‹ Œuvres complètes. Avec un commentaire historique et critique (volume 2)Chapitre 62 sur 76 · DU RETOUR DU PRINTEMPS · texte numérisé non relu

DU RETOUR DU PRINTEMPS

J M. Jûii Dorai

ODL VIII

De Thwer la triste froidure Va sa rigueur adoucissant, Ht des eaux l'escorce tant dure Au doux zephvre amolissant.

Les oiseaux par les bois Ouvrent à ceste fois Leurs gosiers estrecis :

Et plus sous durs glassons Ne sentent les poissons Leurs manoirs racoursis.

La froide humeur des monts chenus Enfle desjà le cours des fleuves.

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Dcsjà les clicvcux sont venus Aux lorcst si longuement veuves.

La terre au ciel riant

Va son teint variant

De mainte couleur vive :

Le ciel, pour luv complaire,

Orne sa (ace claire

De grand" beauté naïve.

Venus ose jà sur la brune, •Mener dances gaves et cointes .\ux pasles ravons de la Lune Ses Gr.ices aux Xvmplies bien jointes.

Maint satyre outrageux

Par les bois ombrageux.

Ou du haut d'un rocher,

(Quov que tout brusie et ardej

Hstonné les regarde,

Ht n'en ose approcher.

Or' est temps que l'on se couronne Du l'arbre à Venus consacré Ou que sa teste on environne Des fleurs qui viennent de leur gré.

Qu'on donne au vent aussi

Cest important souci,

Qui tant nous fait la guerre :

Que l'on voire sautant,

Que l'on voise hurtant

D'un pié libre la terre.

Voi-cy desjà l'esté qui tonne.

Chasse le peu durable ver.

L'esté le fructueux automne, L'autonne le frileux hyver.

Mais les Lunes volages

Ces célestes dommages

Reparent, et nous hommes

Quand descendons aux lieux

De nos ancestres vieux,

Ombre et poudre nous sommes.

Pourquov donc avons-nous envie Du soin qui les cœurs ronge et fend Le ternie bref de nostre vie Long espoir avoir nous défend.

1Q4 orvKis i.oMiiiiis PI \. m lu n .\^

C"c «.]UC les (.icslilK'C.N

Nous donnent de journées ICstimons que c'est i;.iin.

Que ssais-tu si les Cieux Ottrovront A tes yeux De voir un lendemain ?

Dy A 1.1 Lyre qu'elle cnr.intc Quelques vers, dont le bruit soit tel.

Que ta Vienne à jamais se vante Du nom de Dorât immortel.

Ce grand tour violent De Tan leger-volant Ravit et jours et mois, Xon les doctes escrits Qui sont de nos esprits Les perdurables voix.

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