‹ Œuvres complètes avec la nomenclature linnéenne et la classification de Cuvier, reviser et annotéesChapitre 57 sur 126 · Le i hi al e i plus de [ua j'ai i in outes, i. . i tre · texte numérisé non relu

Le i hi al e i plus de [ua j'ai i in outes, i. . i tre

sèment en longueur, met cependant plus de distance entre les pieds de derrière et la tête, et contribue par conséquent à empêcher le cheval d'y al teindre lorsqu'il a pris son accroissement.

Dans tous les animaux, chaque espèce est varice suivant les différents climats, et les résultats généraux de ces variétés forment et constituent les différentes races1, dont nous ne pouvons saisir que celles qui sont les plus marquées, c'est-à-dire celles qui diffèrent sensiblement les unes des autres, en négligeant toutes les nuances intermédiaires qui sont ici, comme en tout, infinies; nous en avons même encore augmenté le nombre et la confusion en favorisant le mélange de ces races , et nous avons , pour ainsi dire, brusqué la nature en amenant en ces climats des chevaux d'Afrique ou d'Asie ; nous avons rendu méconnaissables les races primitives de France en y introduisant des chevaux de tout pays ; et il ne nous reste, pour distinguer les chevaux, que quelques légers caractères , produits par l'influence actuelle du climat : ces caractères seraient bien plus marqués et les différences seraient bien plus sensibles, si les races de chaque climat s'y fussent conservées sans mélange; les petites variétés auraient été moins nuancées , moins nombreuses, mais il y aurait eu un certain nombre de grandes variétés bien caractérisées, que tout lé monde aurait ais-ément distinguées, au lieu qu'il faut de l'habitude, et même une assez longue expérience, pour connaître les chevaux des différents pays; nous n'avons sur cela que les lumières que nous avons pu tirer des livres des voyageurs, des ouvrages des plus habiles écuyers, tels que MM. de Newcastle, de Garsault, de la Guérinière, etc. , et de quelques remarques que M. de Pignerolles, écuyer du roi, et chef de l'Académie d'Angers, a eu la bonté de nous communiquer.

Les chevaux arabes sont les plus beaux que l'on connaisse en Europe; ils sont plus grands et plus étoffés que les barbes, et tout aussi bien faits; mais comme il en vient rarement en France, les écuyers n'ont pas d'observations détaillées de leurs perfections et de leurs défauts.

Les chevaux barbes sont plus communs; ils ont l'encolure longue, fine, peu chargée de crins et bien sortie du garrot, la tète belle, petite et assez ordinairement moutonnée, l'oreille belle et bien placée, les épaules légères et plates, le garrot mince et bien relevé, les reins courts et droits, le flanc et les ciVc-, rondes sans trop de ventre, les hanches bien effacées, la croupe le plus souvent un peu longue et la queue placée un peu haut, la cuisse bien formée et rarement plate, les jambes belles, bien faites et sans poil, le nerf bien détaché, le pied bien l'ait, mais souvent le paturon long; on en voit de tous poils, mais plus communément de gris : les barbes ont un peu de négligence dans leur allure, ils ont besoin d'être recherchés, et on leur trouve beaucoup de vitesse et de nerf; ils sont fort légers et très-propres

1. On no peut définir plus exactement les variétés ou races , duos ù l'influence des climats.

à la course : ces chevaux paraissent être les plus propres pour en tirer race; il serait seulement à souhaiter qu'ils fussent de plus grande taille; les plus grands sont de quatre pieds huit pouces, et il est rare d'en trouver qui aient quatre pieds neuf pouces ; il est confirmé par expérience qu'en France, en Angleterre, etc., ils engendrent des poulains qui sont plus grands qu'eux. On prétend que parmi les barbes, ceux du royaume de Maroc sont les meilleurs, ensuite les barbes de montagne; ceux du reste de la Mauritanie sont au-dessous, aussi bien que ceux de Turquie, de Perse et d'Arménie : tous ces chevaux des pays chauds ont le poil plus ras que les autres. Les chevaux turcs ne sont pas si bien proportionnés que les barbes; ils ont pour l'ordinaire l'encolure effilée, le corps long, les jambes trop menues; cependant ils sont grands travailleurs et de longue haleine : on n'en sera pas étonné, si l'on fait attention que dans les pays chauds les os des animaux sont plus durs que dans les climats froids, et c'est par cette raison que, quoiqu'ils aient le canon plus menu que ceux de ce pays-ci, ils ont cependant plus de force dans les jambes.

