‹ Œuvres complètes. Avec un commentaire historique et critique (volume 2)Chapitre 34 sur 76 · IX · texte numérisé non relu

IX

N.KTc iMincaii de cclcstc pic^a^c,

ll.imc.ui par qui la colombe cnnu\ ce Au demeurant de la terre noyée Porta jadis un si joyeux message :

Heureux rameau, sous qui gist à l'ombrage L;i douce paix icy tant désirée, Alors que Mars et la discorde irée Ont tout remplv de feu, de sang, de rage :

S'il est ainsi que par les saints esprits

Sois tant loué, helas! re«;oy mes cris, O mon seul bien, ô mon espoir en terre !

Qui seulement ne me tesmoignes ores

Paix, et beau temps: niais toy mesmes cncores Me peux sauver de naufrage et de guerre.

Si mes pensers vous estoyent tous ouvers. Si de parler mon cœur avoit l'usage Si ma constance estoit peinte au visage. Si mes ennuis vous estoyent descouvers.

Si les souspirs, si les pleurs, si les vers,

Monstroyent au vif une amoureuse rage Lors je pourroy' fléchir vostre courage, Voire à pitié mouvoir tout l'univers.

Adoncq' amour, seul tesmoîn de ma peine, Vous pourroit estre une preuve certaine De ma fidèle et serve loyauté.

Qui d'aussi loin devant les autres passe. Que le parfait de vostre belle face Hausse le chef sur toute autre beauté.

O toy à qui a esté ottroyé

Voir ceste flamme ardent qui s'entretient En l'estomac du Géant qui soustient Un mont de feu sur son dos foudroyé :

lù ccstuy-lA qui l'oiseau dcdic

Au Dieu vengeur qui la foudre en main tient,

Paist d'un pouhnon, qui toujours luy revient.

Au froit soniniet de Caucase lié :

Je te supply' imaginer encore

Ce qui mon cœur brusle, englace et dévore,

Sans me donner loisir de respirer, l.ors me diras, vovant ma peine telle.

Tu sers d'exemple à qui ose aspirer

Trop hardiment à cIk^sc non mortelle.

LU

Mère d'Amour, et tille de la Mer,

Du cercle tiers lumière souveraine,

Q.ui ciel et terre, et champs semez d'arène

Peux jusqu'au fond des ondes enfiammer,

Tov qui le doux mesles avec l'amer,

Quand ce beau ris que le ciel r'asserene, De tous les Dieux le plus cruel refrène, Et le contraint ton aide reclamer :

Dont luv tout plein de ce tant doux venin Entre ces bras paist son œil jA baiin En ta divine et céleste beauté :

Te plaise (helas !) Déesse à ma prière,

l'Ieschir un peu ceste mienne guerrière Q.ui a trop plus que Mars de cruauté.

Page 1