LIVRE III
ELEGIE V
LA xHOlSSON.
Ma maîtresse retourne à sa maison des champs.
Quel cœur barbare et dur peut rester à la ville ^ ?
Fuyons ; dérobons-nous à sa pompe servile,
A ses frivolités, à ses discours médians.
Loin des remparts poudreux qu'arrose en vain la Seine ^,
Courons des fruits vermeils admirer les couleurs,
Et, sous le frais abri des forêts de Vincenne,
Du Lion dévorant éviter les chaleurs ^.
Viens, l'autel est paré; viens, la victime est prête;
Descends du haut des cieux, bienfaisante Cérès ;
Prends ta faucille en main, et couronne ta tête
• Rura meam , Cerinthe ^ tenenl 'villoeque puellam : Ferreus est, eheuf quisquis in uibe manet.
TiBUI.LE, IX, 3.
* Édition de 1780 :
que divise la Seiuc.
î Ibid.:
Des regards du Lion éviter les chaleurs. jam Procyon/urit Et Stella 'vesani Leonis
Sole dies reJererUe siccos.
Horace, m, Od. 2<>.
ii8 LES AMOURS.
De bluets et d'épis % trésors de tes guérets. O mes Lares , ce jour doit être un jour de fête; Des plus rians festons j'ornerai vos portraits. Écartez loin de nous et la pluie et l'orage; D'un jour tranquille et pur éclairez nos moissons '. Voyez-vous ces vieillards , ces filles , ces garçons ^, Tout un peuple courbé qui s'empresse à l'ouvrage, Et détonne gaiement de rustiques chansons ^ ? Ils vont de rang en rang : sous leur main diligente Déjà ces longs tuyaux, d'énormes grains chargés, Tombent sur les sillons , en faisceaux partagés. Le van chasse dans l'air une paille indigente ^ ; La terre au loin gémit sous l'effort des batteurs. Vers le soir, au château la troupe cantonnée
' Spicis tempora cinge , Ceres.
TiBULLE, n , I.
^ f^os quoque '^g''^
Custodes ,fertis munera aiestra. Lares.
. . . . lo / messes et bona vina date.
Ihid.
coronam
Fecil et anliquis imposait Laribus.
Ibid.
3 Le mot garçons n'est pas heureux.
4 lenr voix fausse et rustiqnc
Gaiement de Pellcgrin détonne un vieux cantique.
Voltaire, Bise. premier.
5 Le van chasse des grains une paille inutile.
C'est un vers de Delille dans les Géorgiques. Celui de Berlin est bien supérieur.