Voyez la note 2 de la page 39 du 1er vuluir.t
avait poiut de bœufs • en Amérique avant sa découverte a ; qu'il n'y a que ceux qui n'ont pas assez réfléchi sur la constitution du climat de l'Amérique qui ont cru qu'on pouvait regarder comme très-nouveaux les peuples de ce continent*; qu'au delà du quatrevingtième degré de latitude, des êtres constitués comme nous ne sauraient respirer pendant les douze mois de l'année, à cause de la densité de l'atmosphère « ; que les Patagons sont d'une taille pareille à celle des Kuropéens, etc. d; mais il est inutile de faire un plus long dénombrement de tous les faits faux ou suspects que cet auteur s'est permis d'avancer avec une confiance qui indisposera tout lecteur ami de la vérité.
L'imperfection de nature qu'il reproche gratuitement à l'Amérique en général ne doit porter que sur les animaux de la partie méridionale de ce continent, lesquels se sont trouvés bien plus petits* et tousdiftérents s de ceux des parties méridionales de l'ancien continent :
« Et cette imperfection, comme le dit très-bien le judicieux4 et éloquent auteur de « VHistoire des deux Indes, ne prouve pas la nouveauté de cet hémisphère, mais sa « renaissance; il a du être peuplé dans le même temps que l'ancien, mais il a pu être « submergé plus tard ; les ossements d'éléphants, de rhinocéros, que l'on trouve en « Amérique, prouvent que ces animaux y ont autrefois habité «. »
Il est vrai qu'il y a quelques contrées de l'Amérique méridionale, surtout dans les parties basses du continent, telles que la Guyane, l'Amazone, les terres basses de l'Isthme, etc., où les naturels du pays paraissent être moins robustes que les Européens ; mais c'est par des causes locales et particulières. A Carthagène, les habitants, soit Indiens, soit étrangers, vivent pour ainsi dire dans un bain chaud pendant six mois de l'été; une transpiration trop forte et continuelle leur donne la couleur pâle et livide des malades. Leurs mouvements se ressentent de la mollesse du climat , qui relâche les fibres. On s'en aperçoit même par les paroles, qui sortent de leur bouche à voix basse et par de longs et fréquents intervalles /. Dans la partie de l'Amérique, située sur les bords de l'Amazone et du Napo, les femmes ne sont pas fécoudes et leur stérilité augmente lorsqu'on les fait changer de climat; elles se font néanmoins avorter assez souvent. Les hommes sont faibles et se baignent trop fréquemment pour pouvoir acquérir des forces ; le climat n'est pas sain et les maladies contagieuses y sont fréquentes 9 Mais on doit regarder ces exemples comme des exceptions, ou, pour mieux dire, des différences communes aux deux continents; car, dans l'ancien, les hommes des montagnes et des contrées élevées sont sensiblement plus forts que les habitants des cotes et des autres terres basses. En général , tous les habitants de l'Amérique septentrionale et ceux des terres élevées dans la partie méridionale, telles que le nouveau Mexique, le Pérou, le Chili, etc., étaient des hommes peut-être moins agissants, mais aussi robustes que les Kuropéens. Nous savons par un témoignage respectable, par le célèbre Franklin,
a. Recherchée sur les Américains, p. 133. [>. Idem, ibidem, p. 238.
c. Idem , ibidem , p. 296.
d. Idem, ibidem, , t. 1, p. 8S1.
t. Histoire philosophique et polit que , t. VI , p, 292.
f. Idem, ibidem., t. III, p. 292.
g. Idem , ibidem , p. 515.
1. il \ i le bison et le besuf musqué, mail il n'y avait point notre boeuf.
i. Voyez mes notes sur les Époques de la nature.
3 \ oyez , plus loin , le chapitre de Buflbn sur les anim mv propres à chacun des deux rou-
tuunts.
\, Judicieux n'est pu L'épithète qui semble convenir le mieux l Raynalj nulsoa qu'il dit loi esl tri i-jndii ienx
qu'en vingt-huit ans la population, sans secours étrangers, s'est doublée à Philadelphie; j'ai donc bien de la peine à me rendre à une espèce d'imputation que M. Kalm fait à cette heureuse contrée. Il dit ° qu'à Philadelphie on croirait que les hommes ne sont pas de la même nature que les Européens.
« Selon lui, leur corps et leur raison sont bien plus tôt formés : aussi vieillissent-ils < de meilleure heure. 11 n'est pas rare d'y voir des enfants répondre avec tout le bon « sens d'un âge mûr, mais il l'est d'y trouver des vieillards octogénaires. Cette der- « nière observation ne porte que sur les colons; car les anciens habitants parvien- « nent à une extrême vieillesse, beaucoup moins pourtant depuis qu'ils boivent des « liqueurs fortes. Les Européens y dégénèrent sensiblement. Dans la dernière guerre, « l'on observa que les enfants des Européens, nés en Amérique, n'étaient pas en état de « supporter les fatigues de la guerre et le changement de climat comme ceux qui avaient « été élevés en Europe Dès 1 âge de trente ans les femmes cessent d'y être fécondes. »
Dans un pays où les Européens multiplient si promptement , où la vie des naturels du pays est plus longue qu'ailleurs, il n'est guère possible que les hommes dégénèrent, et je crains que cette observation de M. Kalm ne soit aussi mal fondée que celle de ces serpents qui , selon lui , enchantent les écureuils et les obligent par la force du charme de venir tomber dans leur gueule '.
On n'a trouvé que des hommes forts et robustes en Canada et dans toutes les autres outrées de l'Amérique septentrionale; toutes les relations sont d'accord sur cela; les Californiens, qui ont été découverts les derniers, sont bien faits et fort robustes; ils sont plus basanés que les Mexica ns, quoique sous un climat plus tempéré b ; mais cette différence provient de ce que les côtes de la Californie sont plus basses que les parties montagneuses du Mexique, où les habitants ont d'ailleurs toutes les commodités de la vie qui manquent aux Californiens.
Au nord de la presqu'île de Californie , s'étendent de vastes terres découvertes par Drake en 1578, auxquelles il a donné le nom de Nouvelle-Albion, et au delà des terres découvertes par Drake , d'autres terres dans le même continent , dont les côtes ont été vues par Martin d'Aguilar en 1603. Cette région a été reconnue depuis en plusieurs endroits des côtes du quarantième degré de latitude jusqu'au soixante-cinquième, c'està-dire à la même hauteur que les terres de Kamtschatka, par les capitaines Tschirikow et Behring : ces voyageurs russes ont découvert plusieurs terres qui s'avancent au delà vers la partie de l'Amérique qui nous est encore très-peu connue. M. Krassinikoff, professeur à Pétersbourg, dans sa description de Kamtschatka, imprimée en 1749, rapporte les faits suivants :
« Les habitants de la partie de l'Amérique la plus voisine de Kamtschatka sont aussi <• sauvages que les Koriaques ou les Tsuktschi ; leur stature est avantageuse; ils ont les « épaules larges et rondes, les cheveux longs et noirs, les yeux aussi noirs que le jais, les « lèvres grosses, la barbe faible et le cou court. Leurs culottes et leurs bottes, qu'ils font « de peaux de veaux marins, et leurs chapeaux faits de plantes pliées en forme de parasols, « ressemblent beaucoup à ceux des Kamtsehadales. Ils vivent comme eux de poisson , « de veaux marins et d'herbes douces qu'ils préparent de même ; ils font sécher I'écorce « tendre du peuplier et du pin, qui leur sert de nourriture dans les cas de nécessité ; ces
a. Voyage en Amérique , par M. Kalm. Journal étranger, juillet 1761. 6. Histoire philosophique et politique, t. M, p. 312.
1. « Le serpent à sonnettes fait sa principale nourriture d'oiseaux , d'écureuils , etc. On a cru « longtemps qu'il avait le pouvoir de les engourdir par son haleine ou même de les charmer, « c'est-à-dire de les contraindre par son seul regard à tomber dans sa gueule. 11 parait qu'il iui « arrive seulement de les saisir dans les mouvements désordonnés que la frayeur de son aspect u leur inspire. » ( Cuvier : Règne animal, t. II , p. 88. )
28s ADDITIONS
» mêmes usages sont connus, non-seulement à Kamtchatka , mais aussi dans toute la « Sibérie et la Russie jusqu'à Viatka; mais les liqueurs spiritueuses et le tabac ne sont « point connus dans cette partie nord-ouest de l'Amérique, preuve certaine que les habi- « tants n'ont point eu précédemment de communication avec les Européens. Voici, « ajoute M. Krassinikoff, les ressemblances qu'on a remarquées entre les Kamtscha- « dales et les Américains :
« 1° Les Américains ressemblent aux Kamtschadales par la figure;
« 2° Ils mangent de l'herbe douce de la même manière que les Kamtschadalcs, « chose qu'on u'a point remarquée ailleurs;
« 3° Ils se servent de la même machine de bois pour allumer le feu ;
« 4° On a plusieurs motifs pour imaginer qu'ils se servent de haches faites de pierres
• ou d'os; et ce n'est pas sans fondement que Steller imagine qu'ils avaient autrefois « communication avec le peuple de Kamtschatka;
« 5" Leurs habits et leurs chapeaux ne diffèrent aucunement de ceux des Kamt- « schadales;
« 6° Ils teignent les peaux avec le jus de l'aune, ainsi que cela est d'usage à Kamt- « schatka;
« 7° Ils portent pour armes un arc et des flèches; on ne peut pas dire comment l'arc « est fait, car jamais on n'en a vu ; mais les flèches sont longues et bien polies : ce qui « fait croire qu'ils se servent d'outils de fer » (Nota. Ceci paraît être en contradiction avec l'article 4.);
<> 8" Ces Américains se servent de canots faits de peaux, comme les Koriaki et Tsuk- « tsctai, qui ont quatorze pieds de long sur deux de haut : les peaux sont de chiens « marins, teintes d'une couleur rouge; ils se servent d'une seule rame avec laquelle ils « vont avec tant de vitesse que les vents contraires ne les arrêtent guère, même quand « la mer est agitée. Leurs canots sont si légers qu'ils les portent d'une seule main;
« 9" Quand les Américains voient sur leurs côtes des gens qu'ils De connaissent point, « ils rament vers eux et font un grand discours; mais on ignore si c'est quelque charme « ou une cérémonie particulière usitée parmi eux à la réception des étrangers, car l'un <■ et l'autre usage se trouvent aussi chez les Kiniles. Avant de s'approcher ils se pei- « gnent le visage avec du crayon noir, et se bouchent les narines avec quelques herbes.
