LIVRE I
ELEGIE YII.
A EUCHAUIS.
Ne crains pas qu'à mes côtés '
Une autre affaisse ta couche ,
Ni que ma coupable bouche
Caresse d'autres beautés.
Tu me plais seule, 6 mon âme*.
Oui î j'en atteste les dieux ,
Ce Paris si glorieux ,
Après toi , n'a plus de femme
Qui puisse tenter ma flamme ,
Et qui soit belle h mes yeux^.
La foule en tous lieux te presse^,
' IVulla tuuin nobis suhducet J'emina lectum.
TiBULLE , IV , l3.
Nec domina iilla meo ponet vestigia lecto.
Properce, II, 7, gS.
^ Tu mihi sola places ; necjam, te prcelei; in uihe Fonnosa est oculis ulla puella mets.
TiBurxE, if'ir/.
^ Edition de 1780 :
Et soit jolie à mes yeux.
'• .Tuvenumque prodis Puhlira cura.
Horace, ii, Od. 8.
Et murmure autour de toi ; Chacun brigue ta tendresse, Et veut me ravir ta foi :
Plût au ciel que ma maîtresse Ne parût belle qu'à moi ^ !
Pour moi seul ta tresse blonde Devrait parer ^ ces trésors Qu'elle embrasse de son onde.
Déplais au reste du monde :
Je serai tranquille alors ^,
Eh ! que m'importe , ô ma vie !
Le vulgaire et ses discours ?
Ai -je besoin qu'il m'envie Des plaisirs déjà trop courts ?
Que fait au bonheur suprême La gloire et son vain éclat ?
Heureux l'amant délicat Qui le savoure en lui-même'^ !
Dans un désert avec toi
* Alque utinam possis uni mihi bella videri.'
TiBUI.LE, IV, l3.
» Édition de 1780 ;
Devrait traLdr...
^ DispUceas aliis : sic ego tutus ero.
TlBCLLE, IV, i3.
■* Nil opiis invidia est : proctil absit gloria 'vulgi. Qui sapit, in tenero gaudeat ille sinu. IbU.