‹ Œuvres complètes: avec notes et variantesChapitre 96 sur 140 · ADIEUX A UNE TERRE · texte numérisé non relu

ADIEUX A UNE TERRE

QU'OV ijAlT SUR LK POIITT DE VENDRE.

L'aimable et doux printemps ouvre aujourd'hui les cieux. O mes champs , avec vous je veux encor renaître ! Champs toujours plus aimés ^ jaixlins délicieux , Vénérables ormeaux qu'ont plantés mes aïeux , Pour la dernière fois recevez votre maître.

Prodiguez-moi vos fruits, vos parfums et vos fleurs ; Cachez-moi tout entier dans votre enceinte sombre. O bois hospitaliers, mes rêveuses douleurs N'ont pas long-temps, hélas 1 à jouir de votre ombre. Témoins de mes plaisirs dans des temps plus heureux , Vous passerez bientôt en des mains étrangères. Beaux lieux, il faut vous perdre : un destin rigoureux

Me condamne à céder des retraites si chères.

Que sert d'avoir vingt fois, dans mes travaux constans. Le fer en main, conduit une vigne indocile,

■ Cette élégie n'est point dans Tédition de 1 7 8 o , non plus que les deux suivantes.

170 LES AMOSRS.

Retourné mes guérets % et d'un rameau fertile

Enrichi ces pommiers, la gloire du printemps?

Un autre , en se jouant , de leur branche pendante

Détachera ces fruits qu^attendaieat mes paniers,

De ces riches moissons remplira ses greniers,

Et rougira ses pieds d'une grappe abondante.

Je ne vous verrai plus, ô rivages fleuris.

Source pure, antres frais, lieux pour moi pleins de charmes ;

Je ne vous verrai plus, mes pénates chérb^

Vous qui me consoUez du fracas de Paris ,

Du service des cours, du tumulte des armes]

Oui , dès demain , peut^tre avant k fin du jour,

Il le faudra quitter ce fortuné séjour,

En retournant vers vous des yeux mouiOes de larmes.

D'un pied profane et dur un ingrat successeur^

Foulera ces gazons, lits chers à maiendnesse;

Et, mutilant l'écoroe où croissaijt mon ardeur^,

Effacera ces noms qu'un soir, 6 ma maîtresse.

Les sens encor troublés de plaisir et d'ivresse.

> Qtûd làbor, ëui benefactà jwftaU ? qwd vomere terras Invertisse graves ? ,

Vxàffxi.K , C m , 534.

' Impius hase taht cuUa novalia miles hàBeiit/

ViR«ft.X^ Eci: I, 70.

^ tenerisque meos incidere amores

Arèoribus i cresceni Hlm,' cpeseetis amenés»

ViBGXLS, EcL X, 5a.

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