‹ Œuvres complètes; avec notes et variantes, précédées d'une notice historique sur sa vieChapitre 116 sur 137 · L'^BÉ DELILLE · texte numérisé non relu

L'^BÉ DELILLE

SUR UN VOYAGE Qu'iL PROJETAIT DE FAIRE EN ITALIE.

Tu les verras , ces superbes remparts ,

Trône immortel de l'antique Ausonie ,

Ce ciel heureux propice à l'harmonie,

Au goût des vers , aux talens , aux beaux-arts,

Ces monumens et ces marbres épars,

Où des Romains respire le génie ,

Et la grandeur du secondées Césars î

J'admire sur tes pas ces ruines fatales, Ces temples écroulés, ces combles entr'ouverts*, Ce théâtre où Mécène eût applaudi tes vers. Et du fier Agrippa les voûtes triomphales. Là , Brutus , au sénat , poignardait un tyran ; Là, respirait Titus, l'amour de ITtalie :

Là, Jupiter tonnait au Vatican;

Là , fut surpris Ovide avec Julie.

' Daus l'Almanach des Muses de 1777, p. 9.

* Almanacli :

Ces temples orgueilleux que la mousse a couverts.

Page 1