‹ Œuvres complètes. Avec les notes de MM. Parseval-Grandmaison, de Féletz, de Choiseul-Gouffier, Aimé-Martin, Descuret, etcChapitre 229 sur 411 · GG · texte numérisé non relu

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plus menaçant pour lui que tout l'enfer ensemble. Tout son luxe royal autour de lui s'assemble ; Ses séraphins armés se pressent à l'eiitour ; Et quatre chérubins , des quatre points du jour, Par sou ordre embouchant la trompette fatale, Ont proclamé l'arrêt de la cour infernale : L'enfer en retentit , les cieux l'ont entendu ; Et par un vaste cri l'armée a répondu.

Alors l'espoir renaît, et charmant leur tristesse, L'orgueil présomptueux enhardit leur foiblesse. Chacun quitte ses rangs; chacun, d'un air distrait. Suivant sa triste idée ou son instinct secret. Au lieu propre à charmer les heures douloureuses, Porte ses pas errants et ses langueurs rêveuses , Attendant que son roi, triomphateur heureux. Console ses regrets et se rende à ses vœux. Tels que ces fiers rivaux des joiiles olympiques, Des combats néméens et des fêtes pythiques , Les uns, de leur destin pour tromper la rigueur, Luttent d'agilité, d'adresse et de vigueur; D'autres, dans l'air brûlant suspendus sur leurs ailes. Des flammes devant eux chassent les étincelles ; L'œil fixe sur le but et prenant leur essor. D'autres, même en courant, semblent voler encor. L'un asservit au frein un coursier intrépide ; L'autre effleure la borne en sa course rapide. Ceux-ci sous les drapeaux rangent leurs légions.

Telles, du ciel en feu troublant les régions, On croit voir se heurter les phalanges célestes, Des désastres fameux avant-coureurs funestes ; Leui's chefs aériens, éblouissants d'éclat. Viennent, baissent la lance : on se mêle, oa combat ;

In ordcr came tlie grand infernal peers;

Midst came tlieir mighty paramount, and seem'd

Alone the antagonist of lieaven , nor less

5>o Than llell's dread emperor, with pomp suprême. And god-like imitated state : him round A globe of fiery Seraphira enclos'd, With briglit imblazonry, and horrent arms. Then of their session cnded they bid cry With tiumpets' régal sound the great resuit. Toward the four winds four speedy Cherubiai Pot to tlieir muuths the sounding alchcmy, By herald's voice explaui'd; tlie hollow abyss Heard far and wide, and ail the host of Ilell

520 With deal'ening shout return'd them lond acclaim.

Tliencc more at easc their minds, and soinewhat rais'd By false presuraptuous hopc, the rangcd l'owers Disband, and wandering, each his scveral way Pursues, as inclination or sad choice Leads him perplex'd , wheie he may likeliest fînd Truce to his restless thonghts, and entcilain The irksome bours, till liis great chief returu. Part on the plain, or in the air sublime, Upon the wing, or in swilt race contend,

Mo As at the' Olynipian games or Pythian fields; Part curb their tiery steeds, or shun the goal With rapid wheels. or fronted brigades foim.

As wben, to warn proud cities, war appears Wag'd in the troubled sky, and armies rusb To battic in the clouds, before each vaD

De l'aurore au couchant l'affreux orage gronde. De leurs bruyants ébals troublant la nuit profonde, D'autres volent, montés sur de noirs tourbillons. Arrachent des rochers, et se lancent des monts : Tels on peint les géants aux champs de Thessalie ; Tel ce vainqueur fameux de l'antique OEcbalie, Dans l'excès des douleurs, de ses terribles mains, Hercule , de l'OEta déracinoit les pins ; Et, plus pronqit que la pierre échappée à la fronde, Lançoit Lychas tremblant dans les gouffres de l'onde.

