DE ^LADAME MARGUERITE
Ce petit enfant amour
Ne voleté point autour De Marguerite, et ne touche, Folastre, à sa chaste couche; Et son traict qui les cœurs poingt La vierge ne blesse point ; Loin de son lict la pucelle Le chasse, mais autour d'elle Vont voletans les oyseaux, Plaisans, honnestes et beaux, Qui d'une douce cholere Vont de leur maistresse chère La belle main pinsetans.
Or, vent en l'air voletans, Or, sautelans vont et viennent Et leur maistresse entretiennent En ces passetemps joyeux, L'un contre l'autre envieux.
Mais Cupidon meurt de honte,
Que de luy l'on ne tient compte.
Et de fureur qui le mord.
Prenant le traict de la mort,
A du passereau la vie Malheureusement ravie,
Du passereau tant chéri.
Sur tous le plus favori.
Que maudite soit ta race
Enfant de mauvaise grâce
D'avoir tué tel oyseau,
Que le gentil Passereau.
Mais, cruel, ta felonnie
Xe demourra impunie,
Tu en seras bien puni,
Car comme ennemi, banni
Tu seras de la demeure
Où Marguerite demeure,
Et des belles, dont les yeux
Semblent aux flammes des cieux.
Plorez, belles, plorez donques,
Plorez, si plorastes oncques,
Le passereau regrettant.
Que Marguerite aimoit tant.
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