LIVRE XII
Un enfant de David (c'est le nom de sa race,
El déjà dans les temps Dieu lui marque sa place),
Celui que l'Élernel ta prédit tani de fois,
Dc'siré d'Abraham , altendu par les rois ,
Roi lui-même, sera le dernier des monarques;
Du pouvoir à jamais il portera les marques.
Et réconciliera , par sou sang précieux ,
L'homme avec l'Éternel , la terre avec les cieux.
« Avant lui d'aulres rois se suivront d'âge en âge; Le plus riche de tous, ainsi que le plus sage, A l'arche vagabonde , abiù mystérieux Qu'un nuage cachoit aux regards curieux , Le premier fonde un culle et lui bâtit un temple. Où , dans tout son éclat , l'œil charmé la contemple. Parmi ses successeurs, les uns sont vertueux; D'autres, de leur pays tyrans voluptueux. Profanent et le sceptre et l'encensoir lui-même. Jusqu'à l'heure où le Dieu, que leur orgueil i)lasphcme, Se lève en sa colère, et punit à-la-fois Les attentats du peuple et les crimes des rois. Leur ville, leurs trésors, leurs princes et leui-s prêtres, Deviendront le jouet de ceux dont les ancêtres Pleurèrent , tu le sais, leurs projets confondus , Et de leur folle tour les travaux suspendus. A la division , la fière Babylonc
Un jour devra son nom ; là , leurs rois sont sans trône , Leurs sujets sans patrie; après dix fois sept ans, Enfin Dieu vient briser les fers de leurs tyrans. Renouvelle pour eux la parole sacrée Qu'à David autrefois lui-même avoit jurée.
« Rendus par Babyloue à leurs champs paternels. Us offrent à leur Dieu leurs hymnes solennels ; Ils respirent enfin ; de la demeure sainte Ils relèvent l'autel, ils réparent l'enceinte.
Irrévocable, that liis régal tlirone
For ever shall enflure ; tlie like shall singf
Ail propliecy, tliat of tlie royal stock
Of David (so I naine this king) shall rise
A son, the Woinan's Seed to tliee foretold ,
Foretold to Abraham , as in whoin shall trust
AU nations; and to kings foretold, of kings
33o The last; fur of his rcign shall be no end.
" But fiist, a long succession must ensue; And tiis next son, for wealth and wisdom fani'd, The cloudcd ark of God, till then in tcnts Wandering, shall in a glorious temple' enshrine. Such l'ollow him , as shall be register'd Part good, part bad; of bad the longer scroll ; Whose foui idolâtries, and other faulls Heap'd to ihe popular suiu , will so incense God , as to leave them , and eipose thcir land ,
3*0 Their city, his temple, and his holy ark, With ail his sacred tliiugs, a scorn and prey To that proud city, whose high walls thou saw'st l.cft in confusion ; Babylon thence call'd. There in captivity he lets tlicm dwcll The spacc of sevcnty years; then brings them back , Uemciiibe.ing incrcy, and his covenant sworn To David, stahlish'd as the davs of heaven.
« Uoturncd fioin li;ihylon by leave of kings 'i'Iicir lords, whora God dispos'd , tlic housc of God
Là, dans leur courageuse et sage pauvreté.
Ils se font un devoir de leur frugalité :
Eienlot leur nombre croît ainsi que leur richesse ;
L'abondance renaît, et la concorde cesse.
Les prêtres, qui dévoient, priant pour les humains,
Élever vers le cjel leurs innocentes mains,
Minisires de la jiaix, ont commencé la guerre;
Des autels indignés le sang rougit la pierre ;
Le temple est profané, le trône est envahi,
El du sang de David l'antique honneur trahi.
Il faut que l'oint de Dieu, pour qui l'homme soupire,
Ait perdu tous ses droits, qu'il naisse sans empire :
Il naît pauvre , inconnu ; mais un astre nouveau
S'allume dans les cieux, et luit sur son berceau.
