Des saintes huiles
Le Pontifical place la visite des saintes huiles après celle du baptistère : « Inde ac sancfca olea. »
1. « In eoque (baptisterio), ubi commode fieri potest, depingatur imago sancti JoannisChristum baptizantis. » (Rituel.)
2. « Cavendum est ne aqua ex infantis capite in fontem, sed in sacrarium baptisterii propeipsum fontem extructum defluat. » (Rituel.) « Sal ita benedictum. . . ad alios baptizandos servetur, aut in sacrarium abjiciatur. » (Ibid.)
3. « Cereus, seu candela cerea, baptizato ardens tradenda. » (Rituel.)
4. « Baptisteriura sit. .. cancellis circumseptum. » (Rituel.)
1 . L’« armoire aux saintes huiles» se met dans l’église, à la droite
du maître-autel, « du côté de l’évangile, » qui est la place la plus honorable h
2. Une ce inscription gravée sur le mur même », au-dessus de l’armoire, ou peinte sur les volets, comme on le pratique à Rome, en « lettres majuscules », indique que ce lieu est vénérable et doit être particulièrement respecté. L’inscription est ainsi conçue et toujours en latin : olea sancta.
Orsini, dans ses visites, a deux articles sur ce sujet : « Armarium pro oleis sacris... litteræ exteriores majusculæ pingendæ, ablata cartula, penicillo.» « Armarium pro oleo infirmorum in cornu evangelii exstat cum inscriptione litteris majusculis : S. oleum infirmorum. Ornatus exterior e marmore. »
3. L’armoire se distingue à « l’extérieur » par une ornementation élégante ; à « l’intérieur », par une décoration peinte ou une étoffe aux « couleurs blanche et violette », qui conviennent respectivement, aux saintes huiles, le blanc pour le saint chrême 2, le violet pour l’huile des catéchumènes et des infirmes, comme l'exige le Pontifical à la cérémonie du jeudi saint. A Rome, cette distinction au dehors parles couleurs des deux compartiments intérieurs ne s’observe pas, mais l’armoire elle-même, presque toujours en marbre blanc, avec volets de métal ou de bois doré, se fait remarquer par ses sculptures, ordinairement rehaussées d’or.
4. Le « vase » qui contient 1’ « huile des infirmes » est renfermé dans un étui ou « boîte recouverte de cuir ». Par précaution on y met du « coton », lequel s’impreigne d’huile 3, et, à la partie supé-
1 . « Hæc vascula ita parata in loco proprio, honesto ac mundo sub clave ac tuta custodia decenter asserventur, ne ab aliquo nisi a sacerdote temere tangantur aat eis sacrilege quisquam abuti possit. » [Rituel.) — « Sanctum chrisma et oleum catechumenorum ac sanctum seu infirmorum in ecclesia, in loco mundo, condecenti et securo, sub sera et fida custodia diligenter servate. » (Pontifical .)
Au cas où l’église serait trop éloignée du presbytère, la congrégation des Rites» le 16 décembre 1826, a autorisé qu’on transportât l’huile des infirmes dans la maison curiale, à la condition de la tenir « in fenestella, intus serico induta et clavi clausa ».
2. « Très ampullas oleo mundissimo plenas... unam ad oleum infirmorum, aliam ad oleum catechumenorum, tertiam, quæ major sit, ad chrisma : et hæc tertia coo periri debet de panno sericeo albo ; prima autem etsecunda,de sericeo panno alterius coloris sint cooperta. » ( Pontifical .)
3. « Oleum porro ipsum velper sesolum, velin bombacioseu re simili servari po-
rieure, on tient en réserve du « coton sec » pour les circonstances où l’on pourrait en avoir besoin.
5. Une « bourse violette », en forme de sac, pour porter l’extrêmeonction aux mourants, selon la prescription du Rituel 4.
6. « Trois ampoules » ou vases de grande dimension, au moins en étain, « pour transporter les saintes huiles de la cathédrale, » le jeudi saint- Un décret de la S. G. des Rites dit que les huiles saintes doivent être remises par le chapitre, qui ne peut prétendre en cette circonstance, ni pour lui ni pour l’évêque, à une indemnité quelconque, même pour compenser le prix de l’huile d’olive, seule autorisée pour la cérémonie de la messe pontificale.
