De la Sainte Eucharistie
Le Pontifical prescrit de commencer la visite par le Saint Sacrement, comme il est de toute convenance : « Incipit visitationem a sanctissima eucharistia1. »
1. Le cardinal Orsini n’indique pas la matière du « ciboire »,
1. « Rnus Dmus Josephus Maria Martin de Herrera et de la Iglesia, archiepiscopus Compostellanus, a Sacra RituumCongregationeeorum quæ sequuntur opportuHam declarationem expetivit, nimirum : — Quum in pastorali visitatione orator ipse deprehenderitin multis filialibus ecclesiis seu oratoriis alicujus paroeciæ, SSmam Eucharistiam asservari,ubi missa celebratur tantummodo vel dominicis vel quando sacrum viaticum ad ægrotos ferendum desumitur; reliquum vero temporis spatium nemo illuc accedit, præter sacristam ad alendam lampadem, januis clausis ceteroquin manentibus ; hinc quæritur : An SSmum Eucharistiæ Sacramentum in iisdem ecclesiis ila servandum permitti possit? — S. R. G. resp.: Négative, nisi per aliquot diei horasadituspateat fidelibus SSmam Eucharistiam visitare cupientibus.» (In Compostellana, 15 nov. 1890.)
parce qu’il suppose que les ressources insuffisantes de certaines églises ne leur permettent pas de l’avoir en argent. Il exige seulement que « l’intérieur, coupe et couvercle, soit doré1 ».
2. Les « particules » ou petites hosties doivent se « renouveler » tous les huit jours 2. Orsini le rappelle dans une de ses visites : « Renovatio eucharistiæ fit singulis octo diebus. »
Le prêtre qui consacre doit veiller préalablement à ce que les hosties soient saines et intactes; pour cela, à la sacristie, on passe les doigts tout autour pour en détacher les fragment s [qu\ ne seraient pas adhérents 3. Les « parcelles » qui restent au fond du ciboire seront consommées, chaque fois qu’on renouvellera les hosties, et par conséquent le ciboire sera complètement purifié.
3. Le ciboire est entièrement recouvert, à l’extérieur, d’un a pavillon en soie blanche » prescrit par le Rituel.
4. Un « ciboire plus petit » sert pour la communion que l’on porte en viatique aux « malades4 », soit pour ne pas laisser l’église sans le Saint Sacrement, soit à cause de l’incommodité que causerait le ciboire ordinaire, destiné à contenir un plus grand nombre d’hosties.
5. Un « corporal » de toile bénite couvre toute la partie inférieure, le fond du « tabernacle », par respect pour le Saint Sacrement, qui ne doit toucher à rien de profane. Orsini fait cette recommandation dans une de ses visites : « Corporale stratum pro capacitate cellulæ tabernaculi. »
6. Une « tenture blanche en soie » garnit tout « l’intérieur du tabernacle ». A Rome on y ajoute un rideau, dont les anneaux
1 . « Curare porro debet (parochus) ut perpetuo aliquot parliculæ eonsecratæ eo numéro qui usui infirmorum et aliorum fidelium communioni satisesse possit,conserventur in pyxide ex solida decentique materia, eaque munda, et suo operculo beneclausa, aibo vélo cooperta. » (Rituel.)
Le Rituel a une bénédiction spéciale pour le ciboire : « Benedictio tabernaculi seu vasculi pro sacrosancta eucharistia conservanda. » Cette bénédiction est réservée à l’évêque.
2. « Sanctissimæ eucharistiæ particulas fréquenter renovabit (parochus). Hostiæ vero seu particulæ consecrandæ sint recentes ; et ubi eas consecraverit, veteres primo distribuât vel sumat. » (Rituel.) — « Ilia (S. Eucharistia) saltem semel in hebdomada mutetur et renovetur. » (Cærem. Episc .) — S. C. Concil., 5 april, 1575; S. C. Rituum, 1672 in Conchen ., 1826 in Gandaven.
3. « Patenam cum hostia integra quam leviter extergit (sacerdos), si opus est, a fragmentis. »> (Missel.)