• Quand ils ont quelque étranger parmi eux, ils paraissent affables et veulent converser « avec lui, sans détourner les yeux de dessus les siens. Ils le traitent avec beaucoup de « soumission et lui présentent du gras de baleine , et du plomb noir avec lequel ils se « barbouillent le visage, sans doute parce qu'ils croient que ces choses son! aussi <• agréables aux étrangers qu'à eux-mêmes °. »
J'ai cru devoir -apporter ici tout ce qui est parvenu à ma connaissance de ces peuples septentrionaux de la partie occidentale du nord de l'Amérique, mais j'imagine que les voyageurs russes, qui ont découvert ces teins en arrivant par les mers BU delà de Kamtschatka, ont donné des descriptions plus précises de celle contrée, à laquelle il semble
qu'on pourrait égale nt arriver par l'autre côté, c'est-à-dire par la haie d'Hudson ou
par celle de Baffln. Cette voie o cependant été vainement tentée par la plupart des nations commerçantes, et surtout par les Anglais .■! les Danois; et il est à présumer que ce sera
par l'orient qu'on achèvera l.i découverte de l'occident, soit en parlant de KamtschatKa, ""il en remontant du Japon OU des iles des Durons, vers le nord et le nord-est ( ar
l'on peut présumer, par plusieurs raisons que j'ai rapportées ailleurs, que les deux con -
liiicnls sont COntigUS, OU du moins 1res voisins vers le nord ;i l'orient de l'Asie
Je n'ajouterai rien à ce que j'ai dit des Esquimaux, nom sous lequel on comprend tous a Journal étrang$r, mois de novembre 17C!
les sauvages qui se trouvent depuis la terre de Labrador jusqu'au nord de l'Amérique, tt dont les terres se joignent probablement à celles du Groenland. On a reconnu que les Esquimaux ne diffèrent en rien des Groënlandais, et je ne doute pas, dit M. P., que les Danois, en s'approchant davantage du pôle , ne s'aperçoivent un jour que les Esquimaux et les Groënlandais communiquent ensemble. Ce même auteur présume que les Américains occupaient le Groenland avant l'année 700 de notre ère, et il appuie sa conjecture sur ce que les Islandais et les INorwégiens trouvèrent, dès le vme siècle, dans le Groenland des habitants qu'ils nommèrent Skralins. Ceci me paraît prouver seulement que le Groenland a toujours été peuplé, et qu'il avait comme toutes les autres contrées de la terre ses propres habitants, dont l'espèce ou la race se trouve semblable aux Esquimaux, aux Lapons, aux Samoïèdes et auxKoriaques, parce que tous ces peuples sont sous la même zone, et que tous en ont reçu les mêmes impressions. La seule chose singulière qu'il y ait par rapport au Groenland, c'est, comme je l'ai déjà observé, que cette partie <le la terre ayant été connue il y a bien des siècles, et même habitée par des colonies de Norwége du coté oriental qui est le plus voisin de l'Europe , cette même côte est aujourd'hui perdue pour nous, inabordable par les glaces, et quand le Groenland a été une seconde fois découvert dans des temps plus modernes , cette seconde découverte s'est faite par la côte d'occident qui fait face à l'Amérique, et qui est la seule que nos vaisseaux fréquentent aujourd'hui.
Si nous passons de ces habitants des terres arctiques à ceux qui, dans l'autre hémisphère, sont les moins éloignés du cercle antarctique , nous trouverons que sous la latitude de cinquante à cinquante-cinq degrés les voyageurs disent que le froid est aussi grand et les hommes encore plus misérables que les Groënlandais ou les Lapons, qui néanmoins sont de vingt degrés, c'est-à-dire de six cents lieues plus près de leur pôle.
« Les habitants de la Terre-de-Feu, dit M. Cook, logent dans des cabanes faites gros- « sièrement avec des pieux plantés en terre, inclinés les uns vers les autres par leurs « sommets, et formant une espèce de cône semblable à nos ruches. Elles sont recou- <• vertes du côté du vent par quelques branchages et par une espèce de foin. Du côté « sous le vent, il y a une ouverture d'environ la huitième partie du cercle , et qui sert « de porte et de cheminée... Un peu de foin répandu à terre sert tout à la fois de sièges « et de lits. Tous leurs meubles consistent ^n un panier à porter à la main, un sac pen- « dant sur leur dos, et la vessie de quelque animal pour contenir de l'eau.
« Ils sont d'une couleur approchante de la rouille de fer mêlée avec de l'huile ; ils ont « de longs cheveux noirs : les hommes sont gros et mal faits ; leur stature est de cinq
pieds huit à dix pouces, les femmes sont plus petites et ne passent guère cinq pieds ; « toute leur parure consiste dans une peau de guanaque (lama) ou de veau marin jetée « sur leurs épaules dans le même état où elle a été tirée de dessus l'animal , un mor- « ceau de la même peau qui leur enveloppe les pieds et qui se ferme comme une bourse « au-dessus de la cheville, et un petit tablier qui tient lieu aux femmes de la feuille de 9 figuier. Les hommes portent leur manteau ouvert ; les femmes le lient autour de la
ceiuture avec une courroie ; mais quoiqu'elles soient à peu près nues, elles ont un •< grand désir de paraître belles ; elles peignent leur visage, les parties voisines des yeux -•< communément en blanc, et le reste en lignes horizontales rouges et noires ; mais tous ■■' les visages sont peints différemment.
a Les hommes et les femmes portent des bracelets de grains, tels qu'ils peuvent les - faire avec de petites coquilles et des os ; les femmes en ont un au poignet et au bas de ' la jambe ; les hommes au poignet seulement.
« Il paraît qu'ils se nourrissent de coquillages; leurs côtes sont néanmoins abondantes « en veaux marins, mais ils n'ont point d'instruments pour les prendre. Leurs armes II. 19
. iXs le/coquilljges étant une fo« jpu.s ^s » ^ ^ rf
. obligés d'aller s'établir a. leur s; ■ d plu ils ^ ^ p,us ^pides des
: s-ris ; £»"?«*■ - — s y ont p" au ■*-■
• ££ p'ar ce réel, qu'il fait - « -^S^ £"£
appelée que pour quelques volcans qu on vusd ^ e dpgre „ qu flquCS
Zve des glaces clans ces mers aus aies de s le q ^ auslral ne sort plu
endroits, et en général on ne peut guer ^ * de et aussl pal,.eq
froid que le boréal, parce que le soleil 3 1 ait m de terre , taml., que
cet hémisphère austral est concède h uco 1 „.„ „ 5oit, ^ hoirnr^
notre hémisphère ^réal presen plus d et q i ^ ^ ^ .,s vi t plus „ « -
de la Terre-de-Feu, où l'on prétend que le no » ^ les diraeMl0„> du
rablement qu'en aucun ^«/V^^rqueks Lagons, lesquels, déduction la.., corps : et comme ils n'ont d'autres ^JJ^ t0J ,es hommes connus, on don de outes les exagérations , sont les plu^g J-jJ*^ puisque ses impressions sur présumer que ce froid du continent «*»»«" ° YU r ,es observations Citées 'espèce humaine ne se sont pas "J^J0^^ Cingt degrés plus voisine du précédemment, que dans la Nouvelle-Zemble , qu. e 6 ^ ^ ^ e
pôle arctique que la Terre-de-Feu ne 1 ** U-gg» ^ brouillavds qui fait ;nr ce n'est pas la rigueur du froid, mais lu nu ^ ks ^ mv
les hommes : il en doit être de *^*«£j ™ dal,slolllcs les saisons, et le rendre des mers australes, où la brume "J^^.1^ pat le seul fait de la difiérenc encore plus malsain que froid; cela me parait 10 tous le, hoimnes des
des vêtements; les Lapons les Groenl ntojj» ^ ^ ^^ ^ contrées vraiment froides a ïexce , se co vr nt ^ ^ ^ 1S e
les habitants de la Terre-de-Feu et de .celles d» d«*o ^ ^ d
avec une simple couverture sur ^^^doit V être plus grande, et c'est tres dans les terres arctiques mais »«JJ»* ' \^M f n ,u, les deux Européens dont probablement cette humidité qui a fait périt,
parle M. Cook.
insulaire» de la mer du Sud.
! !«.« toutes les îles nouvellement déCOU-
A l'égard des peuplades qui se son. trouvées < . DS ^ rapp0Tter(ms
u.r,,s dans la mer du Sud et sur les terres duc ^ démontret que
Cernent ce qu'en ont dit les voyageurs don ^ — ^ noUS
les hommes de nos antipodes son», comme ta > ^ d,avoir dégénéré.
et qu'on ne doil pas plUS les accnsc rta « " £ ^ ^ lllillllU, .Utude 1(;m, lca nesde la mer ^JJ^JàS de longitude ouest du méridien de
s„d , el | ceni quarante-cinq degjfe qu « ,s Mmés lK, piqM8 de e«e
Londres, le commodore Byrond. a vo rouvé ^ ^ (;,s hommes son! d une
pied, au moins de longueur, qu ils agiuient ^d un i t ^ Ull al (1
Lleur basanée , bien proportionna dans h ur t P ^ ^ flM ,lommcs ,,
vigueur une grande agilité; je ne sache pas, au « .
... Voyag tourte* I. , par M. Cook , t. n , p.
légers à la course. Dans plusieurs autres îles de cette même mer, et particulièrement dans celles qu'il a nommées îles du prince de Galles , situées à quinze degrés latitude sud, et cent cinquante et un degrés cinquante-trois minutes longitude ouest; et dans une autre à laquelle son équipage donna le nom d'île Byron, située à dix-huit degrés dix-huit minutes latitude sud, et cent soixante-treize degrés quarante-six minutes de longitude , ce voyageur trouva des peuplades nombreuses. Ces insulaires , dit-il , sont d'une taille avantageuse, bien pris et bien proportionnés dans tous leurs membres, leur teint est bronzé, mais clair, les traits de leur visage n'ont rien de désagréable : on y remarque un mélange d'intrépidité et d'enjouement dont on est frappé; leurs cheveux, qu'ils laissent croître, sont noirs; on en voit qui portent de longues barbes, d'autres qui n'ont que des moustaches, et d'autres un seul petit bouquet à la pointe du menton «.
Dans plusieurs autres îles, toutes situées au delà de l'équateur, dans cette même mer, le capitaine Carteret dit avoir trouvé des hommes en très-grand nombre , les uns dans des espèces de villages fortifiés de parapets de pierre, les autres en pleine campagne, mais tous armés d'arcs , de flèches ou de lances et de massues, tous très- vigoureux et fort agiles; ces hommes vont nus ou presque nus, et il assure avoir observé dans plusieurs de ces îles, et notamment dans celles qui se trouvent à onze degrés dix minutes latitude sud , et à cent soixante-quatre degrés quarante-trois minutes de longitude , que les naturels du pays ont la tête laineuse comme celle des Nègres, mais qu'ils sont moins noirs que les Nègres de Guinée. Il dit qu'il en est de même des habitants de l'île d'Egmont, qui est à dix degrés quarante minutes latitude sud, et à cent soixante degrés quarante-neuf minutes de longitude, et encore de ceux qui se trouvent dans les iîes découvertes par AbelTasman, lesquelles sont situées à quatre degrés trente-six minutes latitude sud, et cent cinquante-quatre degrés dix-sept minutes de longitude. Elles sont, dit Carteret, remplies d'habitants noirs qui ont la tête laineuse comme les nègres d'Afrique. Dans les terres de la Nouvelle-Bretagne il trouva de même que les naturels du pays ont de la laine à la tête comme les Nègres, mais qu'ils n'en ont ni le nez plat ni les grosses lèvres. Ces derniers , qui paraissent être de la même race que ceux des îles précédentes , poudrent leurs cheveux de blanc et même leur barbe. J'ai remarqué que cet usage de la poudre blanche sur les cheveux se trouve chez les Papous, qui sont aussi des Nègres assez voisins de ceux de la Nouvelle-Bretagne. Cette espèce d'hommes noirs à tête laineuse semble se trouver dans toutes les îles et terres basses , entre l'équateur et le tropique, dans la mer du Sud. Néanmoins, dans quelques-UDes de ces îles, on trouve des hommes qui n'ont plus de laine sur la tête et qui sont couleur de cuivre, c'est-à-dire, plutôt rouges que noirs, avec peu de barbe et de grands et longs cheveux noirs ; ceux-ci ne sont pas entièrement nus comme les autres dont nous avons parlé ; ils portent une natte en forme de ceinture, et quoique les îles qu'ils habitent soient plus voisines de l'équateur, il paraît que la chaleur n'y est pas aussi grande que dans toutes les terres où les hommes vont absolument nus , et où ils ont en même temps de la laine au lieu de cheveux b.