Les chevaux d'Espagne, qui tiennent le second rang après les barbes, ont l'encolure longue, épaisse et beaucoup de crins, la tête un peu grosse, et quelquefois moutonnée, les oreilles longues, mais bien placées, les yeux pleins de feu, l'air noble et fier, les épaules épaisses et le poitrail large, 1rs reins assez souvent un peu bas, la côte ronde, et souvent un peu trop ventre, la croupe ordinairement ronde et large, quoique quelques-uns l'aient un peu longue, les jambes belles et sans poil, le nerf liien détaché, le paturon quelquefois un peu long, comme les barbes, le pied un pou allongé comme celui d'un mulet, et souvent le talon trop haut : les chevaux d'Espagne de belle race sont épais, bien étoiles, bas de terre; ils ont aussi beaucoup de mouvement dans leur démarche, beaucoup de souplesse^ de feu et de fierté ; leur poil le plus ordinaire est noir ou bai-marron, quoiqu'il y en ait quelques-uns de toutes sortes de poils; ils ont très-rarement dejambes blanches et des nez blancs; les Espagnols, qui ont de l'aversion pour ces marques, ne tirent point race des chevaux qui les ont; ils ne veulent qu'une étoile au front; ils estiment même les chevaux zains autant que nous les méprisons : l'un et l'autre de ces préjugés, quoique contraires, sont peut-être tout aussi mal fondés, puisqu'il se trouve de très-bons chevaux avec toute- muIiv- de marques, et de même d'excellents clicvaux qui

ont zains; celle petite différence dans la robe d'un cheval ne semble eu aucune façon dépendre de son naturel ou de sa constitution intérieure, puisqu'elle dépend en effet d'une qualité extérieure, et h superficielle que par uni! légère blessure dans la peau ou produit une tache blanche : au reste, les chevaux d'Espagne, zains ou autres, -oui tous marqués à la ci hors le montoir do la marque du haras dont ils sont sortis ; ils ne sont pas communément de : randc taille; cependant on i ri trouve quelques un- de

quatre pieds neuf ou dix pouces; ceux de la haute Andalousie passent pour èlrc les meilleurs de tous, quoiqu'ils soient assez sujets à avoir la tête trop longue, mais on leur fait grâce de ce défaut en faveur de leurs rares qualités; ils ont du courage, de l'obéissance, de la grâce, de la fierté, et plus de souplesse que les barbes; c'est par tous ces avantages qu'on les préfère à tous les autres chevaux du monde pour la guerre, pour la pompe et pour le manège.

Les plus beaux chevaux anglais sont, pour la conformation, assez semblables aux arabes et aux barbes, dont ils sortent en effet; ils ont cependant la tête plus grande, mais bien faite et moutonnée, et les oreilles plus longues, mais bien placées : par les oreilles seules on pourrait distinguer un cheval anglais d'un cheval barbe; mais la grande différence est dans la taille; les anglais sont bien étoffés et beaucoup plus grands; on en trouve communément de quatre pieds dix pouces et même de cinq pieds de hauteur; il y en a de tous poils et de toutes marques; ils sont généralement forts, vigoureux, hardis, capables d'une grande fatigue, excellents pour la chasse et la course; mais il leur manque la grâce et la souplesse, ils sont durs et ont peu de liberté dans les épaules.

