‹ Œuvres complètes. Avec les notes de MM. Parseval-Grandmaison, de Féletz, de Choiseul-Gouffier, Aimé-Martin, Descuret, etcChapitre 356 sur 411 · VERS POUR LA FÊTE DE MADAME DU MOLE · texte numérisé non relu

VERS POUR LA FÊTE DE MADAME DU MOLE

( C'est le dieu du ruisseau qui parle. )

Parmi les jeux que pour vous on apprête , Permettez, belle Églé, que le dieu du ruisseau, Qui, charmé de baigner voire heureuse retraite. Vous voit rêver souvent au doux bruit de sou eau,

Vienne s'unir à cette aimable fêle.

C'est à vous que je dois le destin le plus beau : Mes ondes , avant vous , foibles , déshonorées , Sur un limon fangeux se trainoient iguorées; C'est vous de qui les soins, par des trésors nouveaux,

Ont augmenté les trésors de ma source; C'est vous qui , dans leur course ,

Sans les gêner, avez guidé mes eaux.

Vous , de Marly ' Naïades orgueilleuses ,

Qu'au haut des monts vos eaux ambitieuses S'élèvent avec peine, et fassent gémir l'air

Du bruit affreux de leurs chaînes de fer; Moi, dans ma course vagabonde,

A sou penchant j'abandonne mon onde.

Que , dans de pompeuses prisons , Le marbre des bassins tienne vos eaux captives : Entre des fleurs et des gazons

Je laisse errer mes ondes fugitives.

Allez baigner des rois le séjour enchanté; Moi, j'arrose les lieux ou se plait la beauté. Là, prenant tour-à-tour vingt formes différentes, Mes flots se font un jeu d'exprimer dans leur couis De la charmante Églé les qualités brillantes, Et savent toujours plaire en l'imitant toujours.

La pureté de ces eaux transparentes ,

* Ces vers furent composés à la sollicitation de M. l'abbé Barthélémy, qui prial'auteurde suivre, dansoettetraductinn, la mesure des vers sapliiques. — Voyez le Voyage d'Anw charsis, cliap. m, et la note il.

■ La Malmaison est près de Marly.

POESIES FUGITIVES

D'un cœtir plus pur encor peint la naïveté; Le jel brillant de ces eaux bondissantes, De son esprit peint la vivacité.

Voit-on mes flots, au gré de la nature,

Suivre négligemment leur cours?

C'est l'image de ses discours.

Qui nous plaisent sans imposture.

J'aime à répéter dans mes eaux L'azur des cieux, les fleurs de mon rivage,

El la verdure des berceaux; Mais j'aime cent fois mieux réfléchir son image.

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