« Les insulaires d'Otahiti (dit Samuel Wallis) sont grands, bien faits, agiles, dispos et « d'une figure agréable. La taille des hommes est en général de cinq pieds sept pouces "
cinq pieds dix pouces ; celle des femmes est de cinq pieds six pouces. Le teint de
hommes est basané , leurs cheveux sont noirs ordinairement , et quelquefois bruns ! « roux ou blonds, ce qui est digne de remarque, parce que les cheveux de tous les « naturels de l'Asie méridionale, de l'Afrique et de l'Amérique sont noirs ; les enfanta a des deux sexes les ont ordinairement blonds. Toutes les femmes sont jolies, et quel-
a. Voyage autour du monde , par le commodore Byron , t. I , chap. vin et
b. Voyage autour du monde, par Carteret, chap. îv, v et vu.
k ques-unes d'une très-grande beauté. Ces insulaires ne paraissent pas regarder la con- « tinence comme une vertu , puisque leurs femmes vendent leurs faveurs librement en « public. Leurs pères, leurs frères les amenaient souvent eux-mêmes, lis connaissent « le prix de la beauté, car la grandeur des clous qu'on demandait pour la jouissance « d'uue femme était toujours proportionnée à ses charmes. L'habillement des hommes « et des femmes est fait d'une espèce d'étoffe blanche a qui ressemble beaucoup au gros « papier de la Chine; elle est fabriquée, comme le papier, avec le liber ou écorce inté- « rieure des arbres qu'on a mise en macération. Les plumes , les fleurs , les coquillages « et les perles, font partie de leurs ornements : ce sont les femmes surtout qui portent « les perles. C'est un usage reçu pour les hommes et pour les femmes de se peindre les « fesses et le derrière des cuisses avec des lignes noires très-serrées, et qui représentent « différentes figures. Les garçons et les filles au-dessous de douze ans ne portent point « ces marques. »
« 11 se nourrissent de cochons, de volailles, de chiens et de poissons qu'ils font cuire, « Ae/ruits à pain ', de bananes, d'ignames, et d'un autre fruit aigre qui n'est pas bon « en lui-même, mais qui donne un goût fort agréable au fruit à paiu grillé, avec lequel « ils le mangent souvent. Il y a beaucoup de rats dans l'île, mais ou ne leur en a point <• vu manger. Ils ont des filets pour la pêche. Les coquilies leur serveut de couteaux. « Ils n'ont point de vases ni poteries qui aillent au feu. Il parait qu'ils n'ont point « d'autre boisson que de l'eau. »
M. de Bougainvillenousa donné des connaissances encore plus exactes sur ces habitants de l'île d'Otahiti ou ïaïti. Il parait, par tout ce qu'en dit ce célèbre voyageur, que les Taïtiens parviennent à une grande \ ieillessse sans aucune incommodité et saus perdre la finesse de leurs sens.
« Le poisson et les végétaux , dit-il , sont leurs principales nourritures; ils mangent o rarement de la viande ; les enfants et les jeunes filles n'en mangent jamais ; ils ne boi- « vent que de l'eau, l'odeur du vin et de l'eau-de-vie leur donne de la répugnance ; ils « en témoignent aussi pour le tabac, pour les épiceries et pour toutes les choses fortes.
« Le peuple de Taïti est composé de deux races d'hommes très-différentes, qui cepen- « dant ont la même langue, les mêmes mœurs, et qui paraissent se mêler ensemble sans
■ distinction. La première, et c'est la plus nombreuse, produit des hommes de la plus « grande taille : il est ordinaire d'en voir de six pieds et plus; ils sont bien faits et bien « proportionnés. Rien ne distingue leurs traits de ceux des Européens, et s'ils étaient « vêtus, s'ils vivaient moins à l'air et au grand soleil, ils seraient aussi blancs que nous; « en général leurs cheveux sont noirs.
« La seconde race est d'une taille médiocre, avec les cheveux crépus et durs comme
« du crin , la couleur et les traits peu différents de ceux des mulâtres; les uns et les
autres se laissent croître la partie inférieure de la barbe; mais ils ont tous les moustaches et le haut des joues rasés; ils laissent aussi toute leur longueur aux ongles,
cepté à celui du doigl du milieu de la main (Imite Ils ont riiahilude de s'oindre les
chev< u\ ainsi que la barbe avec l h m le de coco. La plupart vonl nus sans autre vête-
■ ment qu'une ceinture qui leur couvre les parties naturelles; cependant les principaux s'enveloppent ordinairement dans une grande pièce d'étoffe qu'ils laissent tomber jusqu'aux genOUX; c'est ;iussi le seul hahilleinenl des femmes : comme elles ne vont
« jamais au Boleil sans être couvertes, et qu'un petit chapeau de canne garni de Heurs
• détend leur visage de ses î avons, elles sont he.iueoiip plus blanches que les hommes; « elle ont le, traits a^sc/. délicats ; mais ce qui les distingue c'est la heaute de leur
a. On peut voir au Cabinet du Roi une toili tti t attire d'une femme d'Otahiti
i . .1 ■ ■ i f ■ i - 1 i !' uilli i coupéei artocarjnu ce tëa),
« taille et les contours de leur corps, qui ne sont pas déformés comme en Europe par « quinze ans de la torture du maillot et des corps.
« Au reste, tandis qu'en Europe les femmes se peignent en rouge les joues , celles de « Taïti se peignent d'un bleu foncé les reins et les fesses; c'est une parure et en même « temps une marque de distinction. Les hommes ainsi que les femmes ont les oreilles « percées pour porter des perles ou des fleurs de toute espèce ; ils sont de la plus grande « propreté et se baignent sans cesse. Leur unique passion est l'amour : le grand nombre « de femmes est le seul luxe des riches a. »
Voici maintenant l'extrait de la description que le capitaine Cook donne de cette même île d'Otahiti et de ses habitants ; j'en tirerai les faits qu'on doit ajouter aux relations du capitaine Wallis et de M. de Bougainville, et qui les confirment au point de n'en pouvoir douter.
« L'île d'Otahiti est environnée par un récif de rochers de corail b. Les maisons n'y « forment pas de villages; elles sont rangées à environ cinquante verges les unes des « autres; cette île, au rapport d'un naturel du pays, peut fournir six mille sept cents « combattants.
« Ces peuples sont d'une taille et d'une stature supérieure à celle des Européens. Les « hommes sont grands, forts, bien membres et bien faits. Les femmes d'un rang dis- « tingué sont, en général, au-dessus de la taille moyenne de nos Européennes; mais « celles d'une classe inférieure sont au-dessous, et quelques-unes même sont très-petites, « ce qui vient peut-être de leur commerce prématuré avec les hommes.
« Leur teint naturel est un brun clair ou olive; il est très-foncé dans ceux qui sont « exposés à l'air ou au soleil. La peau des femmes d'une classe supérieure est délicate, <• douce et polie; la forme de leur visage est agréable, les os des joues ne sont pas « élevés; ils n'ont point les yeux creux, ni le front proéminent; mais, en général, ils ont « le nez un peu aplati ; leurs yeux, et surtout ceux des femmes, sont pleins d'expres- « siou , quelquefois étincelants de feu ou remplis d'une douce sensibilité ; leurs dents « sont blanches et égales, et leur haleine pure.
« Ils ont les cheveux ordinairement raides et un peu rudes : les hommes portent leur « barbe de différentes manières; cependant ils en arrachent toujours une très-grande « partie, et tiennent le reste très-propre. Les deux sexes ont aussi la coutume d'épiler « tous les poils qui croissent sous les aisselles. Leurs mouvements sont remplis de « vigueur et d'aisance, leur démarche agréable, leurs manières nobles et généreuses, « et leur conduite entre eux et envers les étrangers affable et civile. Il semble qu'ils « sont d'un caractère brave , sincère , sans soupçon ni perfidie , et sans penchant à la « vengeance et à la cruauté; mais ils sont adonnés au vol. On a vu dans celte île des « personnes dont la peau était d'un blanc mat; ils avaient aussi les cheveux, la barbe, « les sourcils et les cils blancs , les yeux rouges et faibles, la vue courte, la p au tei- « gneuse et revêtue d'une espèce de duvet blanc; mais il paraît que ce sont de mal- « heureux individus rendus anomaux par maladies.
« Les flûtes et les tambours sont leurs seuls instruments : ils font peu de cas de la « chasteté; les hommes offrent aux étrangers leurs sœurs ou leurs filles par civilité ou
en forme de récompense. Ils portent la licence des mœurs et de la lubricité à un point i que les autres nations , dont on a parlé depuis le commencement du monde jusqu'à « présent, n'avaient pas encore atteint.
» Le mariage chez eux n'est qu'une convention entre l'homme et la femme dont le.-
a. Voyage autour du monde , par M. do Bougainville, t. II, in-8\ p. 75 et suiv.
b. Cette expression, ro 'lier de corail , ne signifie autre chose qu'une roche rongeâtre comme le granit.
« prêtres ne se mêlent point. Ils ont adopté la circoncision sans autre motif que celui « de la propreté; cette opération, à proprement parler, ne doit pas cire appelée circon- « cision, parce qu'ils ne fout pas au prépuce une amputation circulaire; ils le tendent « seulement à travers la partie supérieure, pour empêcher qu'il ne se recouvre sur le « gland, et les prêtres seuls peuvent faire cette opération a. »
Selon le même voyageur, les habitants de l'île ïluaheine , située à seize degrés quarante-trois minutes latitude sud et à cent cinquante degrés cinquante-deux minutes longitude ouest, ressemblent beaucoup aux Otabitiens pour la figure, l'habillement, le langage et toutes les autres habitudes. Leurs habitations, ainsi qu'à Otahiti, sont composées seulement d'un toit soutenu par des poteaux. Dans cette île, qui n'est qu'à trente lieues d'Otahiti, les hommes semblent être plus vigoureux et d'une stature encore plus grande : quelques-uns ont jusqu'à six pieds de haut et plus; les femmes y sont trèsjolies. Tous ces insulaires se nourrissent de cocos, d'ignames, de volailles, de cochons, qui y sont en grand nombre. Et ils parlent tous la même langue, et cette langue des îles de la mer du Sud s'est étendue jusqu'à la Nouvelle-Zélande.
Habitants des terres Australes.
Pour ne rien omettre de ce que l'on connaît sur les terres australes , je crois devoir donner ici par extrait ce qu'il y a de plus avéré dans les découvertes des voyageurs qui ont successivement reconnu les côtes de ces vastes contrées, et finir par ce qu'eu a dit M. Cook qui, lui seul , a plus fait de découvertes que tous les navigateurs qui l'ont orécédé
Il paraît, par la déclaration que fil Gonnevillc eu 1503 à l'amirauté 6, que l'Australasie est divisée en petits cantons gouvernés par des rois absolus, qui se font la guerre et qui peuvent mettre jusqu'à cinq ou six cents hommes en campagne; mais Gonneville ne donne ni la latitude, ni la longitude de cette terre dont il décrit les habitants.
Par la relation de Fernand de Quiros, on voit que les Indiens de l'Ile appelée lie de la Belle-Nation par les Espagnols, laquelle est située à treize degrés de latitude sud, ont à peu près les mêmes mœurs que les Otabitiens; ces insulaires sont blancs, beaux et très-bien faits; on ne peut même trop s'étonner, dit-il, de la blancheur extrême de ce peuple dans un climat où l'air et le soleil devraient les hàler et noircir; les femmes i ffaceraient nos beautés espagnoles si elles étaient panes; elles sont vêtues de la ceinture en bas de fine natte de palmier, et d'un petit manteau de même étoffe sur les i paules
Sur la côte orientale de la Nouvelle-Hollande, que Fernand de Quiros appelle terre du Saint-Esprit, il dit avoir aperçu dv> habitants de trois couleurs, les uns tout noirs, les autres fort blancs à cheveux et à barbe rouges, les autres mulâtres, ce oui l'étonna fort, et lui parut un indice de la grande étendue de eetie contrée, fernand de Quiros
avail bien raison, car par les nouvelles découvertes du grand navigateur M. Cook, l'on est maintenant assuré que Cette contrée delà Nouvelle Hollande est aussi (tendue que
l'Europe entière. Sur la même côte, à quelque distance, Quiros vit une autre nation de
plus haule taille cl d'une couleur plus grisâtre, avec laquelle il ne lut pas possible de Conférer ; ils venaient en troupes décocher des Qèches sur les Espagnol!, et on ne pourail les faire retirer qu'à coups de mousquet d .
a. i oyagt autour <iu monde , p n le capitaine Cook , 1. 1 1 , i hap. svii 1 1 ivui.
b. fUetoired* m aux terret auttrakt , par M. de D ,' [, p. lOBetinlv.
