L'HERMINE OU LE ROSELET
La belette à queue noire s'appelle hermine et roselet : hermine lorsqu'elle est blanche, roselet lorsqu'elle est rousse ou jaunâtre. Quoique moins commune que la belette ordinaire, on ne laisse pas d'en trouver beaucoup, surtout dans les anciennes forêts, et quelquefois pendant l'hiver dans les champs voisins des bois; il est aisé de la distinguer en tout temps de la belette commune, parce qu'elle a toujours le bout de la queue d'un noir foncé, le bord des oreilles et l'extrémité des pieds blancs.
Nous avons peu de chose à ajouter à ce que nous avons déjà dit de cet animal a, et à ce que M. Daubcnton en a écrit dans sa description b; nous observerons seulement que, comme d'ordinaire l'hermine change de couleur en hiver, il y a toute apparence que celle dont il parle , et que nous avions encore au mois d'avril 1758, serait devenue blanche et telle qu'elle était l'année passée lorsqu'on la prit au 1er mars 1757, si elle fût demeurée libre; mais comme elle a été enfermée depuis ce temps dans une cage de fer, qu'elle se frotte continuellement contre les barreaux, et que d'ailleurs elle n'a pas essuyé toute la rigueur du froid, ayant toujours été à l'abri sous une arcade contre un mur, il n'est pas surprenant qu'elle ait gardé son poil d'été; elle est toujours extrêmement sauvage; elle n'a rien perdu de sa mauvaise odeur; à cela près, c'est un joli petit animal, les yeux vifs, la physionomie fine, et les mouvements si prompts qu'il n'est pas possible de les suivre de l'œil; on l'a toujours nourrie avec des œufs et de la viande, mais elle la laisse corrompre avant que d'y toucher; elle n'a jamais voulu manger du miel qu'après avoir été privée pendant trois jours de toute autre nourriture, et elle est morte après en avoir mangé. La peau de cet animal est précieuse; tout le monde connaît les fourrures d'hermine , e'.les sont bien plus belles et d'un blanc plus mat que celles du lapin blanc; mais elles jaunissent avec le temps, et même les hermines de ce climat ont toujours une légère teinte de jaune.
Les hermines sont très-communes dans tout le Nord, surtout en Russie, en Norwége, en Laponie c : elles y sont, comme ailleurs , rousses en été et blanches en hiver; elles se nourrissent de petits-gris et d'une espèce de
a. Voyez l'article de la belette.
b. Voyez la Description de l'hermine, par Daubenton '.
c. Voyez les Œuvres de Regnard, l'aris, 1742 , 1. 1, p. 178.
* Mustela erminea (Liim.). — Ordre des Carnassiers; famille des Carnivores ; tribu lies Digitigrades; genre Marte (Cuv.).
1. Après avoir compaié ensemble tous ces animaux [l'hermine, h belette, le furet , le putois, la marte et la fouine), Daubenton rapproche, très-judicieusement, l'hermine de la belette, le furet da putois, et la marte de la fouine.