4. « Aliquot particulas consecratas. . . ponet in pyxide seu parva custodia, quam proprio suo operculo cooperitet vélum sericum superius ponit. » (Rituel.)
glissent sur une tringle pour la partie qui correspond à la porte, laquelle est, ou doublée detolfe, ou plus souvent garnie d’une plaque de métal doré. |
7. L’évêque, lors de la visite, examine lui-même le « ciboire », qu’il remet à sa place, après avoir donné la bénédiction.
8. Le « tabernacle » est ou en bois doré, ou en métal également doré, ou en marbre précieux. La porte doit fermer exactement1 et la « clef d’argent 2 » est gardée par le curé ou le recteur de l’église ou bien déposée sous clef dans une armoire de la sacristie, ainsi que l’a prescrit la sacrée Congrégation des Évêques et Réguliers3.
9. Le tabernacle est quelquefois « dans les gradins » mêmes de l’autel; c’est ce qu’on appelle le tabernacle à la théatine , comme nous l’apprend Orsini dans une de ses visites : « Tabernaculum marmoreum intra gradus existens instar Patrum Theatinorum, ut vulgo aiunt. » Le même archevêque, dans le concile provincial de Bénévent tenu en 1693, donne le vrai sens du mot vacua employé par la Méthode : « In base ejus vacua (tabernaculi), nedum in eo, nihil ulterius custodiatur, etiam si essent sacrorum oleorum vasa vel sanctorum reliquiæ. » Ainsi « le dessous du tabernacle doit être entièrement vide », c’est-à-dire dépourvu de tout objet, même sacré. La S. C. des Évêques et Réguliers n’avait pas été aussi loin dans le décret suivant : « On doit enlever du tabernacle du Saint Sacrement les vases aux saintes huiles, les reliques et toute autre chose, n’y laissant que le Saint Sacrement et même pas les calices. » (3 mai 1593.)
1. « Quantum res feret, ornato in tabernaculo clave obseralo. » [Rituel.) — « Sacramentum eucharistiæ... . in ecclesia, in loco mundo, condecenti et securo, sub sera et fida custodia diligenter servate. » [Pontifical.)
2. « Pro cellula tabernaculi duæ extabant claviculæ, una argentea, sed argentea dispersa, ferrea altéra : hinc mandatum est argenteam omnino renovari cum omnimoda inhibitione ferreæ. » [Act. de visite du card. Orsini.)
3. Le cardinal Orsini a inséré cet article dans son 2ie synode de Bénévent: « Inane illurum exprobainus parochorum studium qui aquam baptismalem, SS. Eucharistiam et sacra olea sub fida clavium custodia servent ; claves inde ipsas obvias quibusvis faciunt et communes. In armariolis enim, quæ passim per totum diem reserata conspiciuntur, ubi calices vel missalia asserventur, pendulas linquunt sacristæ reliquorumque laicorum arbitrio Servituras. Ne ergo, ut usquam evenit, quod ecclesiæ et christiano populo datum est ad salutem, maleficorum manus, diabolo opérante, ad perniciem abutatur, claves ipsas parochi cæterique ecclesiarum rectores caute diligenterque apud se omnino retineant et ne clerico quidem ministro illas ullo modo committant. »
10. Le « pavillon du tabernacle », ordonné par le Rituel1, varie suivant les fêtes. Il n’admet que « quatre couleurs », blanc, rouge, vert, violet ; le violet remplace le noir aux offices funèbres : « Tabernaculum indiget conopæis omnium colorum, cum præter album vêtus nullum aliud extet. » ( Actes de visite.)
11. Sur le gradin, près du tabernacle, on place un « vase » quelconque, en argent, cristal ou porcelaine, avec une soucoupe et un linge « pour essuyer les doigts ». L’intérieur du vase contient une éponge imbibée d’eau : c’est là que le prêtre se purifie l’index et le pouce de la main droite, quand il a donné la communion en dehors de la messe2.