• . Idem, i. i , p. us.
d. Idem, t. I , p. BW, B97 et 884.
« Abel Tasman trouva dans les terres voisines d'une baie dans la Nouvelle Zélande, à <• quarante degrés cinquante minutes latitude sud, et cent quatre-vingt-onze degrés qua « rante-une minutes de longitude, des habitants qui avaient la voix rude et la taille « grosse... Ils étaient d'une couleur entre le brun et le jaune, et avaient les cheveux « noirs, à peu près aussi longs et aussi épais que ceux des Japonais, attachés au soni-
« met de la tête avec une plume longue et épaisse au milieu Ils avaient le milieu
« du corps couvert, les uns de nattes, les autres de toile de coton ; mais le reste du corps ' était nu. »
J'ai donué, dans le troisième volume de mon ouvrage, les découvertes de Dampierre et de quelques autres navigateurs au sujet de la Nouvelle-Hollande et de la Nouvelle- Zélande; la première découverte de cette dernière terre australe a été faite en 1642 par Abel Tasman et Diemen, qui ont donné leurs noms à quelques parties des côtes, mais toutes les notions que nous en avions étaient bien incomplètes avant la belle navigation de M. Cook.
« La taille des habitants de la Nouvelle-Zélande, dit ce grand voyageur, est en géné- « rai égale à celle des Européens les plus grands , ils ont les membres charnus, forts et « bien proportionnés ; mais ils ne sont pas aussi gras que les oisifs insulaires de la mer « du Sud. Us sont alertes, vigoureux et adroits des mains; leur teint est en général « brun ; il y en a peu qui l'aient plus foncé que celui d'un Espagnol qui a été exposé au « soleil, et celui du plus grand nombre l'est beaucoup moins. »
Je dois observer, en passant, que la comparaison que fait ici M. Cook des Espaguols aux Zélandais, est d'autant plus juste que les uns sont à très-peu près les antipodes des autres
« Les femmes , continue M. Cook , n'ont pas beaucoup de délicatesse dans les traits , « néanmoins leur voix est d'une grande douceur ; c'est par là qu'on les distingue des « hommes, leurs habillements étant les mêmes : comme les femmes des autres pays, « elles ont plus de gaieté, d'enjouement et de vivacité que les hommes. Les Zélandais « ont les cheveux et la barbe noire; leurs dents sont blanches et régulières; ils jouis- <■ sent d'une sauté robuste et il y en a de fort âgés. Leur principale nourriture est le « poisson , qu'ils ne peuvent se procurer que sur les côtes , lesquelles ne leur en four- « lussent en abondance que pendant un certain temps. Ils n'ont ni cochons, ni chèvres, « îii volailles, et ils ne savent pas prendre les oiseaux en assez grand nombre pour se < nourrir; excepté les chiens qu'ils mangent, ils n'ont point d'autres subsistances que « la racine de fougère, les iguames et les patates... Us sont aussi décents et modestes <■ que les insulaires de la mer du Sud sont voluptueux et indécents, mais ils ne sont « pas aussi propres..., parce que, ne vivant pas dans un climat aussi chaud, ils ne se « baignent pas si souvent.
« Leur habillement est, au premier coup d'oeil, tout à fait bizarre. Il est composé de « feuilles d'une espèce de glaïeul, qui, étant coupées en trois bandes, sont entrelacées « les unes dans les autres, et forment une sorte d'étoffe qui tient le milieu entre le « réseau et le drap ; les bouts des feuilles s'élèvent en saillie, comme de la peluche ou les « nattes que l'on étend sur nos escaliers. Deux pièces de cette étoffe font un habille- « ment complet; l'une est attachée sur les épaules avec un cordon, et pend jusqu'aux houx ; au bout de ce cordon , est une aiguille d'os qui joint ensemble les deux parie ties de ce vêtement. L'autre pièce est enveloppée autour de la ceinture, et pend presque « à terre. Les hommes ne portent que dans certaines occasions cet habit de dessous; • ils ont une ceinture, à laquelle pend une petite corde destinée à un usage très-singu- « lier. Les insulaires de la mer du Sud se fendent le prépuce pour l'empêcher de cou- <• vrir le gland; les Zélandais ramènent, au contraire, le prépuce sur le gland, et, afin « de l'empêcher de se retirer, ils en nouent l'extrémité avec le cordon attaché à leur
« ceinture, et le gland est la seulepartie de leur corps qu'ils nontrent avec une honte « extrême. »
Cet usage plus que singulier semble être fort contraire à la propreté ; niais il a un avantage, c'est de maintenir cette partie sensible et fraîche plus longtemps; car l'ou a observé que tous les circoncis et même ceux qui sans être circoncis ont le prépuce court perdent dans la partie qu'il couvre la sensibilité plutôt que les autres hommes.
- Au nord de la Nouvelle-Zélande, continue M. Cook , il y a des plantations d'ig- « names, de pommes de terre et de cocos -, on n'a pas remarqué de pareilles plantations « au sud, ce qui fait croire que les habitants de cette partie du sud ne doivent vivre « que de racines de fougère et de poisson. 11 paraît qu'ils n'ont pas d'autre boisson que « de l'eau. Ils jouissent sans interruption d'une bonne santé, et on n'en a pas vu uu « seul qui parût affecté de quelque maladie. Parmi ceux qui étaient entièrement nus, <• on ne s'est pas aperçu qu'aucun eût la plus légère éruption sur la peau, ni aucune « trace de pustules ou de boulons; ils ont d'ailleurs un grand nombre de vieillards « parmi eux , dont aucun n'est décrépit...
« Ils paraissent faire moins de cas des femmes que les insulaires de la mer du Sud : « cependant ils mangent avec elles, et les (Maintiens mangent toujours seuls; mais les <• ressemblances qu'on trouve entre ce pays et les îles de la mer du Sud, relativement « aux autres usages, sont une forte preuve que tous ces insulaires ont la même origine. « La conformité du langage parait établir ce fait d'une manière incontestable; Tupia , « jeune Otahitien que nous avions avec nous, se faisait parfaitement entendre des « Zélandais °. »
M. Cook pense que ces peuples ne viennent pas de l'Amérique, qui est située à l'est de ces contrées, et il dit qu'à moins qu'il n'y ail au sud un continent assez étendu, il s'ensuivra qu'ils viennent de l'ouest. Néanmoins la langue est absolument différente dans la Nouvelle-Hollande, qui est la terre la plus voisine à l'ouest de la Zélande; el comme cette langue d'Otahiti et des autres îles de la mer Pacifique, ainsi que celle de la Zélande, ont plusieurs rapports avec les langues de l'Inde méridionale, on peut présumer que toutes ces petites peuplades tirent leur origine de l'Archipel indien.
« Aucun des habitants de la Nouvelle-Hollande ne porte le moindre vêtement, ajoute « M. Cook; ils parlaient dans un langage si rude et si désagréable, que Tupia , jeune <• Otahitien, n'y entendait pas un seul mot. Ces hommes delà Nouvelle-Hollande parais- « sent hardis ; ils sont armés de lances et semblent s'occuper de la pèche. Leurs lances « sont de la longueur de six à quinze pieds avec quatre branches, dont chacune est
« très-pointue et armée d'un os de poisson En général ils paraissent d'un naturel
« fort sauvage, puisqu'on ne put jamais les engager de se laisser approcher. Cependant « on parvint pour la première fois ;i voir de pus quelques naturels du pays dans les « environs de la rivière d'Endeavour. Ci ux-ci étaient armés de javelines et de lances, « avaient les membres d'une petitesse remarquable; ils étaient cependant d'une taille «■ ordinaire pour la hauteur ; leur peau étail couleur de suie mi de chocolat foncé ; leurs o cheveux étaient noirs sans être laineux, unis coupés court : le- uns les avaient lisses
« et les autres bouclés... Les traits de leurvisage n'd. lient pas désagréables ; ils avaient < 1rs yeux très-vifs, les dents blanches et unies, la voix «louée et harmonieuse, et « répétaient quelques mois, qu'on leur faisait prononcer, avec beaucoup de facilite. Tous
• ont un trou fait à travers le cartilage qui sépare les deux narines, dans lequel ils
• incitent un is d'oiseau de pics de la gTOSSCUr «I un doigl cl de cinq ou six ponces de > long, Ils ont aussi des trous à leurs oreilli i quoiqu'ils n'aient point de pendiuls ;
a. Voy •■.]'■ uni m- du monde , par M. Cook , t. III , cli
« peut-être y en mettent-ils que l'on n'a pas vus Par après on s'est aperçu que leur
« peau n'était pas aussi brune qu'elle avait paru d'abord : ce que l'on avait pris pour « leur teint de nature n'était que l'effet de la poussière et de la fumée daus laquelle ils « sont peut-être obligés de dormir, malgré la chaleur du climat, pour se préserver des « mosquites , insectes très -incommodes. Ils sont entièrement nus , et paraissent être « d'une activité et d'une agilité extrêmes ..
« Au reste, la Nouvelle-Hollande... est beaucoup plus grande qu'aucune autre contrée « du monde connu qui ne porte pas le nom de continent. La longueur de la côte sur '< laquelle on a navigué, réduite en ligne droite , ne comprend pas moins de vingt-sept « degrés ; de sorte que sa surface en carré doit être beaucoup plus grande que celle de « toute l'Europe.
o Les habitants de cette vaste terre ne paraissent pas nombreux; les hommes et les
« femmes y sont entièrement nus On n'aperçoit sur leur corps aucune trace de
« maladie ou de plaie, mais seulement de grandes cicatrices en lignes irrégulières, qui « semblaient être les suites des blessures qu'ils s'étaient faites eux-mêmes avec un « instrument obtus...
<• On n'a rien vu dans tout le pays qui ressemblât à un village. Leurs maisons, si « toutefois on peut leur donner ce nom, sont faites avec moins d'industrie que celles « de tous les autres peuples que l'on avait vus auparavant, excepté celles des habitants « de la Terre-de-Feu. Ces habitations n'ont que la hauteur qu'il faut pour qu'un homme « puisse se tenir debout ; mais elles ne sont pas assez larges pour qu'il puisse s'y « étendre de sa longueur dans aucun sens. Elles sont construites en forme de four, « avec des baguettes llexibles à peu près aussi grosses que le pouce; ils enfoncent les « deux extrémités de ces baguettes dans la terre, et ils les recouvrent ensuite avec des « feuilles d" palmier et de grands morceaux d'écorce. La porte n'est qu'une ouverture « opposée à l'endroit où l'on fait le feu. Ils se couchent sous ces hangars en se repliant « le corps en rond, de manière que les talons de l'un touchent la tête de l'autre; dans « cette position forcée une des huttes contient trois ou quatre personnes. En avançant « au nord, le climat devient plus chaud et les cabanes encore plus minces. Une horde « errante construit ces cabanes dans les endroits qui lui fournissent de la subsistance « pour un temps, et elle les abandonne lorsqu'on ne peut plus y vivre. Dans les « endroits où ils ne sont que pour une nuit ou deux, ils couchent sous les buissons ou « dans l'herbe, qui a près de deux pieds de hauteur.
« Ils se nourrissent principalement de poisson; ils tuent quelquefois des kanguros • (grosses gerboises') et même des oiseaux... Ils font griller la chair sur des charbons, « ou ils la font cuire dans un trou avec des pierres chaudes , comme les insulaires de la « mer du Sud. »
J'ai cru devoir rapporter par extrait cet article de la relation du capitaine Cook, parce qu'il est le premier qui ait donné une description détaillée de cette partie du monde.
