DU RETOUR DU PRINTEMPS
J M. Jûii Dorai
ODL VIII
De Thwer la triste froidure Va sa rigueur adoucissant, Ht des eaux l'escorce tant dure Au doux zephvre amolissant.
Les oiseaux par les bois Ouvrent à ceste fois Leurs gosiers estrecis :
Et plus sous durs glassons Ne sentent les poissons Leurs manoirs racoursis.
La froide humeur des monts chenus Enfle desjà le cours des fleuves.
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Dcsjà les clicvcux sont venus Aux lorcst si longuement veuves.
La terre au ciel riant
Va son teint variant
De mainte couleur vive :
Le ciel, pour luv complaire,
Orne sa (ace claire
De grand" beauté naïve.
Venus ose jà sur la brune, •Mener dances gaves et cointes .\ux pasles ravons de la Lune Ses Gr.ices aux Xvmplies bien jointes.
Maint satyre outrageux
Par les bois ombrageux.
Ou du haut d'un rocher,
(Quov que tout brusie et ardej
Hstonné les regarde,
Ht n'en ose approcher.
Or' est temps que l'on se couronne Du l'arbre à Venus consacré Ou que sa teste on environne Des fleurs qui viennent de leur gré.
Qu'on donne au vent aussi
Cest important souci,
Qui tant nous fait la guerre :
Que l'on voire sautant,
Que l'on voise hurtant
D'un pié libre la terre.
Voi-cy desjà l'esté qui tonne.
Chasse le peu durable ver.
L'esté le fructueux automne, L'autonne le frileux hyver.
Mais les Lunes volages
Ces célestes dommages
Reparent, et nous hommes
Quand descendons aux lieux
De nos ancestres vieux,
Ombre et poudre nous sommes.
Pourquov donc avons-nous envie Du soin qui les cœurs ronge et fend Le ternie bref de nostre vie Long espoir avoir nous défend.
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Nous donnent de journées ICstimons que c'est i;.iin.
Que ssais-tu si les Cieux Ottrovront A tes yeux De voir un lendemain ?
Dy A 1.1 Lyre qu'elle cnr.intc Quelques vers, dont le bruit soit tel.
Que ta Vienne à jamais se vante Du nom de Dorât immortel.
Ce grand tour violent De Tan leger-volant Ravit et jours et mois, Xon les doctes escrits Qui sont de nos esprits Les perdurables voix.