LA MERIDIENNE A. LA MEME
Dieux ! que l'air est calme et pesant!
Dieux ! qu'il fait chaud ! Sur quels rivages ,
Sous quels favorables ombrages
Veux-tu reposer à présent ^ ?
Le ciel se couvre de nuages ;
Neptune agite son trident;
J'ai vu briller à l'occident
L'éclair précurseur des orages.
Viens ( ce temps est fait pour l'amour ) ,
Viens , ô ma tendre et douce amie ,
Au fond de mon humble séjour,
Sur la natte fraîche et polie ,
Du soir attendre le retour.
Fermons sur nous , à double tour,
" Edition de 1780 :
Sous quels solitaires ombrages Iras-tu rêver à présent ?
i52 LES AMOURS.
La porte du verrou munie , Et qu'une épaisse jalousie Nous dérobe aux clartés du jour.
Eh quoi ! ta pudeur alarmée M'oppose encore un vêtement!
As-tu peur, ô ma bien-aimée , D'être trop près de ton amant?
Lorsqu'il te presse, qu'il t'embrasse, Peux-tu rougir de son bonheur?
Ote ce lin qui m'embarrasse , Ou des deux mains , sûr de ma grâce , Je le déchire avec fureur ^ De ton beau corps, que j'idolâtre.
Mes yeux parcourront tous les traits*; De tes trésors les plus secrets Mes baisers rougiront l'albâtre.
Couvre-toi de fleurs, si tu veux :
Que ce soit ta seule imposture.
Laisse une fois à l'aventure Flotter tes superbes cheveux ;
' Quod si pertendens animo njestUa cubaris , Scissa veste meas experiere manns.
Properce , II, 12.
On peut comparer IVligio de Paruy, iutituléc <• le Délire».
* « Ses yeux erraient sur son beau eorps , et ses yeux ne se lassaient << jamais. » Moutesq. Guide , ch. m. — Et uu peu plus loin , au même eudroit : « Belle reine , quittez ees vains ornemens; faites tomber cette toile « importune. »