La Nouvelle- Hollande est donc une terre peut-être plus étendue que toute notre Europe, et située sous un ciel encore plus heureux; elle ne paraît stérile que par le défaut de population; elle sera toujours nulle sur le globe tant qu'on se bornera à la visite des côtes et qu'on ne cherchera pas à pénétrer dans l'intérieur des terres , qui , par leur position , semblent promettre toutes les richesses que la nature a plus accumulées dans les pays chauds que dans les contrées froides ou tempérées.
Par la description de tous ces peuples nouvellement découverts, et dont nous n'avions
1. Les kanguvoos ressemblent, en effet, aux gerboises par leurs longues jambes de derrière; nuis c'est à peu près lï toute la ressemblance. Les kanguruos sont des animaux à bourse eu marsupiaux, et propres à la Nouvelle-Hollande.
nu faire rémunération dans notre article des variétés de l'espèce humaine -, il paraît pu faire 1 en U["erat o tfegrt.diw ies principales variétés, dépendent entièrement
ISSU ÏÏST- £ entendre p'ar climat non-seulement la latitude plus ou n o n é eZ »"a aussi la hauteur ou la dépression des terres, leur voisinage ou leur
lo "nenient u s mer8 , leur situation par rapport aux vents, et surtout au vent d est, S 1« dr on ance en un mot qui concourent à former la température de chaque contrée cac?est de cette température ' plus ou moins chaude ou fro.de, humide ou
el que dépnd non-seulement la couleur des hommes, mais l'existence même des e "animaux et de plantes, qui tous affectent de certames .**. e ne -
vent pas dans d'autres ; c'est de cette même température , qn d, pend V*™"*££
différence de la nourriture des hommes, seconde cause qui influe heaucoup
tempérament, leur naturel, leur grandeur et leur force.
Sur les Blafards et Nègres blancs.
Mais, indépendamment des grandes variétés produites par ces «^**££j en a de particulières, dont quelques-unes me paraissent avoir des »£^£™ ' et dont nous n'avons pas encore pu saisir toutes les nuance. O 1 ion es btafards
■', rithsme d'Amérique sous le nom d'Albinos, dans d autres endioits sous celui ae
r rai, que 1 bl.fi.ri forment ,1«* des branches ^"**£2E tige ou mie race dans l'espèce humaine; car noussommes pou au m toassurfi ,,. btatods mâles sou, inhabiles ou Irèa-peu habdes a la f™ :'";';„ '„ dutaent pas avec leurs femelles blafardes, ni même avec les neg.es s j^ au m m prétend que les femelles blafardes produisent, avec les f£+*X?%g£™Z,
Mnt de» mulâtres. M. Schteber, donl j'a, tir ces deux dernie i ^ 1 peut encore mettre avec les Dondos ks nègres jaune, ou rouges qu, ont des cheveu*
a. Page 137 et suiv. , ,.ii . rst li
1. La température dépend, o„ effet, de tonte, ces ^jfj^, ZTtmZ sur le e non : ni ment de la contour des homme, , mais de ta . - on be.Ced est une des grand » vues de BuBbn. J'y reviendrai plus tard, (A pro] proprei à chacun rfei <(<" u continents. ) s. Voyez la note de la page 152.
cette même couleur, et dont on ne trouve aussi que quelques individus ; il dit qu'on en a vu en Afrique et dans l'île de Madagascar, mais que personne n'a encore observé qu'avec le temps ils changent de couleur et deviennent noirs ou bruns <* ; qu'enfin , on les a toujours vus constamment conserver leur première couleur; mais je doute beaucoup de la réalité de tous ces faits.
« Les blafards du Darien, dit M. P., ont tant de ressemblance avec les uègres blancs « de l'Afrique et de l'Asie , qu'on est obligé de leur assigner une cause commune et - constante. Les Dondos de l'Afrique et les Rakerlaks de l'Asie sont remarquables par « leur taille qui excède rarement quatre pieds cinq pouces; leur teint est d'un blanc « fade, comme celui du papier ou de la mousseline sans la moindre nuance d'in- « carnat ou de rouge; mais on y distingue quelquefois de petites taches lenticulaires « grises ; leur épidémie n'est point oléagineux. Ces blafards n'ont pas le moindre vestige « de noir sur toute la surface du corps ; ils naissent blancs et ne noircissent en aucun « âge; ils n'ont point de barbe, point de poil sur les parties naturelles; leurs cheveux « sont laineux et frisés en Afrique , longs et traînants en Asie , ou d'une blancheur de « neige, ou d'un roux tirant sur le jaune; leurs cils et leurs sourcils ressemblent aux « plumes de l'édredon, ou au plus fin duvet qui revêt la gorge des cygnes; leur iris est « quelquefois d'un bleu mourant et singulièrement pâle : d'autres fois, et dans d'autres « individus de la même espèce, l'iris est d'un jaune vif, rougeâtre et comme sangui- « noient.
« Il n'est pas vrai que les blafards Albinos aient une membrane clignotante ; la pau- « pière couvre sans cesse une partie de l'iris, et on la croit destituée du muscle élévateur, « ce qui ne leur laisse apercevoir qu'une petite section de l'horizon.
« Le maintien des blafards annonce la faiblesse et le dérangement de leur constitu- « tion viciée; leurs mains sont si mal dessinées qu'on devrait les nommer des pattes; « le jeu des muscles de leur mâchoire inférieure ne s'exécute aussi qu'avec difficulté ; le « tissu de leurs oreilles est plus mince et plus membraneux que celui de l'oreille des « autres hommes; la conque manque aussi de capacité, et le lobe est allongé et pendant.
« Les blafards du nouveau continent ont la taille plus haute que les blafards de l'an- « eien ; leur tète n'est pas garnie de laine, mais de cheveux longs de sept à huit pouces , « blancs et peu frisés; ils ont l'épidémie chargé de poils follets depuis les pieds jusqu'à « la naissance des cheveux ; leur visage est velu ; leurs yeux sont si mauvais qu'ils ne « voient presque pas en plein jour, et que la lumière leur occasionne des vertiges et « des éblouissements : ces blafards n'existent que dans la zone torride, jusqu'au dixième « degré de chaque côté de l'équateur.
« L'air est très-pernicieux dans toute retendue de l'Isthme du nouveau monde; à « Carthagène et à Panama les négresses accouchent d'enfants blafards plus souvent « qu'ailleurs b.
« Il existe à Darien (dit l'auteur, vraiment philosophe ', de l'Histoire philosophique « et politique des deux Indes) une race de petits hommes blancs dont on retrouve l'es- « pèee * en Afrique et dans quelques iles de l'Asie; ils sont couverts d'un duvet d'une <• blancheur de lait éclatante ; ils n'ont point de cheveux , mais de la laine ; ils ont la " prunelle rouge; ils ne voient bien que la nuit; ils sont faibles, et leur instinct parait « plus borné que celui des autres hommes c
a. Histoire naturelle des Quadrupèdes , par M. Schreber, t. I, p. 14 et 15.
b. Recherches sur les Américains , t. I, p. 410 etsuiv.
c. Histoire philosophique et politique des deux Indes, t. III, p. 151.
!. Voilà bien des complinu nts pour Raynal. Buffon n'en fait pas autant à Voltaire. 2. Race d'hommes dont ['espèce. Ce n'est point une race, et c'est encore moins une espèce. (Voyez la note de la p. 152.)
Nuis allons comparer à ces descriptions celle que j'ai faite moi-même d'une négresse blanche que j'ai eu occasion d'examiner et de faire dessiner d'après nature. Cette fille, nommée Geneviève, était âgée de près de dix-huit ans, en avril 1777, lorsque je l'ai décrite; elle est née de parents nègres dans l'île de la Dominique, ce qui prouve qu'il naît des Albinos non-seulement à dix degrés de l'équateur, mais jusqu'à seize et peut-être vingt degrés, car on assure qu'il s'en trouve à Saint-Domingue et à Cuba. Le père et la mère de cette négres-e blanche avaient été amenés de la côte d'Or en Afrique, et tous deux étaient parfaitement noirs. Geneviève était blanche sur tout le corps ; elle avait quatre pieds onze pouces six lignes de hauteur, et son corps était assez bien proportionné «■ : ceci s'accorde avec ce que dit M. P. , que les Albinos d'Amérique sont plus grands que les blafards de l'ancien continent; mais la tête de cette négresse blanche n'était pas aussi bien proportionnée que le corps; en la mesurant, nous l'avons trouvée trop forte, et surtout trop longue; elle avait neuf pouces neuf lignes de hauteur, ce qui fait près d'un sixième de la hauteur entière du corps, au lieu que dans un homme et une femme bien proportionnés , la tète ne doit avoir qu'un septième et demi de la hauteur totale. Le cou au contraire est trop court et trop gros, n'ayant que dixsept lignes de hauteur, et douze pouces trois lignes de circonférence. La longueur des bras est de deux pieds deux pouces trois lignes; de l'épaule au coude, onze pouces dix lignes; du coude au poignet, neuf pouces dix lignes; du poignet à l'extrémité du doigt du milieu , six pouces six lignes, et en totalité les bras sont trop longs. Tous les traits de la face sont absolument semblables à ceux des négresses noires : seulement les oreilles sont placées trop haut, le haut du cartilage de l'oreille s'élevant au-dessus de la hauteur de l'œil, tandis que le bas du lobe ne descend qu'à la hauteur de la moitié du nez; or le bas de l'oreille doit être au niveau du bas du nez, et le haut de l'oreille au niveau du dessus des yeux ; cependant ces oreilles élevées ne paraissaient pas faire une grande difformité, et elles étaient semblables pour la forme et pour l'épaisseur aux oreilies ordinaires; ceci ue s'accorde donc pas avec ce que dit M. P. , que le tissu de l'oreille de ces blafards est plus mince et plus membraneux que celui de l'oreille des autres hommes; il en est de même de la conque, elle ne manquait pas de capacité, et le lobe n'était pas allongé ni pendant comme il le dit. Les lèvres et la bouche, quoique conformées comme dans les négresses noires, paraissent singulières par le défaut de couleur; elles sont aussi blanches que le reste de la peau, et sans aucune apparence de rouge; en général la couleur delà peau, tant du visage que du corps de cette négresse blanche, est d'un blanc de. suif qu'on n'aurait pas encore épuré, ou si l'on veut, d'un blanc mat blafard et inanimé; cependant on voyait une teinte légère d'incarnat sur les joues lorsqu'elle s'approchait du feu, ou qu'elle était remuée par la honte qu'elle avait de se faire voir nue. j'ai aussi remarqué sur son visage quelques petites taches à peine lenticulaires de ci uleur roussâtre. Les n amelle: étai< , rondes, très-fermesel
bien plao es ; les mamelons d'un rouge a- ez vermeil ; l'aréole qui environne les mamelons ,i seize lignes de diamètre , el parait semée de petits tubercules couleur de chair; (•nie jeune Gilen'avail poinl làii d'enfant, et sa maîtresse assurait qu'elle était pucelle;
elle avail tres-peu de laine aux environs des parties naturelles, cl point du tout sous les
Iles . mais sa tête en était bien garnie; cette laine n'avait guère qu'un pouce ci demi de longueur; elle est rude, touffue et fri > e naturellement, blanche à la racine, et i"'i ûtreà l'extrémité; il n'\ avail pas d'autre laine, poil ou duvet sur aucune partie de
a CircoufiSrence du corpi lianchcs,! pieds Ipouoes 6 lignes; olrooafôrance dei
li. m i, , la partie la pluB charnue, pieds n ponces ; hauteur depuis le talon au-dessus dei banc! pieds; di | uis ii ii inche an gt nou, i pied B pouo 6 0 ligro .s 'in gi n •" su t don,
[m i . ■ ono | rand( ai il mesurés
son corps. Les sourcils sont à peine marqués par un petit duvet blanc, et les cils sont un peu plus apparents ; les yeux ont un pouce d'un angle à l'autre , et la dislance entre les deux yeux est de quinze lignes, tandis que cet intervalle entre les yeux doit être égal à la grandeur de l'oeil.