D'autres, d'humeur plus douce, en des vallons secrets, Calmes et retirés, pour tromper leurs regrets, Mêloieut au son du luth leur plainte attendrissante ; Ils accusoienl le sort d'une voix gémissante , Le sort, qui, trahissant leur espoir abattu. Sous le joug de la force enchaîna leur vertu. Ils disent leurs combats et leurs nobles faits d'armes. L'orgueil dicloit leurs chants; mais ces sons pleins de (O pouvoir enchanteur des célestes concerts! ) [charmes Suspendent leurs tourments, et calment les enfers; Chaque accent les trausporle, et ces douces merveilles De la foule en extase enivrent les oreilles.

D'autres , par des discours , charmes bien plus puissants ( Les discours vont à l'ame , et l'harmonie aux sens ) , Trompoient plus noblement l'horreur du noir al)ime ; A part, sur des hauteurs d'où leur raison sublime Planoit d'un vol hardi sur cet horrible lieu. Ces esprits immortels s'entretenoient de Dieu ; Ils discutoient ses lois, sa longue prescience. De loin sur l'avenir exerçant sa puissance ; Sa providence auguste, et le terme certain Où marche d'un pas sûr l'immuable Destin.

Prick forth the aery knights, and couch their spears Till thickest légions close; with feats of arnis From eithcr end of Heavcn the wclkin burns. Others, with vast Typhxan rage more fell,

54" Bend up botb rocks and bills, and ride the air In whiriwind; Hell scarce holds the wild uproar; As when Alcides, from Oechalia crown'd With conquest, felt the' enyenora'd robe, and tore Througb pain, up by the roots Thessalian pines. And Lichas from the top of Oeta threw Into the' Euboic sea.

Others raore mild , Betreated in a silent valley, sing With notes angelical to many a harp Their own heroic deeds and bapless fall

550 By doom of battle; and complain that fate Free virtue should enthral to force or chance. Their song was partial; but the barmony (What could it less when Spirlts imniortal sing?) Suspended Ilell, and took with ravislimenl The thronging audience.

In discourse more sweet ( For éloquence the soûl, song charms the sensé,) Others apart sat on a hill rctir'd.

In thoughts raore elevate, and reason'd high Of providence, foreknowledge, will, and fate,

S6o Fix'd fate, free will, foreknowledge absolute, And found no end, in wandering mazes losl. Of good and evil much ibey argued then ,

PARADIS PERDU

13e mille ol)jels divers leur aine emhiurassée,

De dédale en dédale égaroit sa pensée.

Tour-à-tour revenoienl, dans leur long entretien,

L'inexplicable énigme et du mal el du bien;

Les vives passions, l'elïort qui les surmonte,

La liberté, les lois, et la gloire el la honte;

Le temps , l'éternité , ses plaisirs , ses tourments ;

Enfin cet appareil de vains raisonnements,

Efforts ambitieux d'une folle sagesse !

Mais ces discours, du moins, consoloient leur détresse,

Relevoient leur espoir , ranimoieiit leur valeur ;

Et, comme un triple airain endurcissant leur cœur,

Nourrissoieut en secret dans ces âmes hautaines

Le courage des maux el le mépris des peines.

Quelques-uns voyageoient en bataillons nombreux : Ils s'en alloient cherchant , sur ces bords ténébreux , Quelque climal plus doux, quelque lieu moins sauvage. Quatre points différents dirigent leur voyage ; Ils marchent côtoyant quatre fleuves divers, Qui dégorgent leurs feux dans les feux des enfers : C'est l'Achéron , le Styx , double source de peine , L'un roulant le chagrin, l'autre exhalant la haine; C'est le Cocyte affreux , à qui donna son nom Des plaintes qu'il entend le lamentable son. Plus loin le Phlégéton de son onde brûlante Roule en grondant les feux ; el dans sa marche lente Le doux Lélhé , l'image el l'auteur du repos , D'un cours silencieux promène en paix ses flots : A peine on les a bus, avec eux dans les veines Glisse l'oubli de soi, des plaisirs et des peines.

Pénétrez-vous plus loin ? soudain à vos regards Un monde glacial s'offre de toutes parts. Obscurci de vapeurs, assiégé de nuages, Séjour des ouragans, théâtre des orages. Là, des fiimas durcis les globules glacés,

Of happincss and final iniscry.

