LE COCHON \ LE COCHON DE SIAM ", ET LE SANGLIER
Nous mêlions ensemble le cochon, le cochon de Siara cl le sanglier, parce que Ions trois ne fonl qu'une seule cl même espèce; l'un est l'animal sauvage, les deux autres sont l'animal domestique: et quoiqu'ils diffèrent
i i rent. L'engoulevent m tette pa plu l hiut le fait la coultum.
' :<, !, ii domestique. — Sus domcsticui ( Linn. ). •• i ai h lé dai 01 hon domestique.
.,/,, i Oruri des pachydermes; Genre Cochon (Cav.). —Le sanglier
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par quelques marques extérieures, peut-être aussi par quelques habitudes , comme ces différences ne sont pas essentielles, qu'elles sont seulement relatives à leur condition, que leur naturel n'est pas même fort altéré par l'état de domesticité, qu'enfin ils produisent ensemble des individus qui peuvent en produire d'autres, caractère qui constitue l'unité et la constance de l'espèce, nous n'avons pas dû les séparer.
Ces animaux sont singuliers: l'espèce en est, pour ainsi dire, unique ; elle est isolée , elle semble exister plus solitairement qu'aucune autre, elle n'est voisine d'aucune espèce1 qu'on puisse regarder comme principale ni comme accessoire, telle que l'espèce du cheval relativement à celle de l'âne, ou l'espèce de la chèvre relativement à la brebis; elle n'est pas sujette à une grande variété de races 2 comme celle du chien, elle participe de plusieurs espèces, et cependant elle diffère essentiellement de toutes. Que ceux qui veulent réduire la nature à de petits systèmes 3, qui veulent renfermer son immensité dans les bornes d'une formule, considèrent avec nous cet animal, et voient s'il n'échappe pas à toutes leurs méthodes4. Par les extrémités il ne ressemble point à ceux qu'ils ont appelés solipèdes, puisqu'il a le pied divisé; il ne ressemble point à ceux qu'ils ont appelés pieds fourchus, puisqu'il a réellement quatre doigts au dedans, quoiqu'il n'en paraisse que deux à l'extérieur ; il ne ressemble point à ceux qu'ils ont appelés fissipèdes, puisqu'il ne marche que sur deux doigts, et que les deux autres ne sont ni développés, ni posés comme ceux des fissipèdes, ni même assez allongés pour qu'il puisse s'en servir. Il a donc des caractères équivoques, des caractères ambigus, dont les uns sont apparents et les autres obscurs. Dira-t-on que c'est une erreur de la nature5? que ces phalanges, ces doigts, qui ne sont pas assez développés à l'extérieur, ne doivent point être comptés? Mais £elte erreur est constante ° : d'ailleurs, cet animal ne ressemble point aux pieds fourchus par les autres os du pied, et il en diffère encore par les caractères les plus frappants; car ceux-ci ont des cornes et manquent de dents incisives à la mâchoire supérieure; ils ont quatre estomacs, ilsruminent, etc. Le cochon n'a point de cornes, il a des dents en haut comme en bas , il n'a qu'un estomac, il ne rumine point; il est donc évident qu'il n'est ni du genre des solipèdes, ni de celui des pieds fourchus ; il n'est pas non plus
1 . L'espèce du sang' icr proprement dit , de notre sanglier, est voisine de plusieurs autres : du sanglier à masque ou d'Afrique , du babiroussa , des sangliers d'Élliiop'e et du Cap-Vert ou phacochères, etc. Le pécari, le tapir sont comme des espèces accessoires du sanglier, etc.
2. Il y a un grand n imbre de v iridiés ou races de cochons domestiques.
3. Le petit plaisir de combattre ceux qui veulent réduire la nature à de petits systèmes , c'est-à-dire Linné, jette ici Buffon dans une foule de subtilités, souvent publies.
4. Et comment cela? à moins qu'il ne s'agisse de méthodes, fausses et incomplètes. La vraie méthode n'est que l'expression des faits : elle se règle sur les faits, et non les faits sur elle.