LIVRE I
ELEGIE TIT
A EUCHARIS
Deux fois, jai pressé votre sein ,
Et vous m'avez, deux fois, repoussé sans colère. Vous avez rougi du larcin :
Ne fait-on que rougir, lorsqu'il a pu déplaire? Ah! c'est assez : oui, je lis dans vos yeux, Et ma victoire et votre trouble extrême.
Mortel, à vos genoux, je suis égal aux dieux ^
Vous m'aimez, je le vois, autant que je vous aime Mais de vos bras laissez-moi m'urracher : 11 n'est pas temps de combler mon ivresse.
Unis trop tôt, nos cœurs, 6 ma belle maîtresse.
De leurs liens encor pourraient se détacher.
Faites que mon amour dure autant que ma vie.
Laissez-moi par des soins acheter vos faveurs;
N'écoutez ni soupirs, ni prières, ni pleurs ; Combattez ma plus chère envie;
A mon désespoir même opposez des rigueurs. Les longs hivers font les printemps durables;
nie mi par esse deo ■videliir, etc.
Catulle , n.
lo LES AMOURS.
Les noirs frimas épurent les beaux jours ; Et l'amant, asservi sous vos lois adorables, Doit espérer long-temps pour vous aimer toujours '.
' Tu quoque quœ nostros rapuisù nuper ocellos , Sœpe lime insidias , scepe rogata nega... Sic mihi durai amor.
Ovide, Am., ii , ig.
Calla, ncga. Satiatur amor, nisi gaudia torquent. Martial, iv, 48.
Jl serait facile et peu utile de recueillir plusieurs semblables passages. On peut consulter M. Jacohs sur les Analectes, t. x,p. i7S;les Interprètes d'Aristénète, p. 4^4 » etc. Il y a plus bas, dans l'Élégie vi, p. 23, quelques vers qui prouvent qu'Eucharis avait profité de l'avertissement.