Passion and apathy , and gloiy' and shamc, Vain wisdom ail, and false pliilosnpliy ! Yet, witli a pieusing soicery , could charra Pain lor a while or angiiisli, and excite Fallacious hopc, or ariu ihe' obdured brcasi Witli slubborn patience, as with triple steel.

'■>T> Another part, in sqiiadrons and gross bands. On bold adventure to discover wide That disinal world, if any clinie perhaps Migbl yield tliein easier habitation, bend Four ways their flying niarch, along the bauks Of four infernal rivcrs, that disgorge luto the burning lake their baleful streams; Abhorrcd Styx, the flood of deadly hâte; Sad Acheron of sorrow, black and deep; Cocytus, nara'd of lamentation loud

■''"'> Heard on the rueful stream ; fierce Phlegethon , Whose waves of torrent fire inflanie with rage. Far off from thèse, a slow and silent streani, Lelhe, the river of oblivion, rolls lier watery lahyrinlh, wheveof who drinks, Forthwith bis former statc and being forgels, Forgets both joy and grief, pleasure and pain.

Bcvond this flood a frozcn continent ^^ies dark and wiUI, lieat «itli perpétuai slurius

Sans se fondre jamais, en monceaux enlassés, Resseridjlent aux fragments d'une vieille ruine; Une neige éternelle en gouffre les termine : Moins profond fut ce lac où, plongés pai' milliers, Gisent ensevelis des bataillons entiers; Ce lac dont Damicte environne l'abîme, Et que le Casius aperçoit de sa cime.

Là , le froid brûle tout , et la stérilité , Ouvrage de l'hiver, croit l'être de l'été. Là, mille affreux dénions, aux serres de harpie. Quand les temps sont venus, plongent leur foule impie ; Malheureux qui, portés des feux dans les frimas. Vont changeant de supplice en changeant de climats , El souffrent tour-à-tour, par un contraste horrible. Ce que leur double excès offre de plus terrible ; Le changement lui-même ajoute à leur tourment. Au sortir de ce feu, qui brûle incessamment, La glace tout-à-coup ressaisit ses victimes. Plongés , emprisonnés au sein des froids abîmes , Ils appellent en vain , dans l'excès des douleurs , Et la flamme éthérée et ses douces chaleurs : Vain espoir! retenus dans ces chaînes de glace. Leur corps transi n'est plus qu'une immobile masse. Enfin le temps revient , qui rend ces malheureux De leur couche de glace à leurs tombeaux de feux. Pour ajouter encore à leurs douleurs profondes, Du Léthé, sans les boire, ils traversent les ondes; Inclinés vers ces eaux où la douleur s'endort. En vain, pour les atteindre, ils redoublent d'effort ; Pour finir tous les maux , vainement dans leur roule Leur bouche haletante en implore une goutte, LTne goutte légère ! Au moment d'y toucher. Un barbare destin leur défend d'approcher : Une horrible furie , au regard de gorgone , Fait siffler ses serpents; elle accourt, elle tonne;

Of whirlwind and dire bail, which on firm land iyo Thaws not, but gathers hcaps, and ruin seenis Of ancient pile; or else deep snow and ice, A gulf proiound, as that Serbonian bog Belwixt Dainiata and raount Casius old, Wiierc armics wholc bave snnk : the parciiing air Burns frore, and cold perl'orms the effcct of iTre, Tbither by harpy-footed furies hal'd, At certain révolutions, ail the damn'd Are brought; and feel by turns the bitter change Of fierce extrcracs, extrêmes by change more fierce, boo From beds of raging fire, to starve in ice

Their soft ethereal warmth, and there to pine Immovable, infix'd, and frozen round, Periods of tirae, thence burried back to fire. They ferry over this Lcthean sound Both to and fro, their sorrow to augracnt. And wish and strnggle, as they pass, to reach The tempting stream, with one small drop to lose In sweet forgetfulness ail pain and woe, AU in one moment, and so near the brink; <>"> But Fate withstands, and to oppose tiie' attcrapt, Médusa with Gorgonian terror guards Tiie ford , and of ilself the water flies Ml lastc of living wight, as once it fled The lip of Tantalus.

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