‹ Œuvres complètes; avec notes et variantes, précédées d'une notice historique sur sa vieChapitre 38 sur 137 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Ces yeux, mes souverains, mes astres et mes dieux. Cent fois par eux (il m'en souvient, cruelle! ) Tu m'as juré de me garder ta foi, Jusqu'au tombeau d'être toujours à moi, Et de mourir amoureuse et fidèle.

Tu voulais ([ue ces yeux charmans , Tout d'un coup détachés de leur double paupière, Punissent ton erreur % si jamais la première On te voyait changer, et trahir tes sermens :

Et tu peux les lever encore Vers ce ciel outragé qu'indignent tes rigueurs ! Et tu ne frémis pas d'armer ces dieux vengeurs Que ton impunité trop long-temps déshonore ! Dis -moi : qui te forçait d'imiter la pâleur, Et de meurtrir ton sein de tes ongles barbares? Dis-moi : qui te forçait, dans ta feinte douleur. De répandre à regret quelques larmes avares?

Fiez-vous donc, tristes amans ^, Aux soupirs, aux faveurs, aux transports de vos belles. Ah ! croyez-moi : saisissez les instans Qui vous sont accordés par elles :

I Édiliuu de 1780 ;

Tombasseut daus ta main

.... pauvres amans.

as LES AMOURS.

Il n'est point d'amours éternelles; Il n'est point de plaisirs constans '.

' Quamve inihi -viles isti 'vldeantur ocelli,

Per quos scepc mi/ii crédita perfidia est. Oos tu jurahas , si quid mentita fuisses ,

Ut tihi suppositis exciderenl manibus.

Et contra magnum potes hos utlolL-rc solem !

Nec tremis admissœ conscia nequitiie! Quis te cogebat miillos pallere colores ,

Et fletum invitis ducere luminibus ?

Quis ego nunc pereo similes moniturus amantes :

O nullis tulum credcrc blanditiis!

Properce, i , i5, 33.

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