‹ Œuvres complètes; avec notes et variantes, précédées d'une notice historique sur sa vieChapitre 128 sur 137 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

O vous qui lirez mes écrits , Lecteurs trop indulgens, voulez- vous me connaître? Au sein des vastes mers l'Afrique m'a vu naître. Faible arbuste, à neuf ans transplanté dans Paris , Et de mon premier ciel favorisé peut-être , Je surpassai l'espoir de mes maîtres chéris. Au Pinde et chez les rois , dans les camps , à Gy thère,

J'osai me montrer tour à tour.

Sincère et timide à la cour, J'eus pourtant le bonheur de n'y pas trop déplaire. En amitié fidèle encor plus qu'en amour. Tout ce qu'aima mon cœur, il l'aima plus d'un jour.

Lorsque j'entrai dans la carrière , On caressa ma muse; on daigna l'accueillir, Comme on accueille , en France , une jeune étrangère, Qui d'un lointain climat dans nos nmrs vient s'offrir. Le chantre de Ferney , sous son toit solitaire , Voyait alors l'Europe à grands flots accourir :

Hélas! j'ai peu connu Voltaire; Je l'ai vu seulement triompher et mourir. Mais Dorât , mais Bonnard , mais cette foule aimable

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