On parle souvent de courses de chevaux en Angleterre, et il y a des gens extrêmement habiles dans celte espèce d'art gymnastique. Pour en donner une idée, je ne puis mieux faire que de rapporter ce qu'un homme respectable a, que j'ai déjà eu occasion de citer dans le premier volume de cet ouvrage, m'a écrit de Londres le 18 février 1748. M. Thornhill, maître de poste à Slilton, fit gageure de courir à cheval trois fois de suite le chemin de Stilton à Londres, c'est-à-dire de faire deux cent quinze milles d'Angleterre (environ soixante-douze lieues de France) en quinze heures. Le 29 avril 1715, vieux style, il se mit en course, partit de Stilton, fit la première course jusqu'à Londres en trois heures cinquante-une minutes, et monta huit différents chevaux dans celte course; il repartit sur-le-champ et fit la seconde course, de Londres à Stilton, en trois heures cinquantedeux minutes, et ne monta que six chevaux ; il se servit pour la troisième course des mêmes chevaux qui lui avaient déjà servi; dans les quatorze il en monta sept, et il acheva cette dernière course en trois heures quaranteneuf minutes; en sorte que, non-seulement il remplit la gageure, qui était de faire ce chemin en quinze heures, mais il le fit en onze heures trentedeux minutes : je doute que dans les jeux Olympiques il se soit jamais fait une course aussi rapide que celte course de M. Thornhill.

Les chevaux d'Italie étaient autrefois plus beaux qu'ils ne le sont aujourd'hui, parce que depuis un certain temps on y a négligé les haras; cependant il se trouve encore de beaux chevaux napolitains, surtout pour les

a. Mylord comte de Moilon,

attelages; mais, en général, ils ont la tête grosse et l'encolure épaisse, ils sont indociles, et par conséquent difficiles à dresser : ces défauts sont comsés par la richesse de leur taille, par leur fierté et parla beauté de leurs mouvements; ils sont excellents pour l'appareil, et ont beaucoup de disposition à piaffer.

Les chevaux danois sont de si belle taille et si étoffés qu'on les préfère à tous les autres pour en faire des attelages : il y en a de parfaitement bien inouïes, mais en petil nombre, car le plus souvent ces chevaux n'ont pas une conformation fort régulière; la plupart ont l'encolure épaisse, les i paille- grosses, les reins un peu longs et bas la croupe trop étroite pour l'épaisseur du devant; mais ils ont tous de beaux mouvements, et en général ils sont très-bons pour la guerre et pour l'appareil; ils sont de tous poils; et même les poils singuliers, comme pie et tigre, ne se trouvent guère que dans les chevaux danois.

Il y a en Allemagne de fort beaux chevaux; mais en gênerai ils sont pesants et ont peu d'haleine, quoiqu'ils viennent, pour la plupart, de che- \ aux turcs et barbes dont on entretient les haras, aussi bien que de chevaux d'Espagne et d'Italie; ils sont donc peu propres à la chasse et à la course de vitesse, au lieu que les chevaux hongrois, transylvains , etc., sont au contraire légers et bons coureurs : les Housards et le- Hongrois leur fendent les naseaux, dans la vue, dit-on, de leur donner plus d'haleine, et aussi pour les empêcher de hennir à la guerre. On prétend qui' les chevaux auxquels nu a fendu le- naseaux ne peuvent plus hennir : je n'ai pas été a portée de vérifier ce fait, mais il me semble qu'ils doivent seulement hennir plus faiblement : on a remarqué que les chevaux hongrois, cravates et polonais suni fort sujet- à être bégus.

Le- chevaux de Hollande sont fort bons pour le carrosse, et ce sont ceux dont on se sert le plus communément en Fiance; les meilleurs viennent de la province de Frise; il \ en a aussi de toit bons dans le pays de Bergueset de Juliers. Les chevaux flamands sont forl au-dessous des chevaux de Hollande; ils oui presque tous la tète grosse, les pieds plats, les jambes sujettes aux eaux ; et ces deux derniers défauts sont essentiels dans de- chevaux de i arro

