‹ Œuvres complètes; avec notes et variantes, précédées d'une notice historique sur sa vieChapitre 66 sur 137 · LIVRE III. lai · texte numérisé non relu

LIVRE III. lai

Les vrais plaisirs aux champs ont fixé leur séjour ^ : On y craint plus les dieux; on y fait mieux l'amour ^. L'Amour même, entouré de coursiers indociles, De troupeaux mugissans, dans un bocage est né. De myrte et de jasmin son berceau fut orné. Le pressant dans leurs bras, les Nymphes trop faciles N'osaient point corriger un enfant obstiné, Qui déjà nuit et jour s'abreuvait de ses larmes^. C'est là qu'en grandissant il essaya ses armes. Ses premiers traits, dit-on, se perdaient au hasard; Son arc et son carquois accablaient sa faiblesse. Ciel, qu'Amour a depuis profité dans cet art! Je l'ai bien éprouvé. Malheur à ceux qu'il blesse! Malheur même aux amans qu'il daignerait flatter^!

qui a fourni le foud de ces images, emploie le mol vague rura, rare

Rura ferunt messes...

Rure levis verno Jlores apis ingeril alveo... Rure puer verno primu/n tlejlnre coronam Fecit et antiquis imposait Laribus.

I Ce n'est qu'aux champs qu'Amour est sans feintise.

Fer R AND.

* f'oyez plus bas l'élégie xxri.

3 Les éditeurs de l'an X et de 1823 ont écrit « de leurs larmes. » J'ai représenté la leçon originale, bien que la pensée manque de netteté.

4 Ipse interque grèges inlerque armenta Cupido Natus et indomitas dicitar inter equas.

Illic indoclo primum se exerçait arcu,

Ilei tnihi ! quant doclus nanc liabet ille manus .'... Ah ! in'iseri quos hic graviter deus urget ! at ille Félix , ciii placidus leniter afjlat Amor!

TtBULLE, it, t.

iM LES AMOURS.

C'est quand l'Amour sourit qu'il est à redouter. N'importe! saisissons ses faveurs passagères; Hâtons-nous de jouir; caressons nos bergères; Livrons-nous à leur foi, mais sans trop y compter.

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