LIVRE II
Les premiers dans leurs vers marquèrent la cadence.
Je verrai ce paisible port ', Et les antiques tours de la riche Marseilles. Nos vaisseaux sont-ils prêts? Poussez-nous loin du bord. Compagnons, courbez- vous sur des rames pareilles; Fendez légèrement le dos des flots amers; Abandonnez la voile au souffle qui l'entraîne^.
Le zéphyr règne dans les airs ; Et, mollement porté sur la mer de Tyrrhène, Je découvre déjà la ville des Césars, Rome, en guerriers fameux autrefois si féconde, Rome, encore aujourd'hui l'empire des beaux-arts, L'oracle de vingt rois et le temple du monde ^.
' Il y a « le paisiljle port » daus l'édition de 182 3. Cette correction ne nous a pas semblé absolument nécessaire.
' Oinnia sunt tentata mihi qiiacumquej'ugari
Possit. At ex omni me prernit ille Deus... Viiiiin eiit auxiliuni. ]\Jutatis, Cynthia , terris ,
Quantum oculis animo tam procul ibit amor. Nunc agite , o socii, prof/tllite in, œquora navem ,
Remorumque pares ducile sorte vices , Jungiteque extremo felicia lintea rnalo.
Juin liquidum nantis aura secumlat iter. Romanœ ttirrcs , et 'Vos, maleatis , amici,
Qualiscumque mihi tttque puella , aiale.
Ergo ego nunc rudis Adriaci 'vehar œquoris hospes ,
Cogor et undisonos nunc prece adiré Deos ! Deinde per Tonium -vectus cum fessa Leckœo
Sedarit placida vêla phaselus aqua, . . . Pirœi capient me litora portus.
Properce , m , 20 , 5.
^ Édition de 1780 ;
Rome , à la fois sépulcre et berceau des beaux-arts Rome, dans tous les temps souveraine du monde.
Voilà donc les foyers des fils de Scipion , Et des fiers descendans du demi-dieu du Tibre! Voilà ce Capitole, et ce beau Panthéon , Où semble encore errer l'ombre d'un peuple libre! Oh! qui me nommera ^ tous ces marbres épars, Et ces grands monumens dont mon âme est frappée ? Montons au Vatican; courons au Champ-de-Mars, Au portique d'Auguste, à celui de Pompée. Sont-ce là les jardins oîi Catulle autrefois Se promenait le soir à côté d'Hypsithille ^ ? Citoyens ( s'il en est que réveille ma voix^ ), Montrez-moi la maison d'Horace et de Virgile. Avec quel doux saisissement, Ton livre en main, voluptueux Horace, Je parcourrai ces bois et ce coteau charmant Que ta muse a décrits dans des vers pleins de grâce , De ton goût délicat éternel monument!
' C'est It' même mouvement que dans les beaux vers de La Fontaine ' sur la solitude :
Cil ! qiii m'arrêtera sous vos sombres asiles?
' Edition de 1780 :
au côté.
Cette Hypsitliille, ou Ipsithille, était une femme calante, à laquelle Catulle demande un rendez-vous dans un style peu sentimental.
3 Jhni.:
Citoycus , s'il eu est qui comprenucnt ma voix.