‹ Œuvres complètes; avec notes et variantes, précédées d'une notice historique sur sa vieChapitre 67 sur 137 · LES BAISERS · texte numérisé non relu

LES BAISERS

Dieux! que ta bouclie est parfumée!

Donne-moi donc vite un baiser.

Encore un, ô ma bien-aimée!

De quel feu dévorant je me sens embraser! — Prends ! sois heureux : en voilà vingt, Batliyle; En voilà trente; en voilà cent en sus. Est-ce assez? — Non. — Je t'en donne encor mille. Es-tu content? — Las! je brûle encor plus! — Et combien donc, ingrat, pour apaiser ta flamme Te faut-il aujourd'hui de baisers amoureux?

Autant ( répondis-je), ô mon âme!

Que septembre mûrit, sur les coteaux pierreux De Pomar ou d'Arbois de raisins savoureux; Autant qu'on voit d'épis jaunissans dans la plaine. Ou de grains entassés dans le sable des mers ; Autant qu'on voit briller dans une nuit sereine

' On peut comparer avec cette élégie le madrigal de Bernard à Corine :

Par un baiser, Corine , éteins mes feux. Le voilà : prends , etc.

D'étoiles, de soleils, et de mondes divers *. Quand tu m'en donnerais dès la naissante aurore. Quand tu m'en donnerais jusqu'au déclin du jour. Plus altéré , le soir, le soir, mourant d'amour, Je t'en demanderais encore.

» Quferis quoi mihi basiationes TiuE , Leshia , sint salis superque ?

Qiiam magnus numerus Libjssœ arenœ Laserpiciferis jacet Cyrenis — ^uC quant sidéra multa , cum tacet nox... Tant le basia multa basiare Vesano salis et super Catullo est.

Catulle, vu.

Page 1