‹ Œuvres complètes: avec notes et variantesChapitre 105 sur 140 · DB LA SAINT-LOUIS · texte numérisé non relu

DB LA SAINT-LOUIS

Vous, qui des mains de la Victoire Tenez le sceptre des guerriers; Vous, dont les filles de Mémoire Au temple brillant de la Gloire Ont déjà placé les lauriers ; "Vous, que l'Athénien volfige, Jadis , pour plus d'une raison , £n foule eût suivi chez Platon, Au Portique, à l'Aréopage, Et dans les champs de Marathon , Recevez mon itinéraire, Et souffrez qu'au sortir du bal , Un très-môdeste volontaire,

* Ces vers ont paru dans l'Almanach des Muses de 1778, p. 193, sous ce titre : « Vers à M. le maréchal duc de Mouchy, eu lui présentant mon Voyage de Bourgogne, au bal de la Saint-Louis ; » et ils sont signés par M. de Bertin.

a36 VERS

Sous vous apprenant l'art de plaire , ' Et Tart moins doux , mais nécessaire , De combattre un peuple rival % Ose d'une main téméraire.

Attacher quelques brins de lierre Sur le front de son général.

Dans ce frivole badinage, L'auteur n'a peint, selon l'usage, Que la moitié de ses travers :

Sachez qu'au printemps de mon âge , J'ai déjà fait plus d'un voyage , Qu'un jour on lira dans mes vers.

Au ton mélodieux d'Horace Montant le luth d' Anacréon , Enflammé d'une noble audace , D'abord au sommet du Parnasse J'osai planter mon pavillon ; Et là je marquai votre place Entre Mécène et Pollion.

Prenant mon caprice pour guide , Epris d'un maître plus charmant ,

' Almanach :

£t Tart de combattre uu rival.

AU MARÉCHAL DE... aB?

Bientôt je quittai brusquement, Sans un seul mot de compliment, Le dieu de l'onde Âganippide ; Et je crus que, d'un vol rapide.

Tour à tour un enfant de Mars Devait du palais des beaux-arts Passer dans le temple de Gnide.

Aux pieds des Amours demi-nus Je fis une courte prière , Et par des sentiers inconnus Fujrant l'empire de leur mère , Loin de Paphos et de Cythère, Je portai mes vœux ingénus Aux autels d'une autre Vénus, Plus touchante que la première.

Heureux cent fois qui la peindrait D'un crayon savant et fidèle!

L'image à tous les yeux plairait, Et ne pourrait offenser qu'elle : , Mais dispensez-moi du portrait.

Vous qui connaissez le modèle !

C'est l'aimable divinité Que l'essaim des Jeux environne.

Qui tempère par sa bonté

a38 VERS AU MARÉCHAL DE...

L'auguste éclat de sa couronne ,

Et qui tiendrait de sa beauté

Le sceptre que son rang lui donne.

Sous ses auspices, à la cour, Enfin j'ai borné sans retour Ma course inquiète et volage :

J'abjure dans ces lieux charmans Mes étemels égaremens ; C'est mon dernier pèlerinage :

Ou , si d'un paisible repos Bellone vient troubler les charmes , S'il faut ressaisir nos drapeaux , Et dans le sang de tios rivauit Venger la gloire de nos armes , Daignez être mon conducteur :

Me voilà prêt pour ce voyage. Formez mon docile courage; Et, si l'indulgence d'un sage Permet cet orgueil à mon cœur, . Jamais mon maître au champ d'honneur Ne rougira de son ouvrage.

Page 1