‹ Œuvres complètes avec la nomenclature linnéenne et la classification de Cuvier, reviser et annotéesChapitre 95 sur 126 · COO LA BELETTE · texte numérisé non relu

COO LA BELETTE

dent aussi la nuit pour chercher leur proie. Lorsqu'une belette peut entrer dans un poulailler, elle n'attaque pas les coqs ou los vieilles poules; elle choisit les poulettes, les petits poussins, les tue par une seule blessure qu'elle leur fait à la tète, et ensuite les emporte tous les uns après les autres; elle casse aussi les œufs et les suce avec une incroyable avidité; en hiver, elle demeure ordinairement dans les greniers, dans les granges; souvent même elle y reste au printemps pour y faire ses petits dans le loin ou la paille; pendant tout ce temps, elle fait la guerre, avec encore plus de succès que le chat, aux rats et aux souris, parce qu'ils ne peuvent lui échapper et qu'elle entre après eux dans leurs trous ; elle grimpe aux colombiers, prend les pigeons, les moineaux, etc.; en été, elle va à quelque distance des maisons, surtout dans les lieux bas, autour des moulin-, le long des ruisseaux, des rivières, se cache dans les buissons pour attraper des oiseaux, et souvent s'établit dans le creux d'un vieux saule pour y faire ses petits; elle leur prépare un lit avec de l'herbe, de la paille, des feuilles, des étoupes; elle met bas au printemps; les portées sont quelquefois de trois, et ordinairement de quatre ou de cinq; les petits naissent les yeux fermés, aussi bien que ceux du putois, de la marte, de la fouine, etc.; mais en peu de temps ils prennent assez d'accroissement et de force pour suivre leur mère à la chasse ; elle attaque les couleuvres, les rats d'eau, les taupes , les mulots, etc., parcourt les prairies, dévore les cailles et leurs œufs. Elle ne marche jamais d'un pas égal , elle ne va qu'en bondissant par petits sauts inégaux et précipités , et lorsqu'elle veut monter sur un arbre clic fait un bond par lequel elle s'élève tout d'un coup à plusieurs pieds de hauteur; elle bondit de même, lorsqu'elle veut attraper un oiseau. Ces animaux ont, aussi bien que le putois et le furet, l'odeur si forte qu'on ne peut les garder dans une chambre habitée; ils sentent pins mauvais en été qu'en hiver, et lorsqu'on les poursuit ou qu'on les irrite ils infectent de loin. Ils marchent toujours en silence, ne donnent jamais do voix qu'on ne les frappe; ils ont un cri aigre et enroué qui exprime bien le ton de la colère. Comme ils sentent eux-mêmes fort marnais, ils ne craignenl pas l'infection. Un paysan de ma campagne prit un jour trois belettes nouvellement nées dans la carcasse d'un loup qu'on avait suspendu à un arbre par les pieds de derrière; le loup était presque entièrement pourri, et la mère belette avait apporté des herbes, ^c-, pailles et de- feuilles pour faire un lit à ses petits dans la cavité du thorax.

L'HERMINE. 60t

Page 1