‹ Œuvres complètes. Avec un commentaire historique et critiqueChapitre 13 sur 115 · ODE XIII · texte numérisé non relu

ODE XIII

Les Thraces chantent leur Orphée, La Grèce encore se débat De cil qui du Troyen combat Dressa le superbe trophée,

Thebes encor' est glorieuse

Du lut sur tous le mieux appris.

Qui donne en Olympe le pris De la palme victorieuse.

Paris, mais bien la France toute, De Seine oit tous les jours le son Qui fait de toy mainte chanson.

Que nostre siècle heureux escoute.

Heroet aux vers héroïques,

(Sujet vrayment digne du ciel) Qui en douceur passent le miel.

En gravité les fronts stoïques :

Ta Muse des Grâces amie,

La mienne à te louer semond As érigé l'Académie.

Si l'on doit croire à Pytagore, Qui les corps fait reanimer.

On peut, Heroet, estimer En toy celuy revivre encore,

A qui jadis dedans la bouche Les abeilles alloyent formant Le miel, lors qu'il estoit dormant, Encor' enfant, dedans sa couche.

Tu as rompu l'arc et la trousse Du jeune archer malicieux.

Qui blessoit la terre et les cieux, Luy baillant nature plus douce.

Venus, qui n'a plus de puissance.

En vain par tout cerche son fils,

Que n'agueres voler tu lis D'ici au lieu de sa naissance.

Sus, Muses, que Ion environne, Le front sçavant de cestui-ci, Qui a bien mérite aussi De vos mains recevoir couronne.

Vos mains donqucs la luy composent Non du victorieux laurier, Mais» du pacifique olivier.

Dessous qui les loix se reposent.

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