‹ Œuvres complètes: avec notes et variantesChapitre 46 sur 140 · LIVRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE IL

Déposer des baisers sans le moindre murmure % Et varier, suspendre , ou hâter les plaisirs ? Tu pleureras un jour ta rigueur imprudente ; De mon amour, trop tard , tu connaîtras le prix. Dès demain , dès ce soir, mon âme indépendante

Peut châtier tes superbes mépris.

Déjà, déjà vingt beautés dans Paris ^

M'offrent leur cœur, et briguent ma tendresse.

J'en sais même une, ô ma belle maîtresse.

Qui se vante tout haut d'être mon Eucharis.

Reviens, avant qu'une étrangère.

Près de moi, vers minuit, se glisse entre deux draps, Et sur mon lit défait, en chemise légère , Le lendemain matin repose dans mes bras.

Oui , reviens : à ce prix, ma compagne adorable. Ton ami se soumet à la plus dure loi ; Et si jamais il ose devant toi ^

> Nota Venutfwrûva mihi est; ut Unis agatur Spiritus, ut née dent oscula rapta sonum , £t possim média quanwis ohrepere nocte.

Et slrepitu nulU> clam reserare fores,

TxBULLS, I, 8, 57.

^ Édition de 1780:

Déjà Tiagt beautés dans Paris.

^ Ihid,:

Que je ne puisse devant toi Louer, regarder même un seul objet aimable , Sans q[ue tu m^arracbes les yeux , Ou que d*nne main meurtrière.

Sur un simple soupçon , à Faspect de mes dieux. Je sois par les cheveux traîné sur la poussière. Songes-y bien

8o LES AMOURS.

Louer, regarder même un seul objet aimable , Puissent , le jour entier, dans tes yeux menaçans Ses yeux chercher en vain le pardon qu'il implore, Et ta porte, insensible à ses cris gémissans, Ne point s'ouvrir avant l'aurore!

Songes-y bien , la coupable beauté Que nul amant n'a pu trouver constante^ Dans son automne expiant sa fierté, Seule en un coin , plaintive et gémissante , A la lueur d'une lampe mourante , Coilduit l'aiguille, ou d'une main tremblante Tourne un fuseau de ses j)leurs humecté.

En la voyant, la maligne jeunesse Triomphe, et rit de sa douleur.

L'Amour, armé d'un fouet vengeur ', De désirs impuissans tourmente sa vieillesse : Elle implore Vénus ; mais la fîère déesse Détourne ses regards, et lui répond sans cesse, Qu'elle a mérité son malheur *.

> Oquœ b^Uam dwa tenes Cjrprum...

Regina, subUmiJlagello Tange Chloen semel arrogantem,

Horace , m , Od, a6 , 9.

3 At quœjidafiùt nulli^ post, n/wta seneeta , Ducitinops trenuda stamina torta manu.,»

ffanc animo gaudente ofident juvenumque cateivœ

Commémorant mérita tôt mala ferre senem.

Banc Venu» ex alto^entem sublùnis Oljrmpo Spectat, et infidis quam sit aeerbu monet,

TiDULLE, 1,6, 77.

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