‹ Œuvres complètes; avec notes et variantes, précédées d'une notice historique sur sa vieChapitre 33 sur 137 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

ELEGIE I

Quand je perdais les plus beaux de mes jours Si doucement aux pieds de ma maîtresse % J'imaginais dans ma crédule ivresse, Qu'un tel bonheur devait durer toujours. « Qu'importe, hélas! me disais-je à moi-même, « Que le temps vole ? Il doit peu m'alarmer. « Après mille ans peut-on cesser d'aimer « Ce qu'une fois éperdument on aime?

« Quand j'aurai vu, moins bouillant dans mes vœux, « S'évanouir les erreurs du bel âge , « Et que mon front , dégarni de cheveux, . « M'avertira qu'il est temps d'être sage, « Rendu pour lors à mes premiers penchans ^,

' Édition de 1780 :

Quand je baisais au printemps de mes jours Le sein brûlant de ma belle maîtresse.

Quand l'Age aura de ses ongles trauchans Creusé les traits qui parent mon visage , Rendu trop tard à mes premiers peuchans.

« J'irai, j'irai, loin du monde volage, « De mes aïeux cultiver ^ l'héritage, « Tondre ma vigne, et labourer mes champs. « Dans mon foyer ma compagne fidèle , « Mon Eucharis, viendra donner des lois; (c Le doux ramier reconnaîtra sa voix , « Et mes agneaux bondiront autour d'elle. « Elle saura , dans la saison nouvelle , ce Porter des fleurs au jeune dieu des bois : « Elle saura, puissant fils de Sémèle^, « T'offru' les dons du plus riche des mois^, « Et surcharger ta couronne immortelle « D'un raisin mûr qui rougira ses doigts ^ . « Mon Eucharis fermera ma paupière :

' Édition de 1780 :

Cultivant.

* Il désigne Bacclius par la même périphrase dans l'Épître à Ponuard sur sa goutte.

^ Il emploie, dans l'élégie dix-septième du troisième livre, la même périphrase , pour indiquer le mois d'octobre :

Le Dieu vainqueur du Gange Du plus riche des mois nous verse les tributs.

4 Al mihifelicein vilain , si salva fuisses , Fingeham démens , sed renuente deo.

Rura colam .•Jrugumqtie aderit mea Délia custos... nia deo sciet agricolie pio -l'ilibus iwarn,

Pro segete spicas, pro grege J'erre dapein. nia regat cunctos , illi sint omnia curœ.

TlBCLLE, r, 5, 19.

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