et fidèles mei indigenae ac naturales... vosque scienter quasi contemptibiles, et quos desides vocat et glutones, conculcare desiderat. (Maîth. Paris., t. I. p. 62.]

2 Ego vero rex humilis cl pacifiais... et vestris inclinando consiliis, consultius et mitius... guberhare. (Malth. Paris., 1. I, p. 62.)

3 Et super his (si pruvidereiis) scripta subarata roborare et juramentia... conftrmare... Si emm fortitudine Ângloram roborer, inanes Normannorurn minas nequaquam censeo formidandas. (Malt. Paris, 1. 1, p. 62.)

2iî LIVRE Ml.

noo L'écrit promis par le roi aux Anglais, ou , pour parler ,,,*, le langage du siècle , sa charte royale, fut en effet dressé. On en fît autant de copies qu'il y avait de comtés normands en Angleterre , et , pour qu'elle parût plus solennelle, on y appliqua un sceau neuf, fabriqué pour cet usage'. Les exemplaires furent déposés dans la principale église de chaque province : mais ils n'y restèrent pas longtemps; tous furent enlevés quand le roi se rétracta, et , selon l'expression d'un ancien historien, faussa impudemment sa parole2. Il n'en resta que trois copies qui par hasard échappèrent ; une à Canterbury, une à York , et l'autre à Saint-Alban. 1101 La même politique qui fit faire à Henri Ier cette démariio2 cne auPr^s des Anglais lui en inspira une autre plus décisive ; c'était de prendre pour épouse une femme de race anglo-saxonne. Il y avait alors en Angleterre une fille orpheline de Malcolm, roi d'Ecosse, et de Marguerite, sœur du roi Edgar. Elle se nommait Ëdithe, et elle avait été élevée à l'abbaye de Rumsey, dans la province de Hants , sous la tutelle d'une autre sœur d'Edgar, appelée Christine , qui , après s'être réfugiée en Ecosse avec son frère , avait pris le voile de religieuse en l'année 1086 3. Comme fille de roi , plusieurs des hauts barons normands avaient recherché en mariage la nièce d'Edgar : elle fut demandée au roi Guillaume le Roux par Alain le Breton , seigneur du château de Richemont, dans la province d'York; mais Alain mourut avant que le roi lui eût octroyé la jeune

1 El expedienter fabricato sigillo consignalœ sunt. (Thomœ Rudborne

Hist. major, win Ion.; Anglia sacra, t. I,p. 274.) 5 (Promissa) impudenter violavit. ( Matin. Paris., t. I, p. 6-2.) 3 Willelm. Malmesb.,deGest. veg. angl.Jib. y, apud rer. anglic. Script.

p. \M, cd. Savile. — Annales waverleieiises, ad. ann. mi.xxxyi, apud rer.

anjjlic. Script., 1. II, p. 133, éd. Gale.

fille '. Guillaume de Garenne, comte de Surrey, la désira 1101 ensuite: niais le mariage n'eut pas lieu . on ne sait par lloa quel empêchement -. Ce l'ut elle que les plus habiles conseillers du roi Henri lui proposèrent comme épouse, afin de gagner, par ce moyen, l'appui de toute la race anglosaxonne contre Robert et ses partisans.

De leur côté, beaucoup d'Anglais concevaient l'espoir frivole de voir revenir les anciens temps saxons Lorsque la petite-fille des rois saxons porterait la couronne. Ceux qui avaient quelques relations avec la famille d'Edithe se rendirent auprès d'elle, et la prièrent avec instance de ne point se refuser à ce mariage 3. Elle montra beaucoup de répugnance, on ne sait précisément par quel motif; mais les solliciteurs ne se rebutèrent point, et l'obsédèrent tellement, dit un ancien auteur, qu'elle céda par lassitude et à contre-cœur4. «Noble et gracieuse femme, lui disaient- « ils, si tu voulais , tu retirerais du néant l'antique honneur « de l'Angleterre; tu serais un signe d'alliance, un gage « de réconciliation : mais si tu t'obstines dans ton refus, « la haine sera éternelle entre les deux races, et le sang « ne cessera point de couler ''. »

Dès que la nièce d'Edgar eut accordé son consentement, on la fit changer de nom , et , au lieu d'Édithe , on l'appela Mathilde, ce qui sonnait mieux à l'oreille des Normands0.

1 Alanusenim Rufus, Britannorum cornes, Malhildem... in conjugem, sibi a regeRufo requisivil. (Ordcr. Vital. Hist. ecelesiast, lin. vin , npud Script, rer. normann.. p. 702.)

- Ibid.

3 Parenluui et amicorum coitsiliis. (Matth. Paris., t. I, p. 58.)

• Ipsa vero invita nupsil ci.... cl tandem taedio affecta adquievit. (Ibid.)

Instantes enim importune dicebanl .• o mulierum generosissima ac gratisima... quod si non feceris, causa cris perennis inimicitiae genlium diversarum, et sanguinis liuinani efl'usionis irreslaurabilis. (Ibid.)

' Malhildem, quœ prius dicta es! Edith. (Ordcr. Vital. Hist. ecelesiast . lih. mu, apud Script rer. noi mann., p. "702 )

Cette précaution d'ailleurs n'était pas la seule nécessaire ; car il s'éleva un grand parti contre le mariage ; il se composait principalement des amis secrets du duc Robert, auxquels se joignirent beaucoup de gens qui, par orgueil national , trouvaient indigne qu'une femme saxonne devînt la reine des conquérants de l'Angleterre. Leur malveillance suscita des obstacles imprévus; ils prétendirent que Mathilde, élevée depuis son enfance dans un monastère, avait été vouée à Dieu par ses parents : le bruit courut qu'on l'avait vue publiquement porter le voile; et ce bruit fit suspendre la célébration du mariage, à la grande joie de ceux qui y étaient contraires '.

