LIVRE III
ELEGIE XXIIl
ET DK RNIKRF.
C'est assez d'une faible lyre
Tirer de timides accords ;
C'est assez du dieu qui m'inspire Dans de frivoles jeux dissiper les trésors.
Rentrez sous vos rians ombrages, Doux enfans de la Paix, voluptueux Amours; Cachez- vous. La Discorde a troublé nos rivages; Le soldat jusqu'aux cieux poussé des cris sauvages %
Et j'entends battre les tambours.
Quel demi-dieu, chéri des filles de Mémoire^,
' Édition de 1780 :
Je vois flotter au loiu des enseignes sauvages. Le uouvelle leçon est meilleure, sans être toutefois irréprocliable. Dans une belle strophe de Pompi<,'nan, les barbares habitans de l'Afrique insultent le soleil par leurs cris sauvages ; l'épithète ne convient plus appliquée aux clameurs belliqueuses des armées européennes. Au moins fallailil designer les soldats ennemis. •
* Édition de 1780 :
Quel demi-dieu, chéri des filles de Mémoire, S'avance au bruit pompeux des instrumcns guerriers? Arraché tout sanglant aux assauts meurtriers, C'est Destaing. Faible encore et courbé sous sa gloire, 11 descend à pas lents de son
i8o LES AMOURS. LIVRE IH.
Arraché tout sanglant aux assauts meurtriers , S'avance au bruit pompeux des instrumens guerriers? C'est Achille ou d'Estaing, qui, courbé sous sa gliire, Descend à pas tardifs de son char de victoire, Et pare un jeune roi de ses doubles lauriers '. Levons-nous , il est temps : qu'on apporte mes armes ; D'un large bouclier chargez mon faible bras. Oui, j'abjure, 6 Vénus! tes honteuses alarmes; Amour, perfide Amour, je renonce à tes charmes*. C'en est fait : l'honneur parle, et je vole aux combats.
' Il désigne les avantages importans remportés par le comte d'Estaing, sur terre et sur mer, dans la guerre d'Amérique. D'Estaing revint en France en 1 780 , et c'est à ce retour que le poète fait ici allusion.
» Édition de 1780 :
Je foule aux pieds tes dons; je renonce
OEUVRES DIVERSES
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A MONSIEUR