12. Un « escabeau » est nécessaire, soit pour 'prendre et remettre le ciboire dans le tabernacle, soit pour exposer le Saint Sacrement. Il faut éviter qu’il porte sur l’autel même, ce qui serait inconvenant. Il est ainsi mentionné dans les décrets des visites : « Che si rinnovi lo scabello per ascendere al tabernacolo. »
13. Une « lampe » au moins doit brûler constamment devant le Saint Sacrement 3. Dans les grandes églises, le Cérémonial des évêques en requiert au moins cinq, toujours en nombre impair; elles sont alors suspendues à un lampadaire, et non mises de côté. La lampe italienne se termine par une « pomme » ou récipient rond en forme de boule, qui contient l’huile et met la mèche en évidence. Cet usage est préférable au système français qui fait nager une veilleuse dans un verre, en sorte que la lumière baisse avec l’huile, et, quelquefois, disparaît même complètement. La « pomme » ou boule de métal sert encore à monter et descendre la lampe, et c’est le sens qu’explique Orsini dans ce passage d’une de ses visites :
« Locus seu tabernaculum ubi custoditur (S. Eucharistia) diligentissime et fidis clavibus obseretur. » ( Cærem . episc.)
1. « Hoc autem tabernaculum conopeo decenter opertum atque ab omni alia re vacuum, in altari majori vel in alio quod venerationi et cultuitanti sacramenti commodius ac decentius videalur, sit collocatum, ita ut nullum aliis sacris functionibus aut ecclesiasticis officiis impedimentum afferatur. » (Rituel.)
2. « Eosdem digitos quibus tetigit sacramentum abluat et abstergat purificatorio. ï [Rituel.) Cette eau doit être jetée dans la piscine : « Ablutionem. . . in sacrarium injiciat. >» (Rituel.)
3. « Lampades coram eo plures, vel saltem una, die noctuque perpetuo colluceat. » (Rituel.) — « Lampades quoque ardentes numéro impari in ecclesiis tum ad cultum et ornatum, tum ad mysticum sensum, etc. » — Lampe devant le S. Sacrement, dans les Analecta, t. I, col. 1305-1317,1421-1427.
« Pendet lampas anto altare, sed sine lampadario et sine poraulo pro ascensu et descensu, et idcirco mandatum est aut amoveri aut ad formam aptari. » {Actes de visite.)
14. Pour les processions il faut « un ostensoir portatif1 » en forme de sphère rayonnante, que l’on tient couvert, à la crédence ou à l'autel, d’un voile de soie blanche, tant que la sainte hostie n’y est pas déposée. Deux actes de visite donnent au mot sphera sa signification précise; l’on ajoute même la mention d’une ôoîfepour enfermer l’ostensoir : « Novum ostensorium procuratum fuit cum sphera argentea et lunula deaurata ad formam et vas ex aurichalco deaurato atque theca competenti. » « Un ostensorio seu sphera in argento. »
15. « Pour le jeudi saint, le tabernacle » où l’on conserve l’hostie consacrée qui sera consommée à la messe des présanctifiés a un aspect particulier. A Rome, on le fait en bois doré, en forme d’urne, qui s’ouvre de haut en bas et non par côté, et que l’on surmonte d’un pélican, ou mieux d’un agneau pascal. Le cardinal Orsini lui donne le nom de « monumento » dans plusieurs actes et le fait surmonter d’une croix. L’archevêque Pacca, dans sa visite de l’an 1752, nomme ainsi ce tabernacle spécial « monumento per la feria Y délia maggiore ebdomada ». De plus il prescrit qu’on y ajoute un corporal : « Item si facciano corporaletti per il medesimo monumento giusta la sua capacita. »
16. Le « voile huméral » sert pour la bénédiction et le transport du Saint Sacrement. Il est en soie « blanche », assez long pour retomber de chaque côté et fort large. Le manque d’ampleur le rend d'ailleurs mesquin et ridicule. « Yelum humerale fuit reprobatum quia nimis subtile. »
17. Une «bourse de soie blanche », fermée et que l’on suspend au cou par des cordons, convient aux curés de « campagne, quand ils
i ont à porter au loin la communion ». Ainsi l’avait déjà ordonné le Rituel : « Quod si longius aut difficiles iter obeundum sit et fortasse I etiam equitandum, necesse erit vas in quo sacramentum defertur, Il bursa decenter ornata et ad collum appensa. »
1. « Sacerdos prirnum naissain celebret, in qua duas hostias consscret, et sumpta i una, alteram in tabernaculum in processione deferenduna ita reponat ut per vitruna seu crystallum, etc. » (Rituel.)
18. Un « dais » portatif et non fixe sur l’autel, vulgairement nommé exposition , est requis pour Y « exposition » solennelle du Saint Sacrement, tant au salut qu’aux quarante heures et autres expositions temporaires.