11 y avait alors à la place de Lanfranc, dans l'archevêché de Canterbury, un moine du Bec, nommé Anselme, homme de science et de vertu, dont les écrivains du temps rendent cet honorable témoignage que les Anglais indigènes l'aimaient comme s'il eut été l'un d'entre d'eux2. Anselme était venu par hasard en Angleterre, sous le règne du premier Guillaume , dans le temps où Lanfranc , voulant détruire la réputation des saints de race anglaise , attaquait avec acharnement la sainteté de l'archevêque Elfeg, assassiné jadis par les Danois 3. Tout préoccupé de son projet, le primat entretint le moine normand de l'histoire du Saxon Elfeg, et de ce qu'il appelait son prétendu martyre. « Pour « moi, lui répondit Anselme , je crois cet homme martyr « et vraiment martyr; car il aima mieux mourir que de « faire tort à son pays. Il est mort pour la justice, comme « Jean pour la vérité , et tous deux pareillement pour le « Christ, qui est la vérité et la justice "'. »

' Eadmeri Bist. nov., p. 56, éd. Selden.

2 Pro mansuetudhie sua ab indigetiis terra , quasi unus coruui, diliyebatur. (lbid., p. 112, éd. Selden.)

3 Voyez livre v, t. Il , p. 113.

'< Martyr, inquil, videlur egregius qui niori maluit... Sic ergo Jobannes

Devenu à son tour primai, sous Guillaume le Roux, not Anselme persista dans l'esprit d'équité qui lui avait inspire |,,'t) cette réponse, el dans sa bienveillance pour les Anglais. Il l'ut l'un des plus zélés partisans du mariage que souhaitaient ceux-ci; mais quand il vint à apprendre les bruits qui se répandaient sur le compte de la nièce d'Edgar, il déclara que rien ne saurait le déterminer à enlever à Dieu celle qui était son épouse, pour l'unir à un époux charnel'. Désirant pourtant s'assurer de la vérité , il interrogea Mathilde, et elle nia qu'elle eût jamais été vouée à Dieu ; elle nia même qu'elle eût jamais porté le voile de son plein gré , et offrit d'en donner la preuve devant tous les prélats d'Angleterre. «Je dois confesser, dit-elle, que quelquefois «j'ai paru voilée; mais en voici la raison : dans ma pre- « mière jeunesse, quand j'étais sous la tutelle de Christine, « ma tante , pour me garantir, à ce qu'elle disait , contre « le libertinage des Normands, qui en voulaient à l'honneur « de toutes les femmes, elle avait coutume de placer sur « ma tête un morceau d'étoffe noire, et quand je refusais « de m'en couvrir, elle me traitait fort durement. En sa « présence, je portais ce morceau d'étoffe; mais dès qu'elle « s'était éloignée je le jetais à terre , et marchais dessus « avec une colère d'enfant2. »

Anselme ne voulut point prononcer seul sur cette grande difficulté, et convoqua une assemblée d'évêques, d'abbés, de religieux et de seigneurs laïques , dans la ville, de Ro-

pro veritate, sic et Elphegus pro justitia. (Johan. Sarisbur. de Vita Anselmi ; AiiL'Iia sacra, t. II, p. 162.)

1 Eadmeri Hist. nov., p. 56, éd. Selden.

- Cùm adolescentula es?em et sub amitae mère Chrislianae... virga paverem, illa servandi corporis nui causa, contra l'urentem el cujusqiu: pudori... insidianlem Normannorum libidinem, nigriiin panniculum capiti meo superponere... solebat. (Eadmeri Hist. nov., p. 56 el 57, ecl. Selden.)

1102. chester. Des témoins cités devant ce concile confirmèrent la vérité des paroles de la jeune fille. Deux archidiacres normands, Guillaume et Humbault, furent envoyés au monastère où Mathilde avait été élevée, et déposèrent que la voix publique, ainsi que le témoignage des sœurs , était d'accord avec sa déclaration ' . Au moment où rassemblée allait délibérer, l' archevêque Anselme se retira pour n'être point suspect d'exercer la moindre influence ; et, quand il revint, celui qui portait la parole au nom de tous énonça en ces termes la décision commune : « Nous pensons que « la jeune fille est libre , et peut disposer de son corps , « nous autorisant du jugement rendu , dans une semblable « cause , par le vénérable Lanfranc , au temps où les fem- « mes saxonnes, réfugiées dans les monastères par crainte « des soldats du grand Guillaume , réclamèrent leur li- « berté 2. »

L'archevêque Anselme répondit qu'il adhérait pleinement à cette décision , et peu de jours après il célébra le mariage du roi normand et de la nièce du dernier roi de race anglaise ; mais avant de prononcer la bénédiction nuptiale, voulant dissiper tous les soupçons et désarmer la malveillance, il monta sur une estrade devant la porte de l'église, et exposa au peuple assemblé tout le débat et la décision des évêques. Ces faits sont racontés par un témoin oculaire , par Edmer, Saxon de naissance et moine de Canterbury.

U02 Toutes ces précautions ne purent vaincre ce que l'histoà rien Edmer appelle la malice de cœur de certains hommes3, c'est-à-dire la répugnance de beaucoup de Normands con-

1 Eadmeri Hist. nov., p. 57, éd. Selden.

2 Voyez livrer, t. II, p. MO.

;i Eadmeri Hist. nov., p. 57 el seq., éd. Selden,

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