Les yeux sont remarquables par un mouvement très-singulier : les orbites paraissent inclinées du côté du nez , au lieu que dans la conformation ordinaire les orbites sont plus élevées vers le nez que vers les tempes; dans cette négresse, au contraire, elles étaient plu; élevées du côté des tempes que du côté du nez, et le mouvement de ses yeux, que nous allons décrire, suivait cette direction inclinée; ses paupières n'étaient pas plus amples qu'elles le sont ordinairement ; elle pouvait les fermer, mais non pas les ouvrir au point de découvrir le dessus delà prunelle, en sorte que le muscle élévateur paraît avoir moins de force dans ces nègres blancs que dans les autres hommes; ainsi les paupières ne sont pas clignotantes, mais toujours à demi fermées. Le blanc de l'œil est assez pur, la pupille et la prunelle assez larges ; l'iris est composé à l'intérieur, autour de la pupille, d'un cercle jaune indéterminé, et ensuite d'un cercle mêlé de jaune et de bleu, et enfin d'un cercle d'un bleu foncé qui forme la circonférence de la prunelle; en sorte que, vus d'un peu loin, les yeux paraissent d'un bleu sombre.
Exposée vis-à-vis du grand jour, cette négresse blanche en soutenait la lumière sans clignotement et sans en être offensée , elle resserrait seulement l'ouverture de ses paupières en abaissant un peu plus celle du dessus. La portée de sa vue était fort courte, je m'en suis assuré par des monocles et des lorgnettes : cependant elle voyait distinctement les plus petits objets en les approchant près de ses yeux à trois ou quatre pouces de dislance ; comme elle ne sait pas lire, on n'a pas pu en juger plus exactement ; cette vue courte est néanmoins perçante dans l'obscurité au point de voir presque aussi bien la nuit que le jour ; mais le trait le plus remarquable dans les yeux de cette uégresse blanche est un mouvement d'oscillation ou de balancement prompt et continuel par lequel les deux yeux s'approchent ou s'éloignent régulièrement tous deux ensemble alternativement du côté du nez et du côté des tempes ; on peut estimer à deux ou deux lignes et demie la différence des espaces que les yeux parcourent dans ce mouvement dont la direction est un peu inclinée en descendant des tempes vers le nez; cette fille n'est point maîtresse d'arrêter le mouvement de ses yeux, même pour un moment ; il est aussi prompt que celui du balancier d'une montre, en sorte qu'elle doit perdre et retrouver, pour ainsi dire, à chaque instant les objets qu'elle regarde. J'ai couvert successivement l'un et l'autre de ses yeux avec mes doigts pour reconnaître s'ils étaient d'inégale force; elle en avait un plus faible, mais l'inégalité n'était pas assez grande pour produire le regard louche, et j'ai senti sous mes doigts que l'œil fermé et couvert continuait de balancer comme celui qui était découvert. Elle a les dents bien rangées et du plus bel émail , l'haleine pure, point de mauvaise odeur de transpiration ni d'huileux sur la peau comme les négresses noires ; sa peau es! au contraire trop sèche , épaisse et dure. Les mains ne sont pas mal conformées, et seulement un peu grosses; mais elles sont couvertes, ainsi que le poignet et une partie du bras, d'un si grand nombre de rides, qu'en ne voyant que ses mains on les aurait jugées appartenir à une vieille décrépite de plus de quatre-vingts ans; les doigts sont gros et assez longs; les ongles, quoique un peu grands, ne sont pas difformes. Les pieds et la partie basse des jambes sont aussi couverts de rides, tandis que les cuisses et les fesses présentent une peau ferme et assez bien tendue. La taille est même ronde et bien prise, et, si l'on en peut juger par l'habitude entière du corps , cette fille est très en état de produire. L'écoulement périodique n'a paru qu'à seize ans, tandis que dans les négresses noires c'est ordinairement à neuf, dix et onze ans. On assure qu'avec un nègre noir elle produirait un
nègre pie, tel que celui dont nous donnerons bientôt la description; mais on prétend i a même temps qu'avec un nègre blanc qui lui ressemblerait elle ne produirait rien , parce qu'en général les mâles nègres blancs ne sont pas prolifiques.
Au reste, les personnes auxquelles cette négresse blancbe appartient m'ont assuré que presque tous les nègres mâles et femelles qu'on a tirés de la côte d'Or en Afrique pour les iles de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Dominique, ont produit dans ces îles des nègres blancs, non pas en grand nombre, mais un sur six ou sept enfants : 1 père et la mère de celle-ci n'ont eu qu'elle de blancbe, et tous leurs autres enfants étaient noirs. Ces nègres blancs, surtout les mâles , ne vivent pas bien longtemps , et la différence la plus ordinaire entre les femelles et les mâles est que ceux-ci ont les yeux rouges et la peau encore plus blafarde et plus inanimée que les femelles.
.Nous croyons devoir inférer de cet examen, et des faits ci-dessus exposés, que ces blafards ne forment point une race réelle, qui, comme celle des nègres et des blancs, puisse également se propager, se multiplier et conserver à perpétuité, par la génération, tous les caractères qui pourraient la distinguer des autres races ; on doit croire au contraire, avec assez de fondement, que cette variété n'est pas spécifique, mais individuelle; et qu'elle subit peut-être autant de changements qu'elle contient d'individus différents, ou tout au moins autant que les divers climats; mais ce ne sera qu'en multipliant les observations qu'on pourra reconnaître les nuances et les limites de ces différentes variétés.
Au surplus, il paraît assez certain que les négresses blanches produisent avec les nègres noirs des nègres pies , c'est-à-dire , marqués de blanc et de noir par grandes tacbes. Je donne ici la figure d'un de ces nègres pies né à Cartliagène en Amérique , et dont le portrait colorié m'a été envoyé par M. Taverne, ancien bourguemestre et subdélégué de Dunkerque, avec les renseignements suivants, contenus dans une lettre dont voici l'extrait :
" Je vous envoie, Monsieur, un portrait qui s'est trouvé dans une prise anglaise, faite « dans la dernière guerre par le corsaire la Royale, dans lequel j'étais intéressé. « C'est celui d'une petite fille dont la couleur est mi-partie de noir et de blanc ; les mains « et les pieds sont entièrement noirs; la tcte l'est également, à l'exception du menton, « jusques et compris la lèvre inférieure; partie du front, y compris la naissance des « cbeveux ou laine au-dessus, sont également blancs, avec une tache noire au milieu de « la tache blanche : tout le reste du corps, bras, jambes et cuisses, sont marqués de <■• taches noires plus ou moins grandes , et sur les grandes taches noires il s'en trouve i de plus petites encore plus noires. On ne peut comparer cet enfant, pour la forme des - taches . qu'aux chevaux gris ou tigrés: le noir et le blanc se joignent par des teintes imperceptibles de la couleur des mulâtres.
» Je pense, dit M. Taverne, malgré ce que porte la légende anglaise" qui est au bas « du portrait de cet enfant, qu'il est provenu de l'union d'un blanc et d'une négresse que ce n'est (pie pour sauver 1 honneur de la mère et de la Société dont elle et. ut ■ i sclave, qu'on a dit cet enfant né de parents nègres. b
Réponse de '/. de Bufjon
M mtbâJ i , i- î i ootobra 177*.
J'ai reçu , Monsieur, le portrait de l'enfant noir et blanc que vous ave/, eu la honte
"- \n-.|. . uns du portrait de ci tte négri Bse-pie,OD lit L'inscription suivante : « Varit Sabina, tobre 1786, i mu h ni , plantation appartenant aux Jésuites de Carthagèm en , dedeuxni i claves, nommés Martiniano et Padrona. » f>. Extrait d'une lettre de U taverne. Dunkerque , le 10 pi p.i.r.- \iu.
de m'envoyer, et j'en ai été assez émerveillé, car je n'en connaissais pas d'exemple dans la nature. On serait d'abord porté à croire avec vous, Monsieur, que cet enfant, né d'une négresse, a eu pour père un blanc, et que de là vient la variété de ses couleurs ; mais lorsqu'on fait réflexion qu'on a mille et millions d'exemples, que le mélange du sang nègre avec le blanc n'a jamais produit que du brun, toujours uniformément répandu on vient à douter de cette supposition , et je crois qu'en effet on serait moins mal fondé à rapporter l'origine de cet enfant à des nègres, dans lesquels il y a des individus blancs ou blafards, c'est-à-dire, d'un blanc tout différent de celui des autres hommes blancs , car ces nègres blancs dont vous avez peut-être entendu parler, Monsieur, et dont j'ai fait quelque mention dans mon livre, ont de la laine au lieu de cheveux, et tous les autres attributs des véritables nègres, à l'exception de la couleur de la peau, et de la structure des yeux que ces nègres blancs ont très-faibles. Je penserais donc que si quelqu'un des ascendants de cet enfant pie était un nègre blanc , la couleur a pu reparaître en partie et se distribuer comme nous la voyons sur ce portrait.
Réponse de M. Taverne.
Diuikcrque, le 29 octobre 1772.
« Monsieur , l'original du portrait de l'enfant noir et blanc a été trouvé à bord du « navire le Chrétien, de Londres, venant de la Nouvelle-Angleterre pour aller à Lon- « dres; ce navire fut pris en 1746 par le vaisseau nommé le comte de Maurepas, de o Dunkerque, commandé par le capitaine François Meyne.
« L'origine et la cause de la bigarrure de la peau de cet enfant, que vous avez la « bouté de m'annoncer par la lettre dont vous m'avez Honoré, paraissent très-probables ; « un pareil phénomène est très-rare et peut-être unique. 11 se peut cependant que dans « l'intérieur de l'Afrique , où il se trouve des nègres noirs et d'autres blancs , le cas y « soit plus fréquent. Il me reste néanmoins encore un doute sur ce que vous me faites « l'honneur de me marquer à cet égard , et malgré mille et millions d'exemples que « vous citez , que le mélange du sang nègre avec le blanc n'a jamais produit que du « brun toujours uniformément répandu, je crois qu'à l'exemple des quadrupèdes les « hommes peuvent naître, par le mélange des individus noirs et blancs, tantôt bruns « comme sont les mulâtres, tantôt tigrés à petites taches noires ou blanchâtres , et tan- « tôt pies à grandes taches ou bandes comme il est arrivé à l'enfant ci-dessus; ce que « nous voyons arriver par le mélange des races noires et blanches, parmi les chevaux, « les vaches, brebis, porcs, chiens, chats, lapins^, etc. pourrait également arriver ■< parmi les hommes; il est même surprenant que cela n'arrive pas plus souvent. La « laine noire dont la tête de cet enfant est garnie sur la peau noire, et les cheveux blancs « qui naissent sur les parties blanches de son front , font présumer que les parties noi- « res proviennent d'un sang nègre et les parties blanches d'un sang blanc, etc.»
S'il était toujours vrai que la peau blanche fit naître des cheveux , et que la peau noire produisît de la laine, on pourrait croire en effet que ces nègres pies proviendraient du mélange d'une négresse et d'un blanc ; mais nous ne pouvons savoir par l'inspection du portrait s'il y a en effet des cheveux sur les parties blanches et de la laine sur les parties noires; il y a au contraire toute apparence que les unes et les autres de ces parties sont couvertes de laine; ainsi je suis persuadé que cet enfant pie doit sa naissance à un père nègre noir et à une mère négresse blanche '. Je le soupçonnais en 1772, lors-
1. Ces individus blancs ou blafards proviennent tout simplement de parents nègres. Des parents nègres produisent quelquefois des individus tout à fait blancs : ce sont les albinos , et quelquefois des individus mi-partis de blanc et de noir : ce sont des demi-albinos , des albinot incomplets , ou des nègres-pies.