19. L’usage romain est de faire porter à la main par un clerc ou le sacristain, en tête du cortège, une « exposition » en bois doré, sous laquelle s’abrite ^le Saint Sacrement quand on le dépose, avant et après la communion, dans la chambre du malade, sur la table préparée à cet effet. A Bénévent, on se sert encore, comme du temps du cardinal Orsini, de la cassette de Macerata, que les actes des visites enregistrent ainsi : « Approviamola cassetta Maceratense per la delazione delviatico. » « Approviamo la nuova cassetta Maceratense. »
Dans la visite de l’an 1704, le cardinal Orsini s’exprime en ces termes : « Parvum baldachinum cum duobus parvis candelabris ex ære cyprio, quod defertur ad domum infirmorum et foris formam exhibet missalis cum veste coriacea, aperitur postea et intus habetur baldachinum et adest theca, ubi asservatur palla seu corporale stratum et rituale. » Cette cassette est en bois, recouvert de cuir à l’extérieur et doublé de soie blanche à l’intérieur; elle mesure en longueur 0.33 c., en largeur 0.26 c., en épaisseur 0, 10 c.; dans l’épaisseur est ménagé un tiroir où l’on met le rituel et un purificatoire. Le couvercle est à charnière ; quand on l’ouvre, il est maintenu à angle droit par deux crochets latéraux. Un crochet maintient également le petit dais d’étoffe qui était replié et qu’on redresse contre le couvercle. Ce dais est plus étroit que la boîte : il a 0.18 c. en largeur, 0.14 c. en profondeur, 0.08 c. en hauteur; au fond de la cassette est un corporal déplié.
20. L’ « ombrellino de soie blanche », à pentes frangées, se porte à la main derrière le prêtre pour l'administration du saint viatique ou le transport du Saint Sacrement d’un endroit à un autre1. Orsini recommande de le garnir à la partie supérieure d’une toile cirée pour les jours de pluie : « Che si rinnovi la tela cerata de Yombrella. » « Umbella parva ex serico damaschino albo cum fasciolis e globulis, et debet provideri tela cerata super ponenda tempore plu-
1. « Deinde umbellam seu baldachinum subeat, nudo capite processurus. » (Rituel.)— « Inde descendit sub umbella. »(Ibid.)
viæ.» Le cardinal Orsini veut que les hampes soient terminées par des houles et non par des croix ou des fers de lances : « Hastæ urabellæ majoris provisæ fuerunt de pomolis dcpictis. »
21. Un « dais » de soie blanche, dont les pentes sont galonnées et frangées d’or, porté sur quatre ou six (( hampes », convient spécialement aux processions du Saint Sacrement. « Umbraculum, seubaldachinum, quod supra cpiscopum ac res sacras in processionibus gestari consuetum est, sex vel octo hastis sublevatum, etc. »
22. Des « lanternes1 », montées sur des hampes, sont nécessaires pour les processions du Saint Sacrement et le saint viatique. Orsini en demande « au moins trois », dont une se porte en avant : deux suffisent à la rigueur; aux processions de Rome, il y en a d’ordinaire six ou huit. « La partie inférieure est percée à jour de manière à fournir del’air aux cierges. » Plusieurs procès-verbaux de visites supposent une croix au sommet. « Laternæ cum hastis septem decentes, quarum una habet crucem plumbeam in culmine effractam. » « Ad una delle due lanterne minori si soldi la crocetta slogata. »
23. (( Au moins six torches de cire » pour les bénédictions, processions et messes solennelles. «Præparanturetiam funaliaetcandelæ ex cera alba in numéro sufficicnti pro canonicis et aliis deferenda in processione. » ( Cærem . episcop.) « A lateribus hinc inde ibunt octo cappellani cum cottis, qui in-missa servierunt, quatuor pro qualibet parte, portantes eadem funalia accensa quæ pro missa servierunt. » {Ibid.) Les torches ont la forme de quatre cierges accolés avec leurs quatre mèches, ce qui donne une flamme plus vive. A la partie supérieure on ajoute une petite bobèche en fer blanc, destinée à protéger la main, le pavage et les tapis contre les gouttes de cire qui tombent.