AUX TURCS
Vous que jamais Vénus n'a brûlés de ses flammes , De la beauté craintive oppresseurs odieux , Dites-moi donc , au nom des dieux , Pourquoi vous enfermez vos femmes!
De vos goûts dédaigneux esclaves couronnés ,
Ces objets ingénus des bornes de l'Asie
Sont pour vous tous les ans en triomphe amenés.
Vous dépeuplez la Circassie :
En êtes- vous plus fortunés ?
Vous ne connaissez pas ces transports pleins de charmes Et la crainte , et l'espoir, et ces jalouses larmes , Ces refus qui toujours irritent le désir, Et le premier baiser de la bouche qu'on aime : Ce baiser, gage du plaisir.
Est plus doux que le plaisir même.
Dans un sérail voluptueux
< Cette pièce se trouve dans PAlmaiiach des Muses de 177$ et dans Téditionde x8a3.
Oïl fume l'encens d'Arabie, Couchés sur un sofa , vous recevez les vœux De cent jeunes beautés aux superbes cheveux , Aux épaules d'albâtre , à la jambe arrondie , Au beau sein agité d'un désir amoureux.
Vous en avez , comme on peut croire, A l'œil noir et d'azur, au regard vif et doux. Mais vous en avez tant! hélas! qu'en faites- vous?
Mes chers amis/, j'ai lu l'histoire,
Et s'il faut le dire , entre nous ,
Salomon est le seul époux Qui jadis en servit près de mille avec gloire.
Son talent, aux mortels , n'est pas donné toujours ; Et lorsqu'en vos jardins , sur le soir des beaux jours , Des groupes demi-nus sous des gazes légères , Cherchent en soupirant les plus sombres détours ,
.Et sous les palmiers solitaires Vont respirer le frais et rêver aux amours;
Malgré les lois du grand prophète,
Messieurs , il est aisé de voir
Qu'au sérail l'on n'a qu'un mouchoir %
Et que rarement on le jette.
Du sexe aimable que je sers
> Édition de x8a3 :
Qu*aii sérail on n*a qu'un mouchoir.
Que ne puïs-je venger la vertu poursuivie j Et lui rendre y en brisant ses fers, La liberté qu'il m'a souvent ravie !
Mais je laisse au Russe indompté % Qui n'aime point du tout à rire , Le soin de renverser l'empire Où l'on opprime la beauté.
< Quand ces yen farent écriti la hmàe et la Porte étaient en guerre.