Il y a en France des chevaux de toute espèce, mai- les beaux sont en : etil nombre; le- meilleurs chevaux de selle viennenl du Limousin ; ils res-

iblenl assez aux barbes, et sonl comme eux excellents pour la chasse, mai- ils sont tardifs dans leur accroissement ; il faut h'- ménager dans leur jeunesse, et même ne s'en servir qu'à l'âge de huil ans : [] \ a aussi de ii'- bon- bidets eu Auvergne, en Poitou, dans I'1 Morvan, en Bourgogne; mais, après le Limousin, c'est la Normandie qui fournil les plu- beaux chevaux ; il- ne int pas si bons pour la i lia e, mais ils sont meilleurs pour la

guerre; d ont plus étoffés et plus loi formés. On lue de la basse Nor-

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mnntlie et du Cotentin de très-beaux chevaux de carrosse, qui ont plus de légèreté et de ressource que les chevaux de Hollande; la Franche-Comté et le Boulonais fournissent de très-bons chevaux de tirage : en général les chevaux français pèchent par avoir de trop grosses épaules, au lieu que les barbes pèchent par les avoir trop serrées.

Après l'énumération de ces chevaux qui nous sont le mieux connus, nous rapporterons ce que les voyageurs disent des chevaux étrangers que nous connaissons peu. Il y a de fort bons chevaux dans toutes les îles de l'Archipel; ceux de l'île de Crète a étaient en grande réputation chez les anciens pour l'agilité et la vitesse; cependant aujourd'hui on s'en sert peu clans le pays même à cause de la trop grande aspérité du terrain, qui est presque partout fort inégal et fort montueux : les beaux chevaux de ces îles, et même ceux de Barbarie, sont de race arabe. Les chevaux naturels du royaume de Maroc sont beaucoup plus petits que les arabes, mais trèslégers et très-vigoureux b. M. Shaw prétend " que les haras d'Egypte et de Tingitanie l'emportent aujourd'hui sur tous ceux des pays voisins; au lieu qu'on trouvait, il y a environ un siècle, d'aussi bons chevaux dans tout le reste de la Barbarie : l'excellence de ces chevaux barbes consiste, dit-il , à ne s'abattre jamais, et à se tenir tranquilles lorsque le cavalier descend ou laisse tomber la bride; ils ont un grand pas et un galop rapide, mais on ne les laisse point trotter ni marcher l'amble : les habitants du pays regardent ces allures du cheval comme des mouvements grossiers et ignobles. Il ajoute que les chevaux d'Egypte sont supérieurs à tous les autres pour la taille et pour la beauté; mais ces chevaux d'Egypte, aussi bien que la plupart des chevaux de Barbarie, viennent des chevaux arabes qui sont, sans contredit, les premiers et les plus beaux chevaux du monde.

Selon Marmol d, ou plutôt selon Léon l'Africain e, car Marmol l'a ici copié presque mot à mot, les chevaux arabes viennent des chevaux sauvages des déserts d'Arabie, dont on a fait très-anciennement des haras, qui les ont tant multipliés que toute l'Asie et l'Afrique en sont pleines; ils sont si légers, que quelques-uns d'entre eux devancent les autruches à la course : les Arabes du désert et les peuples de Libye élèvent une grande quantité de ces chevaux pour la chasse , ils ne s'en servent ni pour voyager ni pour combattre, ils les font pâturer lorsqu'il y a de l'herbe; et lorsque l'herbe manque, ils ne les nourrissent que de dattes et de lait de chameau, ce qui les rend nerveux, légers et maigres. Ils tendent des pièges aux chevaux sauvages, ils en mangent la chair, et disent que celle des jeunes est

a. Voyez la Description des (les de l'Archipel , par Dapper, p. 462.

b. Voyez V Afrique de Mat-mol. Paris, 1667 , t. II , p. 124.

r„ Voyez les Voyages de M. Shaw , traduits en français. La Haye , 1748 , t. I , p. 308.

d. Voyez l'Afrique de Marmol, t. I , p. 50.

p. Vide I.eonis Afric. de Africœ descript., t. II , p. 750 et 751.

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