Des bouts de l'univers lui portant leurs hommages ,
A ce brillant signal sont accourus les Mages ;
L'or, la myrrhe et l'encens par leurs mains sont offerts
L'humble berger se mêle aux rois de l'univers;
Un ange, dans la nuit, aux pasteurs qu'il éveille.
D'un Dieu né dans la crèche annonce la merveille ;
Ils partent : l'air frémit de sons mélodieux ,
L'hymne de la naissance est chanté par les cieux.
« Le souffle du Très-Haut , l'Esprit saint est son père ; Sans cesser d'être vierge, une femme est sa mère ; Il vit, il meurt, remonte au trône paternel : Là, sa gloire est sans fiu, son sceptre est éternel ; Et son règne ineffal)le , oîi tout espoir se fonde , A pour trône les cieux , pour empire le monde. »
C'est ainsi que parloit l'ange consolateur. Adam à ce discours sent tressaillir son cœur; Et dans la douce ivresse où son ame se noie, Il exhale en ces mots les transports de sa joie : <c Que ne te dois-je pas, ô messager des cieux ! C'en est fait, la promesse a comblé tous mes vœux :
35o They first re-edify; and for a while
In mean estale live moderate ; till, grown In wealth and multitude, factious they grow. But first among the priests dissension springs; Men who attend the altar, and should most Endeavour peace : their stiife pollution brings Upon the temple' itself : at last they seize The sceptre, and regard not David's sons ; Then lose it to a straiiger, that the tiue Anointed king Messiah might be born
36° Barr'd of his right ; yct at his birth a star,
Unseen before in heaven , proclaims hiin corne ;
And guides tlic eastern sages, who inquire
His place, to offer incense, myrrh, and gold :
His place of birth a solemn angel tells
To simple shepherds, keeping watch by night;
They gladlv thither haste, and by a quire
Of squadron'd angel shear his carol sung : —
' A virgin is his mother, but his sire
The power of the Most High; he shall ascend
370 The throne hereditarv, and bound his reign
With earth's wide bounds, his glory with the hcavens.'
He ceascd, discerning Adam with such joy Surcharg'd, as bad like grief becn dcw'd iu tcars, 1 Without tlic vent of words; which thèse he brcalh'd. " O prophet of glad tidings, fînisher Of utmost liope ! now clcar I understaud
PARADIS PERDU
De la rédemplion, du Christ et de sa mère,
En vain j'avois long-temps médité le mystère.
Salut, vierge sacrée, honneur de notre sang !
Le Christ sort de ma race, un Dieu sort de ton flanc.
En fruits miraculeux que ta tige est féconde !
Tu contiendras celui qui seul remplit le monde ;
C'est de loi qu'est formé le fils de rÉlernel,
Celui de qui Satan reçoit le coup mortel.
Mais dans quel temps, quels lieux, et par quelle blessure ! »
« Ces combats, dit Michel, ne sont qu'une figure; Contre un tel ennemi l'homme ne peut lutter, Et ce n'est pas ainsi que tu peux le dompter. A des coups plus réels son orgueil fut en butte, Quand Dieu du haut des cieux précipita sa chu^e ; Mais lui-même, en tombant, il triompha de toi. Celui dont ta révolte a violé la loi , Tout offensé qu'il est , guérira ta blessure. Non, ce n'est point Saian, l'auteur de ton injure. Que doit anéantir son pouvoir souverain, Mais ses affreux complots contre le genre humain. C'est peu : le ciel attend une grande victime. Homme foible, qu'es-lu pour racheter ton crime.' De l'immense rançon qu'attend le roi des rois, Le fils de l'Éternel peut seul porter le poids ; De la mort qui t'est due il subira la peine : A ce prix seulement, de la nature humaine Le crime héréditaire un jour peut s'expier; Un Dieu sera puni pour le justifier.
