‹ Œuvres complètes; avec notes et variantes, précédées d'une notice historique sur sa vieChapitre 9 sur 137 · LIVRE I. i · texte numérisé non relu

LIVRE I. i

Dans cet état la trouvant endormie, (Je l'avouerai) j'oubliai mon serment.

Oli! qui pourrait, dans ces inslans d'ivresse, Se refuser un si léger larcin?

Quel cœur glacé peut revoir sa maîtresse, Ou la quitter, sans baiser son beau sein? Non! je n'ai point ce courage barbare; L'amant aimé doit donner des plaisirs ; L'enfer attend ce possesseur avare % Toujours brûlé d'inutiles désirs.

Puisse souvent la beauté que j'adore.

Nue à mes yeux imprudemment s'offrir!

Je veux encor de baisers la couvrir, Quand je devrais la réveiller encore.

Dieux! quel réveil! mon cœur bat d'y songer. Son œil troublé n'avait rien de farouche^; Elle semblait quelquefois s'affliger.

Et le reproche expirait sur sa bouche ^.

■ Celte idée est peut-être due à ces vers d'Ovide ( Am., m, 7 ):

Quid, nisi possedi dives avarus opes ?

Sic aret mediis taciti vulgator in undis.

^ Édition de 1780 :

Son regard fier u'avait rien de farouche.

3 Je le vis ; son aspect n'avaii rien de faroiiclie ; Je sentis le reproche expirer dans ina bouche.

Racine, Iph. , 11, i

i4 LES AMOURS.

Déjà l'Amour est prêt à nous unir ^ : J'essaie encor de me détacher delle^ ; De ses deux bras je me sens retenir : On crie, on pleure, on me nomme infidèle. A ce seul mot, il fallut revenir.

« Ah! qu'as-tu fait, lui dis-je alors, mon ame/ « Je meurs d'amour : cruelle, qu'as-tu fait ? « De tes beaux yeux, de ces yeux pleins de flamme , :-J^ « Voilà pourtant l'inévitable effet. ^

a Pourquoi poser ta tête languissante « Contre ce cœur ému de tes accens?

« Pourquoi cent fois, de ta main caressante , « Au doux plaisir solliciter mes sens?

« Un seul baiser — quand ta bouche vermeille « Le poserait avec plus de douceur « Que ne le donne et le frère à la sœur^,

' Toutes les éditions porteul :

Déjà l'Aïuonr avait su nous unir.

Nous avons suivi l'errata de celle de 1 783 , lequel a échapi)é à raltiiuioii de nos prédécesseurs.

» Édition de 1780 :

J'essaie en vain de me détacher d'elle.

' oscilla

Qiialia necj'ratri tulcrit germana seveio.

Ovide, Ain., 11 , Ct.

L'éditeur de la traductiou giecque des Métamorphoses d'Ovide a rassemblé

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