30i ADDITIONS
que j'ai écrit à M. Taverne, et j'en suis maintenant presque assuré par les nouvelles informations que j'ai faites à ce sujet.
Daus les animaux , la chaleur du climat change la laine en poil. On peut citer pour exemple les brehis du Sénégal , les bisons ou bœufs à bosse qui sont couverts de laine dans les contrées froides, et qui prennent du poil rude, comme celui de nos bœufs, dans les climats chauds, etc. Mais il arrive tout le contraire dans l'espèce humaine; les cheveux ne deviennent laineux que sur les nègres, c'est-à-dire dans les contrées les plus chaudes de la terre, où tous les animaux perdent leur laine.
On prétend que parmi les blafards des différents climats, les uns ont de la laine, les autres des cheveux, et que d'autres n'ont ni laiue ni cheveux , mais un simple duvet; que les uns ont l'iris des yeux rouge, et d'autres d'un bleu faible; que tous, en général,
"lit moins vifs, moins forts et plus petits que les autres hommes, de quelque couleur qu'ils soient; que quelques-uns de ces blafards ont le corps et les membres assez bien proportionnés; que d'autres paraissent difformes par la longueur des bras , el surtout par les pieds et par les mains dont les doigts sont trop gros ou trop courts. Toutes ces différences rapportées par les voyageurs paraissent indiquer qu'il y a des blafards de bien des espèces , et qu'en général cette dégénération ne vient pas d'un type de nature, d'une empreinte particulière qui doive se propager sans altération el former une race constante, mais plutôt d'une désorganisation de la peau plus commune dans les pays chauds qu'elle ne l'est ailleurs; car les nuances du blanc au blafard se reconnaissent dans les pays tempérés et même froids. Le blanc mat et fade des blafards se trouve dans plusieurs individus de tous les climats; il y a même en France plusieurs personnes des deux sexes dont la peau est de ce blanc inanimé : cette sorte de peau ne produit jamais que des cheveux et des poils blancs ou jaunes. Ces blafards de notre Europe ont ordinairement la vue faible, le tour des yeux rouge, l'iris bleu, la peau parsemée de taches grandes comme des lentilles, non-seulement sur le visage, mais même sur le corps : et
ela me confirme encore dans l'idée que les blafards, en général, ne doivent être regardés que comme des individus plus ou moins disgraciés de la nature, dont le vice principal réside dans la texture de la peau.
.Nous allons donner des exemples de ce que peut produire celte désorganisation de la
peau. On a vu eu Angleterre un homme auquel ou avait donné le surnom de porc-épic :
il est né en 17)0 dans la province de Suffolk. Toute la peau de son corps était chargée
de petites excroissances ou verrues en forme de piquants gros comme une licelle. Le
ge, la paume des mains, la plante des pieds étaient les seules parties qui n'eussent
pas de piquants; ils étaient d'un brun rougeàlre et en même temps durs el élastiques,
m point de faire du bruit lorsqu'on passait la main dessus; ils avaient un demi-pouce
le longueur dans (le certains endroits el moins dans d'autres; ces excroissances ou
a mis n'ont paru que deux mois après sa naissance; ce qu'il y avait encore de singu-
ier, c'est que ces venues tombaient chaque hiver pour renaître au printemps. Cet
, • il reste, se portail Ires-bien; il a eu six entants qui tous six ont été comme
leur père « ouverts de ces mêmes excroissances, on peut voir la main d'un de ces enfants
ée dans les Glanures de .M. Edwards, planche 1> 1 1» , et la main du père dans les
Transactions philosophiques , volume \i.i\, page SI.
'-■us donnons iei la figure d'un enfant que j'ai fait dessiner sous mes yeux, et IJUÎ a été VU de tout Tans dans l'année 1774. C'était une petite fille nommée Anne Mon- Hérig, née le. M novembre 1770a Dackslul, COUlté de ce nom, dans la l.or-
i alli mande, a sept lieues de Trêves. Sun père, sa mère, ni aucun de ses parents
ttienl de taches sur la peau, au rapport d'un oncle ei d'une tante qui la conduisaient ;
ente petite 011e avait néanmoins tout le corps, le visage et les membres parsemés ii
oaivc ils i h beaucoup d'endroits de taches plus ou moins grandes, dont la plupart étaient
surmontées d'un poil semblable à du poil de veau; quelques autres endroits étaient couverts d'un poil plus court et semblable à du poil de chevreuil; ces taches étaient toutes de couleur fauve, chair et poil ; il y avait aussi des taches sans poil , et la peau dans ces endroits nus ressemblait à du cuir tanné. Telles étaient les petites taches rondes et autres, grosses comme des mouches, que cet enfant avait aux bras, aux jambes, sur le visage et sur quelques endroits du corps : les taches velues étaient bien plus grandes ; il y en avait sur les jambes, les cuisses, les bras et sur le front ; ces taches couvertes de beaucoup de poil étaient proéminentes, c'est-à-dire un peu élevées au-dessus de la peau nue. Au reste, cette petite fille était d'une figure très-agréable ; elle avait de fort beaux yeux, quoique surmontés de sourcils très-extraordinaires, car ils étaient mêlés de poils humains et de poil de chevreuil, la bouche petite, la physionomie gaie, les cheveux bruns. Elle n'était âgée que de trois ans et demi lorsque je l'observai au mois de juin 1774, et elle avait deux pieds sept pouces de hauteur, ce qui est la taille ordinaire des filles de cet âge; seulement elle avait le ventre un peu plus gros que les autres enfants ; elle était très-vive et se portait à merveille, mais mieux en hiver qu'en été ; car la chaleur l'incommod lit beaucoup, parce qu'indépendamment des taches que nous venons de décrire, et dont le poil lui échauffait la peau, elle avait encore l'estomac et le ventre couverts d'un poil clair assez long, d'une couleur fauve du côté droit et un peu moins foncée du côté gauche, et son dos semblait être couvert d'une tunique de peau velue qui n'était adhérente au corps que dans quelques endroits, et qui était formée par un grand nombre de petites loupes ou tubercules très-voisins les uns des autres, lesquels prenaient sous les aisselles et lui couvraient toute la partie du dos jusque sur les reius. Ces espèces de loupes ou excroissances d'une peau qui était pour ainsi dire étrangère au corps de cet enfant, ne lui faisaient aucune douleur lors même qu'on les pinçait; elles étaient de formes différentes, toutes couvertes de poil sur un cuir grenu et ridé dans quelques endroits. Il partait de ces rides des poils bruns assez clair-semés , et les intervalles entre chacune des excroissances étaient garnis d'un poil brun plus long que l'autre; enfin, le bas des reins et le haut des épaules éta'ent surmontés d'un poil de plus de deux pouces de longueur : ces deux endroits du corps étaient les plus remarquables par la couleur et la quantité du poil ; car celui du haut des fesses, des épaules et de l'estomac était plus court , et ressemblait à du poil de veau fin et soyeux, tandis que les longs poils du bas des reins et du dessus des épaules étaient rudes et fort bruns : l'intérieur des cuisses, le dessous des fesses et les parties naturelles, étaient absolument sans poil et d'une chair très-blanche, très-délicate et trèsfraîche. Toutes les parties du corps qui n'étaient pas tachées présentaient de même une peau très-fine et même plus belle que celle des autres enfants. Les cheveux étaient châtain brun et fins. Le visage, quoique fort taché, ne laissait pas de paraître agréable par la régularité des traits et par la blancheur de la peau. Ce n'était qu'avec répugnance que cet enfant se laissait habiller, tous les vêtements lui étant incommodes par la grande chaleur qu'ils donnaient à sou petit corps déjà vêtu par la nature : aussi n'étail-il nullement sensible au froid.
A l'occasion du portrait et de la description de cette petite fille, des personnes dignes de foi m'ont assuré avoir vu à Bar une femme qui, depuis les clavicules jusqu'aux genoux, est entièrement couverte d'un poil de veau fauve et touffu : cette femme a aussi plusieurs poils semés sur le visage, mais on n'a pu m'en donner une meilleure description. Nous avons vu à Paris, dans l'année 1774, un Ilusse, dont le front et tout le visage étaient couverts d'un poil noir comme sa barbe et ses cheveux. J'ai dit qu'on trouve de ces hommes à face velue à Yeço et dans quelques autres endroits ; mais, comme ils sont eu petit nombre, on doit présumer que ce n'est point une race particulière ou variété constante, et que ces hommes à face velue ue sont, comme les blafards, que des indiviii. 20
dus dont la peau est organisée différemment de celle des autres hommes; car le poil et la couleur peuvent être regardés comme des qualités accidentelles produites par des circonstances particulières, que d'autres circonstances particulières, et souvent si légères qu'on ne les devine pas, peuvent néanmoins faire varier et même changer du tout au (mit.
Mais, pour en revenir aux nègres, l'on sait que certaines maladies leur donnent communément une couleur jaune ou pâle et quelquefois presque blanche : leurs brûlures et leurs cicatrices restent même assez longtemps blanches; les marques de leur petite vérolesont d'abord jaunâtres, et elles ne deviennent noires comme le reste de la peau que beaucoup de temps après. Les nègres en vieillissant perdent une partie de leur couleur noire, ils pâlissent ou jaunissent, leur tête et leur barbe grisonnent; M. Schreber a prétend qu'on a trouvé parmi eux plusieurs hommes tachetés, et que même en Afrique les mulâtres sont quelquefois marqués de blanc, de brun et de jaune; enfin que, parmi ceux qui sont bruns, on en voit quelques-uns qui, sur un fond de cette couleur, sont marqués de taches blanches : ce sont là, dit-il, les véritables chacrelas auxquels la couleur a fait donner ce nom par la ressemblance qu'ils ont avec l'insecte du même nom ; il ajoute qu'on a vu aussi à Tobolsk et dans d'autres contrées de la Sibérie des hommes marquetés de brun et dont les taches étaient d'une peau rude, tandis que le reste de la peau, qui était blanche, était fine et très-douce. Un de ces hommes de Sibérie avait même les cheveux blancs d'un côté de la tète et de l'autre coté ils étaient noirs, et on prétend qu'ils sont les restes d'une nation qui portait le nom de Piegaga ou Piestra-Horda, la horde bariolée ou tigrée.
Nous croyons qu'on peut rapporter ces hommes tachés de Sibérie à l'exemple que nous venons de donner de la petite (ille à poil de chevreuil ; et nous ajouterons à celui des nègres qui perdent leur couleur un fait bien certain, et qui prouve que dans de certaines circonstances la couleur des nègres peut changer du noir au blanc.
« La nommée Françoise {négresse), cuisinière du colonel Barnet , née en Virginie ,
âgée d'environ quarante ans, d'une très-bonne santé, d'une constitution forte et « robuste, a eu originairement la peau tout aussi noire que l'Africain le plus brûlé; « mais, dès l'âge de quinze ans environ, elle s'e>t aperçue que les parties de sa peau, qui « avoisineni les ongles et les doigts, devenaient blanches, l'eu de temps après, le tour de « sa bouche subit le même changement , et le blanc a depuis continue à s'étendre peu à « peu sur le corps, en sorte que toutes les parties de sa surface se sont ressenties plus ou •« moins de celle altération surprenante.
« Dans l'état présent , sur les quatre cinquièmes environ de la surface de son corps, « la peau est blanche, douce et transparente comme celle d'une belle Européenne , cl « laisse voir agréablement les ramifications des vaisseaux sanguins qui son! dissous. Lis • parties qui sont restées noires perdent journellement leur noirceur; en sorte qu'il est
vraisemblable qu'un petit nombre d'années amènera un changement total.