L'amour divin pouvoit effacer ta souillure;
What oft my sleadicst tlioughts hâve scarch'd in vain ; Wby our great expectation should be call'd The seed of woman : virgin-mother, bail, 38o High in the love of heaven; yet frotn iny loins Thou shalt proceed, and from thy womb the Son Of God Most High ; so God with man unités. INeeds must tbe serpent now bis capital brnise Expert with mortal pain : say wberc and wben Tbeir figbt, what stroke sball bruise tbe victor's beel? > To wliom tbus Micliacl : « Dream not of llieir figbt, As of a duel, or the local wounds Of bead or heel : not therefore joins tbe Son Manhood to Godbead, witb more strenglb to foil
^90 Thy enemy, nor so is overcome
Satan, wbose fall froin heaven, a deadlicr bruisc, Disablcd not to give thee thy deatb's wound :
» Wbicb he, who cornes thy Saviour, shall récure, Not by dcstroying Satan, but bis works In thee, and in tliy seed : nor can tliis he. But by fulfilling (that which tliou didst want) Obédience to the law of God , impos'd On penalty of dcatb, and suffering death ; The penalty to thy transgression due ,
*oo And due to theirs which ont of tbine will grow; So only can bigh Justice rest appaid.
The law of God exact he sliall fulfil lioth by obédience and bv love, tliougli love Alonc fulfil the law; thy punishment Ile sliall endure, by coniing in the flesh To a reproacbful life, and cursed death; l'roclaiining life to ail wlio sball believe In bis rédemption; and that bis obédience.
Mais, pour subir ta peine, il prendra ta nature; De crimes, de malheurs et de honte chargé, Juge des nations, lui-même il est jugé; Et , d'une infâme croix souffrant l'ignominie, Doit la mort aux ingrats qui lui devront la vie. A son dernier soupir la terre a répondu : Le ciel est apaisé , Satan est confondu ; Et, faisant du péché disparoilre la trace. Chaque goutte de sang est un fleuve de grâce.
" C'en est fait, il succombe, il meurt; mais le trépas Long-temps dans le tombeau ne le retiendra pas. La troisième aube à peine a commencé d'éclore, Son cercueil s'est ouvert. Plus brillant que l'aurore, Il sort; de ses regards partent des traits de feu : Il descendit morlel , il se relève en Dieu. L'enfer frémit de rage, et la terre de joie; Et la mort, en grondant, a relâché sa proie. Il dompte le trépas : un paisible sommeil. Qui bientôt a fait place à sou brillant réveil , N'étoit qu'un doux passage à la vie immortelle : Mais, avant de monter à la voûte éternelle, Il veut revoir encor ses disciples chéris , Se montrer dans sa gloire à leurs yeux attendris. Compagnons aulrefois de ses maux volontaires , Aujourd'hui de ses vœux sacrés dépositaires, Par eux il veut dicter ses consolantes lois, Prêcher par leur exemple, enseigner par leur voix; Par-tout ils vont verser l'eau sainte du baptême , Et braver le trépas qu'il a subi lui-même.
Imputed , becomes theirs by faitb ; bis merits 410 To save them, not their own (thougb légal) works. For tbis be sball live bated, be blasphem'd, Seiz'd on by force, judg'd, and to death condemn'd, A shameful and accurs'd; nail'd to the cross Bv bis own nation; slain for bringing life : But to tbe cross he nails tby anémies , The law tbat is against thee, and tbe sins Of ail mankind, witb biin there crucified , Never to burl them more who rigbtly trust In tbis bis satisfaction.
So he dies, 4îo But soon revives; death over bim no power Shall long usurp; ère tbe third dawning light Return, tbe stars of morn sball see bim rise Ont of bis grave, fresb as tbe dawning light, Thy ransora paid, which man from death redeems, His dcatb for man , as many' os offcr'd life ISegIcct uot, and the bencfit embrace By faith not void of works : tbis god-like act Annuls tby doom, the dcatb ibou sbouldst bave dicd In sln for ever lost from life; tins act 43o Sball bruisc the bead of Satan, crusb bis strengtb, Defealing sin and death, bis two main arms; And fix far dceper in bis bead their stings, Tiian temporal dcatb shall bruise the victor's hccl , Or theirs wbora be redeems; a death, like slecp, A gentic wafting to immortal life.
Nor aftcr résurrection sball be sfay Longer on eartb, than certain timcs to' appear To his disciples, mcn who In his life Slill foUow'd bim; to them shall Icave iu charge