7. Un « coffret, fermant à clef », dans lequel, selon la teneur des constitutions synodales de Bénévent, « celui qui est envoyé les prend à la cathédrale et les rapporte à sa propre église ».
8. Les saintes huiles se « renouvellent » tous les ans. Les curés doivent les avoir à temps pour la bénédiction des fonts baptismaux, le samedi saint 2.
9. Les «huiles de l’année précédente», afin d’éviter toute profanation, doivent être « brûlées dans la lampe du Saint Sacrement 3».
Ce paragraphe se complète fort convenablement par un document que j’ai analysé aux archives métropolitaines. Le cardinal Orsini, par un édit du 16 juin 1697, a réglé comme il suit ce qui concerne le transport des saintes huiles de la cathédrale aux diverses églises archipresbytérales du diocèse :
1. Celui qui les prend chez l’archiprêtre doit être au moins in sacris.
2. La remise se fait par l’archiprêtre en surplis et les cierges allumés.
test, sedad vitandum effusionis periculum, multo commodius adinfirmos defertur in bombacio. » f Rituel.)
1. « Ipse parochus decenter accipit vas sacri olei infirmorum sacculo serico violacei coloris inclusum, illudque caute déférât ne effundi possit. Quod si longius iter peragendum aut etiam equitandum sit, vel alias adsit periculum effusionis, vas olei sacculo aut bursa inclusum, ut dictum est, ad collum appendat, ut commodius et securius perferat. » (Rituel.)
2. « Sacrum chrisma et sanctum oleum, quod et catecnumenorum dicilur, quorum usus est in baptismo, eodem anno sint ab episcopo de more benedicta feria V in Cœna Domini. » [Rituel.)
« Sacrum oleum infirmorum, quod in singulis annis feria Y in Cœna Domini ab episcopo benedictum, veteri coœbuslo, renovandum est. » {Ibid.)
3. « Curet parochus ut ea (olea sacra) suo tempore quamprimum habeat et tune vetera in ecclesia comburat. »
3. A cette occasion, on nettoiera les vases et on les tiendra dans une cassette fermée à clef.
4. Le curé qui fera prendre les saintes huiles donnera une lettre pour l’archiprêtre, lequel la gardera et la joindra comme document au registre où il doit inscrire les noms, prénoms et titres de ceux à qui les saintes huiles ont été envoyées.
5. Les curés enverront à temps leur mandataire, de façon que les saintes huiles puissent arriver pour la bénédiction des fonts qui se fait le samedi saint.
6. L’auditeur général procède contre les transgresseurs, et les vicaires forains dénoncent les curés qui n’ont pas fait prendre les saintes huiles ou ne les ont pas reçues à temps pour la bénédiction des fonts.
10. Les saintes huiles doivent rester à l’église et non au presbytère, à moins qu’il ne soit à une trop grande distance de l’église.
« Sacerdotes curam animarum exercentes pro sua commoditate apud se in domibus suis retinent sanctum Oleum infirmorum. An attenta consuetudine, hanc praxim licite retinere valeant? — S. R. G. resp. : Négative, et servetur Rituale romanum, excepto tamen casu magnæ distantiæ ab ecclesia; quo in casu omnino servetur etiam domi rubrica quoad honestam et decentem tutamque custodiam. » (16 déc. 1826, in Gandaven.)
« Possunt parochi retinere sanctum oleum infirmorum in domo sua, eo quod extra ecclesiam parochialem habitent, non obstantibus Sacræ Rituum Gongregationis decretis? — S. R. G. resp. : Négative et servetur decretumdie 16decembris 1826, inGandavensi. » (31 aug. 1872, in Toletana).
« In archidiœcesi mos obtinet fere apud omnes parœcias, ut sacra 1 olea in domo ipsius parochi, quæ rure ab ecclesia sejunctaest ac : distat, serventur, quo in promptu habeantur pro infirmis. Potestne tolerari hæc praxis, præsertim in civitatibus ubi parochi domus ecclesiæ contigua est? — Et sacra Rit. Congregatio, exquisito voto alterius ex apostolicarum cæremoniarum magistris, ita rescribere rata est, videlicet : Detur decretum in una Toletana diei 3 i augusti 1 1 87 2. Atque ita declaravit et rescripsit, die 15 novembris 1890. »
\ (ln Compostellana.)