<■ Le cou et le dos, le long des vertèbres, ont pins conservé de leur ancienne couleur < que tOUl le reste, et semblent encore, par quelques taches, rendre témoignage de leur
i i.it primitif. La tête, la face, la poitrine, le ventre, les cuisses, les jambes et les bras, ont presque entièrement acquis la couleur blanche ; les parties naturelles et les aisselae sont pas d'une couleur uniforme, et la peau de ces parties est couverte de poil « blanc {laine) où elle est blanche, et de poil noir où elle est noire.
« Toutes les fois qu'on a excité en elle des passions, telles que la colère, la honte, etc.,
a vu sur-le-champ son visage et sa poitrine s'enflammer de rougeur. Pareillement lorsque ces endroits du corps ont été exposes à l'action du feu, ou y a vu paraître • Iques marques de rousseur.
a. iiiuoirc naturel i i$t Qua&i upèdu, par m. Bohn ber. Erlang,1775, 1. 1, ln-4».
« Cette femme n'a jamais été dans le cas de se plaindre d'une douleur qui ait duré « vingt-quatre heures de suite; seulement elle a eu une couche il y a environ dix-sept « ans. Elle ne se souvient pas que ses règles aient jamais été supprimées, hors le temps « de sa grossesse. Jamais elle n'a été sujette à aucune maladie de la peau , et n'a usé « d'aucun médicament appliqué à l'extérieur, auquel on puisse attribuer ce changement « de couleur. Comme on sait que par la brûlure la peau des nègres devient blanche, et « que cette femme est tous les jours occupée aux travaux de la cuisine, on pourrait peut- « être supposer que ce changement de couleur aurait été l'effet de la chaleur; mais il « n'y a pas moyen de se prêter à cette supposition dans ce cas-ci, puisque cette femme « a toujours été bien habillée, et que le changement est aussi remarquable dans les « parties qui sont à l'abri de l'action du feu, que dans celles qui y sont les plus expo- « sées.
« La peau, considérée comme émonctoire, paraît remplir toutes ses fonctions aussi " parfaitement qu'il est possible, puisque la sueur traverse indifféremment avec la plus « grande liberté les parties noires et les parties blanches <*. »
Mais s'il y a des exemples de femmes ou d'hommes noirs devenus blancs, je ne sache pas qu'il y en ait d'hommes blancs devenus noirs ; la couleur la plus constante dans l'espèce humaine est donc le blanc, que le froid excessif des climats du pôle change en gris obscur, et que la chaleur trop forte de quelques endroits de la zone torride change en noir; les nuances intermédiaires, c'est-à-dire, les teintes de basané, de jaune, de rouge, d'olive et de brun, dépendent des différentes températures et des autres circonstances locales de chaque contrée; l'on ne peut donc attribuer qu'à ces mêmes causes la différence dans la couleur des yeux et des cheveux, sur laquelle néanmoins il y a beaucoup plus d'uniformité que dans la couleur de la peau : car presque tous les hommes de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique, ont les cheveux noirs ou bruns; et parmi les Européens, il y a peut-être encore beaucoup plus de bruns que de blonds, lesquels sont aussi presque les seuls qui aient les yeux bleus '.
Sur les Monstres.
A ces variétés, tant spécifiques qu'individuelles, dans l'espèce humaine, on pourrait ajouter les monstruosités , mais nous ne traitons que des faits ordinaires de la nature et non des accidents ; néanmoins nous devons dire qu'on peut réduire à trois classes tous les monstres possibles : la première est celle des monstres par excès, la seconde des
a. Extrait d'une lettre de Mre Jacques Bâte à M. Alexandre Williamson , en date du 2G juin 1760. Journal étranger, mois d'août 1"60.
t. En résumant les idées de Buffou sur l'homme, on voit qu'il compte quatre races principales dans une espèce unique: la race blanche, la noire, la jaune et la rouge, ou, en d'autres termes, l'européenne, l'africaine l'asiatique, et l'américaine. « L'homme, dira-t-il « plus loin (Histoire du lion), blanc en Europe, noir en Afrique, jaune en Asie, et rouge en c Amérique , n'est que le môme homme teint de la couleur du climat. »
Après Buffon, sont venus Camper, Blumenbach , Cuvier.
Aux caractères indiqués par Buffon, Camper a joint le caractère tiré de la forme des crânes. Blumenbach a profondément étudié ce dernier et essentiel caractère. Cuvier semble nous ouvrir la route qui nous permettra de suivre les rameaux distincts de chaque grande race.
Blumenbach compte cinq races : la caucasique ou blanche , la mongolique ou jaune, l'éthiopique ou noire , l'américaine ou rouge, et la malaie.
Camper et Cuvier n'en comptent que trois : celle d'Europe , celle à.' Asie et celle d'Afrique.
Cette dernière opinion sur le nombre des races humaines est la mieux fondée. ( Voye^mou Histoire des travaux et des idées de Buffon et mon Éloge historique de Blumenbach. )
monstres par défaut, et !a troisième de ceux qui le sont par le renversement ou la fausse position des parties. Dans le grand nombre d'exemples qu'on a recueillis des différents monstres de l'espèce humaine, nous n'eu citerons ici qu'un seul de chacune de ces trois classes.
Dans la première, qui comprend tous les monstres par excès, il n'y en a pas de plus frappants que ceux qui ont un double corps et forment deux personnes. Le 2G octobre 1701, il est né à Tzoni en Hongrie deux filles qui tenaient ensemble par les reins ; elles ont vécu vingt-un ans; à l'ùuc de sept ans, on les amena en Hollande, en Angleterre, en France, en Italie, en Russie et presque dans toute l'Europe : âgées de neuf ans , un bon prêtre les acheta pour les mettre au couvent à Pétersbourg, où elles sont restées jusqu'à l'âge de vingt-un ans, c'est-à-dire, jusqu'à leur mort qui arriva le 23 février 1723. M. Justus-Joannes Tortos, docteur en médecine, a donné à la Société royale de Londres, le 3 juillet 1757, une histoire détaillée de ces jumelles, qu'il avait trouvée dans les papiers de son beau-père, Cari. Rayger, qui était le chirurgien ordinaire du couvent où elles étaient.
L'une de ces jumelles se nommait Hélène, et l'autre Judith. Dans l'accouchement Hélène parut d'abord jusqu'au nombril, et trois heures après on tira les jambes, et avec elle parut Judith. Hélène devint grande et était fort droite, Judith fut plus petite et un peu bossue -, elles étaient attachées par les reins, et pour se voir elles ne pouvaient tourner que la tète. 11 n'y avait qu'un anus commun : à les voir chacune par-devant lorsqu'elles étaient arrêtées, on ne voyait rien de différent des autres femmes. Comme l'anus était commun, il n'y avait qu'un même besoin pour aller à la selle ; mais pour le passage des urines, cela était différent ; chacune avait ses besoins, ce qui leur occasionnait de fréquentes querelles, parce que quand le besoin prenait à la plus faible, et que l'autre ne voulait pas s'arrêter, celle-ci l'emportait malgré elle; pour tout le reste elles s'accordaient, car elles paraissaient s'aimer tendrement. A six ans, Judith devint percluse du côté gauche, et quoique par la suite elle parût guérie, il lui resta toujours une impression de ce mal, et l'esprit lourd et faible. Au contraire, Hélène était belle et gaie, elle avait de l'intelligence et même de l'esprit. Elles ont eu eu même temps la petite vérole et la rougeole ; mais toutes leurs autres maladies ou indispositions leur arrivaient séparément, car Judith était sujette à une toux et à la fièvre, au lieu que Hélène était d'une bonne sauté; à seize ans leurs règles parurent presque eu même temps, et ont toujours continué de paraître séparément à chacune. Comme elles approchaient de vingtdeux ans, Judith prit la fièvre, tomba en léthargie et mourut le 23 février; la pauvre Hélène fut obligée de suivre sou sort; trois minutes avant la mort de Judith, elle tomba eu agonie et mourut presque en même temps. En les disséquant on a trouvé qu'elles avaient chacune leurs entrailles bien entières, et même que chacune avait un conduit Séparé pour les excréments, lequel néanmoins aboutissait au même anus ".
Les monstres par défaut sont moins communs que les monstres par excès; nous ne pouvons guère en donner un exemple plus remarquable que celui de l'enfant que nous avons fait représenter d'après une tête en eire qui a été faite par M1" Biberon, dont
ou connaît le grand talent pour le dessin ci la représentation des sujets anatomiques. Cette tête appartient à M, Dubourg, habile naturaliste et médecin de la Faculté de Paris; ellea été modelée d'après un enfant femelle qui est venu au monde vivant au mois d'octobre iroi;, mais qui n'a vécu que quelques heures. Je n'en donnerai pas la desci iption détaillée, parce qu'elle a été insérée dans les journaus de ce temps, et parti* culièremenl dans le Mercure de France.
Enfin, dans la troisième classe, qui contient les monstres par renversement ou
u i.inn , Sys, ;/(//., édition ail m ind , 1. 1.
fausse position des parties , les exemples sont encore plus rares , parce que cette espèce de monstruosité étant intérieure ne se découvre que dans les cadavres qu'on ouvre.
« M. Méry fit en 1688, dans l'Hôtel royal des Invalides, l'ouverture du cadavre d'un « soldat qui était âgé de soixante-douze ans, et il y trouva généralement toutes les «parties internes de la poitrine et du bas -ventre situées à contre -sens; celles qui ? dans l'ordre commun de la nature occupent le coté droit, étant situées au côté gau- « che, et celles du côté gauche, l'étant au droit; le cœur était transversalement dans <■■ la poitrine; sa base, tournée du côté gauche, occupait justement le milieu, tout son
« corps et sa pointe s'avançant dans le côté droit La grande oreillette et la veine-
« cave étaient placées à la gauche et occupaient aussi le même côté dans le bas-ventre
« jusqu'à l'os sacrum Le poumon droit n'était divisé qu'en deux lobes , et le gauche
« en trois.
« Le foie était placé au côté gauche de l'estomac , son grand lobe occupant entière-
c ment l'hypocondre de ce côté-là La rate était placée dans l'hypocondre droit, et
« le pancréas se portait transversalement de droite à gauche au duodénum a. »
M. Winslow cite deux autres exemples d'une pareille transposition de viscères : la première observée en 1650, et rapportée par Riolan * ; la seconde observée en 1657 sur le cadavre du sieur Audran, commissaire du régiment des Gardes à Paris c. Ces renversements ou transpositions sont peut-être plus fréquents qu'on ne l'imagine ; mais comme ils sont intérieurs, on ne peut les remarquer que par hasard; je pense néanmoins qu'il en existe quelque indication au dehors : par exemple, les hommes qui naturellement se servent de la main gauche de préférence à la main droite pourraient bien avoir les viscères renversés ', ou du moins le poumon gauche plus grand et composé de plus de lobes que le poumon droit; car c'est l'étendue plus grande et la supériorité de force dans le poumon droit2 qui est la cause de ce que nous nous servons de la main, du bras ou de la jambe droite de préférence à la main ou à la jambe gauche.
Nous finirons par observer que quelques anatomistes , préoccupés du système des germes préexistants , ont cru de bonne foi qu'il y avait aussi des germes monstrueux préexistants comme les autres germes, et que Dieu avait créé ces germes monstrueux dès le commencement3 ; mais n'est-ce pas ajouter une absurdité ridicule et indigne du Créateur à un système mal conçu, que nous avons assez réfuté (volume Ier, p. 617) , et qui ne peut être adopté ni soutenu dès qu'on prend la peine de l'examiner4 ?
a. Mémoires de l'Académie des Sciences, année 1733, p. 374 et 375.
U. Diiquisilio de transpositione partium naluralium et vitalium in corpore humano.
c. Journal do dom Pierre de Saint-Romual. Paris, 1661 .