I.XXXIV
Seul et pcnsilpar la dcscric plaine
Rcsvant au bien qui me l'ait douloureux. Les longs baisers des colonibs amoureux Far leur plaisir tirent croistre ma peine.
Heureux oiseau, que votre vie est pleine
De grand' douceur ! ô baisers savoureux ! O moy deux fois et trois l'ois malheureux, Qui n'ay plaisir que d'espérance vaine !
Voyant encor' sur les bords de mon fleuve Du sep lascif le;, longs embrassemens De mes vieux maux je fis nouvelle esprcuve.
Suis-je donc veuf de mes sacrez rameaux ? C) vigne heureuse, heureux enlacemens, O bord heureus, o bien heureux ormeaux.
Farmy l^s fk'urs ce faux Amour tendit Une ré d'or légèrement coulante.
Sous les rameaux d'une divine plante, Où de pié quoy ce cruel m'attendit.
Bien me sembla que quelque voix me dit, Hoste les pas de ta course trop lente. Quand une main doucement violente Serrant la corde à terre m'estendit.
Lors je fus pris et ne me preno\ ' garde Qu'en mille nœuds lié je me regarde En la prison d'une beauté céleste :
Là est ma foy, geôlier nuit et jour,
O douce chartre ! à bien-heureux séjour Qui m'a rendu la liberté moleste.
Près d'un boccage, au milieu d'un beau pré
Où d'un ruisseau la fraischeur toujours dure Je te feray un autel de verdure De mille fleurs tout autour diapré.
ij^ (irvKis lOMiiriK'^ ni i. nr hkiiay