LIVRE IL 5(j
<c Oui ! je mourrai dans ses embrassemens ; (( Et là, sans pompe, un jour la même pierre « Sous des cyprès unira deux amans. »
Je le disais. Quelle erreur insensée , Quel fol espoir enivrait ma pensée!
Les vents hélas! en tourbillons fougueux Sur l'océan ont emporté mes vœux'. MoR Ëucharis est trompeuse et parjure.
Qu'ai-je donc fait? et quelle est son injure? Ai-je un seul jour, négligeant ses attraits, Â. ses beaux yeux coûté de tristes larmes?
Ai-je, la nuit, dans des festins secrets.
Par mes clameurs ou mes chants indiscrets , En l'éveillant, excité ses alarmes ^?
Dans mon malheur si j'ai pu l'offenser.
Je cours m'offrir à sa main vengeresse :
De tout mon sang je suis près d'effacer ^ Les pleurs jaloux qu'a versés sa tendresse.
Mais tremble, ô toi qui ris de mon tourment; Tremble : TAmour t'en réserve un terrible.
I Hiee mikijingêbam , qute nune Eunuque Notusque JacUU odot'atos *vcta per Armenios.
TiDULi.s, 1,5, 35.
> Édition de 1780 :
Ai-je la nuit, daiis dea festins secrcu , Par mes clameurs réreillé ses alarmes ?
^ Il y avait avant Tédition de i8a3 : « Je suis prêt d*effacer.
6o , LES AMOURS.
Censeur malin , crains cet arc inviitcible,
Qui d'un seul coup frappe et venge un amant'.
Pour avoir ri des maux^de la jeunesse,
A ses chagrins pour avoir insulté.
Que d'imprudens j'ai vus^, dans leur vieillesse.
Tendre leurs mains aux fers de la beauté,
Balbutier un aveu ridicule ,
Se parfumer, parer leurs cheveux blancs,.
Et, tout tran&is au pied d'un vestibule,
De leur martyre amuser les passans ^ !
Ah! si je puis, revoyant l'inhumaine, Seule un instant du moins l'entretenir, A ses genoux si le sort me ramène, Peut-être hélas! mes tourmens vont finir..
Mon Eucharis connaîtra ma tendresse;
' Édition de 1780:
TVemble ; rAmonr t'en réserre im terrible.
Sans se lasser, F Amour d*nn sceptre borribre N* accable point un malbeureux amant.
> Bertin avait écrit vus- en 1780 , <i;ff en 1785. L'éditeur de Tan x a mis vu; celui de z8a3 , vus. Cette dernière leçon est U meilleure des deux.
^ At tu, qui lœtus rides mala nostra , cavetô. Mox tibi non unus sœviet usque Deus, Vidi ego, quijuçenum miseras lusisset amores ,
Post f^eneris vinclis subdere colla senem.
Et sibi blanditias tremula componere ^voce.
Et manibus çanas ^ngere nrelle comas ;
Stare nec arUe fores puduit
T1BU1.1.E, X, a, 87.