CHANT DU DÉSESPÉRÉ
ODK IX
La Parque si terrible
A tous les animaux, Plus ne me semble horrible.
Car le moindre des maux, Qui nvont l'ait si dolent Est bien plus violent.
Comme d'une fontaine
Mes yeux sont desgouttans, Ma face est d'eau si pleine.
Que bientost je m'attens, Mon cœur tout soucieux Distiler par les yeux.
De mortelles ténèbres
Ils sont desja noircis.
Mes plaintes sont funèbres, Et mes membres transis :
Mais je ne puis mourir, Et si ne puis guarir.
CHANT nr DHSESPf;HK
La tortiinc amiable
J:st-cc pas moins que ricii ?
O que tout est muabic IJi ce val terrien !
Helas ! je le cognov".
Q.ui rien tel ne craignov !
Langueur nie tient en lesse, Douleur me suit de près.
Regret point ne me laisse, Et crainte vient après :
HreC, de jour et de nuict.
Toute chose me nuit.
La verdoyant' campaigne.
Le flory arbrisseau, Tombant de la montaigne Le murmurant ruisseau. De ces plaisirs jouir Ne me peut resjouir.
La musique sauvage
Du rossignol au bois Contriste mon courage, Jà me desplait la voix De tous joyeux oiseaux.
Qui sont au bord des eaux.
Le cygne poétique
Lorsqu'il est mieux chantant, Sur la rive aquatique Va sa mort lamentant, Las! tel chant me plaist bien, Comme semblable au mien.
La voix repercussive
En m'oyant lamenter, De ma plainte excessive Semble se tourmenter.
Car cela que j'av dit Toujours elle redit
Ainsi la joye et l'aise
Me vient de dueil saisir.
Et n'est qui tant me plaise Comme le desplaisir.
De la mort, en effect.
L'espoir vivre me fait.
M^ Ol \RKS COMniTKS DI" ]. DL" I II I AY
IVicu tonn.int, ilc ta toiklrc Viens ma mort avancer, Alin que sove en poudre Premier que de penser Au plaisir que j'auroy' Q.uand ma mort je sçauroy".
JV Si;iC\l:i'R PIHRRI: DU ROXSARD